Instantané

A l'heure du thé, du thé au gingembre, des couleurs nacrées et des senteurs d'ambre. J'aime les instants.
La fumée s'échappant de la tasse ébréchée. Je n'arrive pas à garder les tasses intactes, elles me glissent des mains ou éclatent sous l'eau trop bouillante. Frémissante serait mieux mais je n'ai que deux mains, que deux yeux, et l'eau bout parfois plus vite que la musique.
Les instants. Déjà passés. L'instant est insaisissable, le temps d'y penser, il entre dans le passé, la mémoire et l'oubli. L'instant , de la buée sur les vitres surchauffées, un bonhomme dessiné, un peu d'air frais, le bonhomme disparaît.
Veillons sur les instants précieux de nos jours, de nos nuits. Notre instant imparti.
Qu'advient-il de tous les autres? Les instants et les humains privés de ce luxe. Ce luxe d'être instant, ce luxe de se sentir humain, de les mettre en lien. Etre humain et conscient de la durée de l'instant.
Ecrire de la poésie est un luxe, survivre une nécessité, un drame.
Boire du thé au gingembre est un privilège, connaître les senteurs de l'ambre, et voir se dessiner les couleurs nacrées de l' instant s'inscrit dans le florilège du temps.

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