Décembre 2016

Le champ du cygne

La fée sombre et son grand canard déambulent sur leur lac noir. Il fait froid, un froid de canard forcément. Leurs os fragiles se cassent peu à peu comme du verre. Le froid n'a jamais cassé de patte à un canard, mais soit. Quoiqu'il en soit, ce n'est pas canard, c'est un cygne au long cou gracile. La fée est une luciole inversée. Pauvres hères perdus, dévolus à une fin certaine. Un loup sorti d'un bois hurle à la mort, aboyeur public spécialiste des décors sordides. Il n'est même plus carnivore, il se nourrit de phytoplancton, par désespoir et conviction. Sa louve est partie vers l'est , ses louveteaux sont devenus scouts, de mâle alpha, il se retrouve gros bêta. Alors il aboie quand les circonstances s'y prêtent. Après avoir vengé sa peine sur une jolie biche effarouchée, il a juré de faire pénitence. Comme le phytoplancton se fait rare en cette saison, il est devenu expert en permaculture. Il hésite entre cette alternative et se laisser mourir de faim. Mais qui hurlerait à la mort?
La fée sombre et le canard boiteux vivent leurs dernières heures. Il se traînent sur le lac gelé, ils n'ont même pas eu l'idée de se mettre à l'abri dans la forêt. Le vent se déchaîne, il adore ça en pareilles circonstances. Un hérisson traverse, nonchalemment, comme pour ajouter du piquant puis va réveillonner avec son hérissonne. D'ailleurs minuit sonne, beaucoup plus loin parce que là il n'y a pas de clocher. Le froid, le vent et deux malheureux au milieu d'un lac noir

Sans verbe et sans A

Un cygne noir, une nuit, seul . Une étendue de givre, une lune voilée, des conifères, du vent. L'espoir six pieds sous terre.Pleurs gelés. Personne, juste son reflet déformé. Derrière un bosquet, une petite fée sombre du nord, un sourire, une discussion:
     -"Solitude". Pirouette
        -"Cygne noir." Révérence
        -Intriguée. Tes congénères?
 
     -Plus loin sur l'hémisphère. Moi,quelques plumes gelées, le bec rempli de désespoir, un poids trop lourd pour leur envolée
       -Triste histoire.

       -Et toi, Solitude, une définition de toi-même?
      - Oui, depuis mon éclosion, un choix, peut-être une exclusion provoquée. Mes soeurs blondes, toutes en légèreté, moi, sombre brûlée sous les lumières.
      -Heureuse ou son opposé?

      -Plus de question pour moi sur ce sujet, une vie, point.Un jour, puis un jour puis un jour, puis un toujours. Point
      -Une rencontre en contrée des mots non interdits ? Un sourire
     -Un glissement sur le sol gelé. Une subtile pirouette.

Le cygne noir et une petite fée sombre du nord, une rencontre inédite, tourbillons et pirouettes, glissements et révérences, de jour en jour, et puis toujours.
    

 

Avec

Avec ou sans verbe, il n'y a pas de cygnes sur les lacs gelés. Ils sont simplement allés de l'autre côté, là où l'air est plus clément. La migration du cygne noir en pays tropical est bien connue. Il traverse l'Europe de part en part et part vers des contrées inconnues. On les confond souvent  avec les nuages noirs de l'automne, avec des nuées de cafards, dont ils font d'ailleurs ripaille lors de leurs grandes envolées. D'aucun prétendent qu'ils tiendraient leur couleur de ces misérables cloportes . Ils gobent aussi quelques bourdons au passage puis vont digérer sur un rocher en lisant le Spleen de Baudelaire. Ainsi passent les saisons au gré des migrations. Quelques uns se font broyer par un Boeing ou un Airbus long courrier, d'autres meurent simplement de chagrin ou d'épuisement. Ils partirent 1000, il revinrent 600. Une perte de 40% de la population de cygnes noirs n'émeut personne, oserai-je l'autruche, non.
Quelques uns préfèrent rester dans le froid, il périssent congelés mais dignes. Autrefois ils ornaient les banquets de tous les rois de France, malgré une chair peu goûteuse et coriace. Abandonnés au profit des oies grasses, ils furent donc promis à une vie d'oiseau oisive. Point n'eurent cette chance leurs congénères cirrhotiques. En plus d'être gavés les voilà maintenant grippés. Que vont grailler tous ces malheureux carnivores au réveillon?

Calendrier de l'avant

Autrefois jadis naguère (à lépoque pour mon agafarot) pas de virgule mais des parenthèses c'est mon blog je fais ce que je veux; le calendrier ne revient jamais en arrière. Une lapalissade grosse comme le nez au milieu de la figure de Cyrano à Bergerac (la figure à Cyrano de Bergerac ça marche pas mais à Bergerac si, je l'ai vu).
Juste une envie ridicule de jouer avec le calendrier de l'Avent, attendre en bouffant des chocolats dégueulasses de provenance douteuse (sans doute de plantations du temps béni des colonies où les enfants n'ont jamais cru au père Noël et Dieu m'est témoin même pas en lui ou alors ils font semblant par manque de clairvoyance).
Fallait bien inventer quelque chose pour remplir le caddie de la ménagère en attendant , je ne trouve même pas le mot, ça vient je l'ai sur le bout de la langue, pff, l'indécente opulence de papier cadeaux déchirés, de cris d'enthousiasme devant le dernier Iphone 10 inédit pour le môme de 4 ans tandis que son frère hurle d'indignation parce que l'écran plat n'est pas en 4D (he oui mon gars si tu le voulais en 4D fallait pas le commander plat). Les petits lutins chinois ont pourtant bien oeuvrés pour le père Noël et pour des clopinettes.
Et tous ces sapins morts qui vont s'entasser une fois que tout le monde aura vomi son foie. Ils sont nés pour ça, comme toutes ces fleurs fânées, nous aussi ceci dit.
Vous l'aurez compris j'aaddorre Noël. Sur ce, je vais aller faire mes courses

Bouh!

Peur de semer plus que de désherber mes soucis, peur de ne plus plaire aux lecteurs, peur que mon ordinateur ne meure, peur archaïque, peur arachnéïque à ne pas confondre avec la peur des araignées. Je n'ai pas peur des araignées, j'aime bien celle que j'ai collé au plafond, même si parfois elle me plonge dans les bas-fonds, les tréfonds, les eaux saumâtres d'un puits profond. Voilà que le sommeil me grignotte et je pense à souris. J'ai horreur des souris et des rats aussi. Je ne sais pas pourquoi. J'imagine ces bestioles qui s'immiscent et grignottent, insidieusement, l'air de rien, ça fait scritch scritch dans le plafond et mon araignée n'aime pas être dérangée. Pire que le rongeur, son prédateur, le Sssnake, sournois, fourbe, il oondule monstrueusement, beurk. Bref tout le monde s'en fout de mes peurs. Et le sommeil me digère pour me recracher dans quelques heures. Il fuira quand je voudrai le rattraper, me fera un pied de nez et me laissera avec ma fatigue mes peurs et mon araignée.
C'est vraiment très intéressant

Mochemar

La fatigue s'abat sur les mots au terme d'une nuit agitée, lourde de rêves inaccessibles au corps et à la conscience.Que représentent donc ces images fugaces produites par notre subconscient?  Je n'arrête pas de faire des fautes de frappe que je tente de corriger au fur et à mesure, mais c'est de pire en pire. Par exemple produites était devenu procuites; des images procuites, sont-elles déjà prédigérées pour se révéler au mieux à notre état d'éveil. Pourquoi je mets des guillemets à la place d'une apostrophe? Pour atténuer la signification du mot? Les fautes d'orthographe auront-elles un impact sur notre moi profond? Freud est trop loin dans ma mémoire. Peut-être est-ce juste un manque d'entraînement sur ce clavier électronique. Tout ceci pour dire que je ne comprends rien consciemment  à mes rêves, qu'ils m'échappent aussitôt que ma conscience essaie de s'en saisir. Ils laissent pourtant sur mon corps des stigmates de leurs significations. Je me réveille en nage comme si j'avais dû affronter des démons toute la nuit. J'ouvre la fanêtre, tiens une faute que je ne corrige pas, telle un exemple. Une fenêtre fânée, incapable de renouveler l'air vicié de ce cercle vicieux. Un peu d'air glacé de la nuit me parvient malgré tout, je respire dans un état de semi conscience. Les mots font des fautes parce que ce ne sont pas eux qui veulent me parler. D'une fanêtre entrouverte, j'essaie de démêler le faux du vrai. Mais voilà qu'ils reviennent avec leurs gros sabots, homonymes du subconscient, le faux, la faux, camarde ou outil pour désherber les soucis. Dans un jardin motager, allez savoir. Il me reste les néologismes et l'écriture automatique tic pour expliquer ce qui ne peut l'être. Et voilà que Jean- Sol Partre fait son apparition au bras de la duchesse de Bouvouard. Le nénuphar s'étend dans les circonvolutions de mon cerveau. Je ne comprends absolument plus rien. la pièce est exigue avec un accent circonflexe quelque part, les gens trop nombreux, un artiste panse ou pense les éventuelles blessures de mon moi intime, l'atmosphère est irrespirable, j'étouffe, vite une fanêtre. Etre fânée dans un jardin motager, tel n'est pas le but alors quel est-il?

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