Mars 2018

Errance

Un chemin de mots égrénés sous le vent, chapelet de jours, de lumière et de nuits. Au loin l'espoir d'un rocher, d'un caillou, un cri  "terre" avant le naufrage, avant le désenchantement. Quête obstinée d'oxygène, croyance d'acier en un ailleurs dépourvu d'humanité.
L'air saturé assèche les gorges, il faut courir vers plus tard, haïr les ciels de pleine Lune et les soleils ardents. Courir, se terrer et se taire. Traîner ses pieds dans la poussière, tomber, se relever, ramper, bouffer du sable, avaler des couleuvres, les digérer, recommencer. Les oasis s'effacent et la peau se craquèle. Fissures. Préférer la nuit noire emplie de fantômes, de démons du passé. Aujourd'hui n'est plus qu'un pâle instinct de survie. Derrière soi, des certitudes, devant, des possibles. Entre les deux, des déserts peuplés de doutes, une mer houleuse, des regards hostiles. La douleur se manifeste à chaque pas, chaque inspiration. Il n'y a plus de caillou dans la chaussure, il n'y a plus de chaussures. Il n'y a plus que le bruit intérieur de la souffrance. Il n'y a finalement plus que le silence.

Dépôt légal Janvier 2011-Tous droits réservés- 

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