Le champ du cygne

La fée sombre et son grand canard déambulent sur leur lac noir. Il fait froid, un froid de canard forcément. Leurs os fragiles se cassent peu à peu comme du verre. Le froid n'a jamais cassé de patte à un canard, mais soit. Quoiqu'il en soit, ce n'est pas canard, c'est un cygne au long cou gracile. La fée est une luciole inversée. Pauvres hères perdus, dévolus à une fin certaine. Un loup sorti d'un bois hurle à la mort, aboyeur public spécialiste des décors sordides. Il n'est même plus carnivore, il se nourrit de phytoplancton, par désespoir et conviction. Sa louve est partie vers l'est , ses louveteaux sont devenus scouts, de mâle alpha, il se retrouve gros bêta. Alors il aboie quand les circonstances s'y prêtent. Après avoir vengé sa peine sur une jolie biche effarouchée, il a juré de faire pénitence. Comme le phytoplancton se fait rare en cette saison, il est devenu expert en permaculture. Il hésite entre cette alternative et se laisser mourir de faim. Mais qui hurlerait à la mort?
La fée sombre et le canard boiteux vivent leurs dernières heures. Il se traînent sur le lac gelé, ils n'ont même pas eu l'idée de se mettre à l'abri dans la forêt. Le vent se déchaîne, il adore ça en pareilles circonstances. Un hérisson traverse, nonchalemment, comme pour ajouter du piquant puis va réveillonner avec son hérissonne. D'ailleurs minuit sonne, beaucoup plus loin parce que là il n'y a pas de clocher. Le froid, le vent et deux malheureux au milieu d'un lac noir

 

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