Janvier 2011

Lundi

Aujourd'hui c'est lundi, je n'irai pas à la poésie, car c'est le dernier du mois et ce jour là de poésie pas.
Aller à la poésie, un voyage vers un autre pays ? Non et oui. Aller à la poésie le 2ème lundi des mois pairs, écriture le 3ème par temps clair, dernier lundi des mois impairs pour la lecture de concert. Aller à la poésie, une gymnastique de l'esprit, car si on réfléchit c'est bien aujourd'hui le dernier lundi d'un mois impair, ou alors je n'ai rien compris. De toute façon je ne sais jamais quel jour on est, j'ai une idée globale du mois, de l'année, et une vague perception des jours de la semaine. 
Par exemple, le Lundi, jour plutôt terne, il ne se passe rien de spécial, juste une timide reprise de vie.
Le Mardi suscite un peu plus d'intérêt, il est plus curieux, désireux d'avancer. 
Aussitôt stoppé par le Mercredi qui oscille entre repos et ennui. 
Le Jeudi, une bouffée d'air, mais rien comparé à ses successeurs.
Le Vendredi et le Samedi, frères au coeur de l'action, au centre de la vie, quelque chose palpite ces jours là, il y a du rythme, de l'ambition, des projets.
Et tout ça retombe comme un soufflet quand arrive l'ennemi juré.
Je hais les Dimanches, mais ça c'est un autre billet.  

Après-midi

J'écris l'après-midi, c'est plutôt rare, d'habitude, le matin ou le soir, mais aujourd'hui, la pluie.
Le temps gris propice à la mélancolie. Mélange de coloris, dégradé de gris. La douce mélancolie, réchauffe ces jours de pluie. Une compagne, une amie. Se sentir vulnérable, tout petit, accepter l'irrémédiable, sonder le fond, les abîmes, les trous profonds creusés par la pluie, discerner la vérité remontant des puits secrets.
L'apparence, la contingence, l'absolue nécessité, la constance. Les mots cachent les idées. Un parapluie, les mots gouttes de pluie dégoulinent sur le trottoirs, finissent à la mer. Mots salés, s.o.s, une bouteille échouée. La mer déborde, remonte dans les puits et éclate la vérité. Un soleil au grand jour. Fait sécher les gouttes mots, ils s'évaporent, sel résiduel pour relever les mots aplatis. Ce soleil brûle la peau.
La contingence du gris, l'absolue nécessité de la pluie, les coloris de la mélancolie, le mélange, les puits, les parapluies...

Parfois le langage SMS est plus faxile à décrypter (j'ai fait une faute de frappe que j'ai laissée parce qu'elle me plaît)

Qu'est-ce ce SMS ?

En recherche d'inspiration pour mon billet quotidien, je reçois un SMS: TFK? J'agite un peu mes neurones, une ou deux secondes, pas plus, après je frôle le surmenage et je réponds très fière de moi: JFbli.
J'ignore qui m'envoie ce message, le numéro n'est pas enregistré.Peut-être une erreur, ou plutôt ma fille, invitée à une soirée pyjama, qui doit rire avec ses copines de mon intolérance à ce langage codé. "Ma mère, elle va rien comprendre". Et bien si je comprends.
Je comprends que chaque génération a besoin de codes pour s'approprier le langage, apprivoiser les mots, les idées, ce corps et cet esprit en perpétuelle effervescence. Je comprends aussi que c'est bien de ne pas toujours comprendre, ne pas toujours tout expliquer. Laisser découvrir le monde comme une terre inexplorée, tout en servant de carte et de boussole. Guider sans endiguer.
Bref beaucoup de blabla, pour moi qui faiblis, si j'avais mangé de l'Ebly, du blé pour les bébés, peut-être que je serai moins raplapla, plus légère en chewinguant du bubble-gum, en savourant un baba au rhum, plus Bo-Bo si j'avais bu du Chablis, plus B.O en écoutant le Boléro, plus là-bas en regardant Ali Baba?
TFK ? Je vais prendre l'avion et atterrir à JFK, New-York USA, après un petit détour par Washington District of Columbia, j'irai jusqu'à la côte ouest frontière du Canada, étape à Victoria puis cap sur l'Alaska. PK ? PKPas?

Le progrès

Certains regrettent ces temps antédiluviens, quand le monde n'était peuplé que de gros téléphones vert caca d'oie immobiles, éventuellement recouverts d'une protection en velours d'une couleur identique, que les repas dominicaux se prenaient en famille (surtout le dimanche), après la messe (IL ne me reparle toujours pas), qu'on découpait des têtes sur des billots, que les femmes ne disposaient pas librement de leur corps, que les fumeurs pouvaient s'enfumer dans des endroits bondés et branchés (pour ensuite être rebranchés à des machines pour respirer), que le voyage Carcassonne-Paris en train durait entre 7 et 10 h (bon ça c'est encore vrai, le reste peut être soumis à discussion), (si je fais autant de parenthèses aussi inutiles que superflues, on n'est pas rendu).
Donc tout ça pour dire que je préfère avoir 40 ans en 2011 qu'en 1961 ou 1971. Ca tombe bien, 40 ans c'est dans quelques mois et à part quelques rides, pas trop d'émoi. En même temps si j'avais eu 40 en 61, j'en aurais 90 maintenant et qui sait dans quel état je serais. 
Mais ce n'est toujours pas de ça dont je voulais parler, après cela donnera un billet trop long que personne ne lira.
Le sujet aurait du être ce spectacle fabuleux que j'ai vu en juin dernier, mes émotions et la transmission de celles-ci via une fibre optique insensible. Ce n'est pas neuf comme nouvelle, mais j'ai retrouvé un mail adressé aux artistes, coincé dans ma boite d'envoi, si cela vous intéresse, rendez-vous sur www.rasposo.net , courrier des lecteurs, et tout le reste bien sûr pour découvrir ce cirque exceptionnel.
C'est fantastique le progrès !

26 janvier

26 janvier, 22 billets, 23 avec celui là. Forcément ça ne colle pas, il en manque 3. Pourquoi ?
Parce qu'il y a des jours où les mots ne veulent plus rien dire, des jours où ils sont remplacés par des soupirs, des jours pages blanches, absence, des jours où le temps s'égrène, grains de sable du sablier, dispersés.
Des jours comme des nuits, d'ennui. Les mots ennemis qui fuient.
Puis les jours d'éclaircie où les mots refleurissent, reprennent du service, disent ce qu'ils ont envie et chassent tous les soucis.
"Souci: plante commune dans les champs" ( Petit Robert).
Nous y revoilà, cultiver, mots, soucis, fleurs, jardin, outils, allez au boulot, il faut débrousailler tous ces mots, les faire rimer, en rangée ou éparpillés, les enfouir sous la terre pour les garder au chaud, les faire sortir au printemps, fruits d'un long mûrissement.
Il n'est jamais trop tard ou trop tôt ( mot-tard, mot-tôt, etc etc...)

Ab-surdité

Il fait un froid polaire.
Quoi ? Il a fait froid, Paul, hier.
Non P-O-L-A-I-R-E.
Donc Paul a pris l'air, il avait mis son pull-over ?
Je dis pas ça, je dis... qui c'est Paul d'abord ?
A bord de quoi il a pris l'air, il est monté dans une montgolfière ?
Oui, puis il a fait le tour du monde en 80 jours, puis a voyagé au centre de la terre, puis 20 000 lieues sous les mers, il a fini sur la banquise avec un ours polaire à manger du pain Poilâne en regardant des films poilants et peau d'âne.
Non mais tu me prends pour un âne ?
Un âne sans le son! Monte le sonotone, les feuilles sont tombées c'est la fin de l'automne.

Chut

Dieu ne me parle plus. Il ne m'a même pas lu. Peut-être que Dieu ne m'aime plus. Je suis déchue, j'ai chu de mon piédestal, Dieu a bien d'autres vestales, d'autres vassales dans son dédale de salles, de vestibules. Je suis au Paradis perdu, des oeufs, du lait, du sucre, bien fouetter puis faire frire dans du beurre ou de la margarine. Le paradis perdu n'est pas du pain égaré, émietté, le Petit Poucet, Hansel et Gretel, du pain d'épice dans la forêt, les contes supplices des bonnes nuits. Des mochemars. Parents indignes. Laissez rêver les enfants. Let them dream, en anglais parce que ça rime.

Dieu s'est tu. Parce que je lui ai dit tu ? Peut-être a-t-il des soucis, j'entends au loin Jésus...crie. (j'irai crâmer dans les flammes amères de l'enfer des mots tordus, tant pus)

Ca ne tourne pas rond

Il semblerait que mon blog ne tourne pas rond. Non. Il a des envies d'évasion. Peut-être est-il grippé, un méchant rhume de cerveau ? Pour soigner un rhume qui ne tourne pas rond, un rhum, un rhum avec de l'arôme, c'est bien connu à Rome. Rome, les cloches, l'église, et revoilà Dieu qui se rappelle à mon bon souvenir. Cela commence à devenir inquiétant. Que lui ai-je fait au Bon Dieu ? Et il se remet à me parler en plus.
"-Moi c'est mon globe qui ne tourne pas rond. Non, non.
-Oui, mais là, moi, je n'ai pas de solution, chacun ses moutons. Vous, enfin toi, tes brebis égarées, moi, mes mots débridés qui jouent à saute-mouton.
-Une toute petite idée, je suis à cours d'inspiration.
-J'en ai bien trouvé une, un jour au creux de la nuit, dans le creux de mon lit, mais elle s'est enfuie.
-C'est dommage.
-Tu l'as dit !
-N'hésite pas à me sonner si elle revient te visiter. 3 Pater, 2 Ave Maria, je serai là.
-A une condition, à la place des Pater-Maria, 3 poèmes de Boris Vian, 2 de Louis Aragon.
-Tu vois bien que mon globe ne tourne pas rond.

Atchoum, il me laisse à nouveau dans le courant d'air, malgré l'écriteau en lettres capitales, Dieu n'exauce vraiment pas toutes les prières.  

A dieu

Dieu ne croît pas en moi, il se fait tout petit sur sa croix, sans doute sait-il que je ne crois pas en lui. Ce n'est pas lui sur la croix me direz-vous, c'est son fils. Avec des fils on fait aussi du point de croix, mais ne blasphémons pas.
De toute façon, Dieu ne croit pas non plus en moi, il me l'a laissé croire lors de notre dernière entrevue, dans sa bonté divine, ne m'a cependant pas condamnée au purgatoire.
"-Et d'où te viendrais cette idée de Dieu, d'un tout puissant, d'une entité supérieure si je n'avais jamais existé ?
-Heu je ne sais moi, de l'insondable noirceur de la Voie Lactée.
-La Voie Lactée n'est pas noire, elle est éclairée.
-Si vous le dites. L'idée de Dieu... parce qu'il y a des églises, des cloches, Pâques, Noël, tout ça.
-Je me disais bien..., c'est comme Oui-Oui avec son grelot, beaucoup de bruit, peu de mots.
-Bon mais alors, donnez moi une preuve de votre existence
-Tous pareils ! Les enfants ont chaque année une preuve de l'existence du Père Noël, une multitude de cadeaux au pied du sapin, est-il pour autant réel ?
-Un point pour toi (un point de croix?), si tu permets qu'on se tutoie.
-Ce n'est pas tout, j'ai du travail en retard, on me prie de toutes parts.
-On vous prie de quoi ?"

Il était déjà parti, me laissant sans réponse dans le courant d'air, il était pourtant écrit "Prière de fermer la porte en sortant."

Pleine Lune

C'est une nuit de pleine Lune, peut-être allons nous voir un zoizeau s'y poser.
Peut-être que ma petit idée va revenir dans le creux de mon oreiller, que mes bonnes résolutions vont s'estomper, que la lumière va s'éteindre, que les haïkus auront vingt pieds, que je vais souhaiter frénétiquement la Bonne Année, que mon humeur vagabondera de la Réunion à Tahiti, que je ferai une vraie galette des rois en divaguant sur le temps de cuisson des coquillettes, puis peut-être qu'en cliquant sur la case "amis" du manager de site, je verrai le compteur à 10 000.
Tout ça pour voir si vous suivez.

Les zoizeaux

Est-ce-que les oiseaux volent jusqu'à la Lune ?
Non mon petit garçon, ils volent dans l'air, dans l'atmosphère, dans les nuages mais pas jusqu'à la Lune.
Pourquoi, parce qu'ils ont pas envie ?
Je ne sais pas, peut-être que c'est pour ça. Ils n'ont pas envie alors ils n'y vont pas. Ou alors ils ont envie et ne peuvent pas, ou bien ils y vont et on ne le sait pas.
Et ils font comment pour y aller s'ils y vont et qu'on ne le sait pas ?
Ils volent, je suppose.
Ils ne prennent pas une fusée ? Ca y irait plus vite.
Ca se peut, des zoizonautes décollent de Baïkonour (ils parlent déjà russe, c'est plus facile pour eux), alunissent à la tombée du jour, repartent pour Cap Canaveral, auraient fait un détour par le carnaval de Rio, mais trop d'eau, alors ils vont voir un gourou à Kourou, puis reviennent atterrir dans le jardin. Et vous où allez vous demain?

Lumière

J'ai laissé traîner la lumière, dans le couloir, sombre. Pourtant la lumière ne traîne pas, elle va à toute vitesse, à la vitesse de la lumière. Mais là elle traînait, toute seule, sans personne à éclairer. Elle se consumait, inutile. L'obscurité s'impatientait: "je me languis du noir, je n'en peux plus de cette clarté, laissez mes monstres réapparaître dans le couloir."
La lumière se fatiguait: "pourquoi briller sans but, gaspiller ses forces, je n'aime pas stagner, j'aime les va-et-vient, l'agitation, voir du monde, scintiller avec utilité. Là, je suis perdue dans ce morne couloir."
Alors elle s'est mise à clignoter, à émettre un sifflement à peine perceptible. Les monstres d'ombre se redessinaient sur les murs par intermittence.
Elle était pourtant jeune cette lumière, estampillée 30 000 heures de vie, économie d'énergie, planète verte, tutti quanti.
Elle s'est éteinte dans un dernier soupir, une ultime étincelle. Le couloir s'est repeuplé de formes terrifiantes.
Demain ma lumière s'envolera pour le paradis du recyclage, si je la retrouve emballée dans du carton recyclé, je la reprendrai, mais cette fois je ne la laisserai pas traîner.

Haïku

Haïku: poème japonais en dix-sept syllabes (5-7-5), ayant pour sujet la nature, les saisons

Dans le ciel bleu gris
Les arbres à l'encre de Chine
Juste avant la nuit

                                                   Crépuscule d'hiver
                                                   Le vent fuit dans les roseaux
                                                   Clapotis de l'eau

Une fine gelée
Lueur rosée de l'aurore
La terre figée dort

Vraiment

Un vrai soleil, dans un vrai ciel bleu, pas une "Histoire de faussaire" (cf Brassens). De vrais couleurs, pas des retouches Photoshop, pas des couleurs LED, Megapixels, du jaune, du bleu, bien réels.
Il se trouve que je n'aime ni le jaune ni le bleu, que je n'aime pas non plus l'emploi abusif du mot "vrai". Pourquoi l'écrire alors ? Parce que je me pose de fausses questions, avec un point d'interrogation à l'envers, comme en espagnol. Qu'est-ce qu'une vraie question ? Celle-ci en fait-elle partie ? Comment inverse-t-on le point d'interrogation sur un clavier de PC ?

A 8 ans, je croyais que les faux tableaux étaient de Maître Zaumur dans "Histoire de Faussaire", c'étaient simplement de faux tableaux de maîtres aux murs, c'est dur la vraie vie.

Dépôt légal Janvier 2011-Tous droits réservés- 

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