Novembre 2016

P'art-age

Tout s'achète, se consomme (ou pas) puis se jette. Des carottes à l'humain, en passant par mille babioles faites la plupart du temps pour épater son prochain. Dictature de l'immédiateté, on ne répare pas plus les objets que les coeurs brisés. Le black friday traverse l'Atlantique,une nation qui invente toujours le pire parfois le meilleur. En opposition à cette frénésie de consommation du vendredi noir, des artistes ont eu l'idée de déposer leurs oeuvres dans la rue et de les offrir aux passants. Une grande chasse au trésor au nom de l'art et du partage.
On dépose où cela nous chante, dans un arbre, au coin d'une fenêtre,sur un banc, au bout d'une rue, le promeneur tranquille pourra glaner de ci de là une création unique. Un petit papier explicatif précise que c'est un cadeau offert à tous. Prends-le promeneur tranquille s'il est à ton goût, délecte- toi de cette trouvaille, un autre humain te la donne, il y a mis une partie de lui, une infime part de soi offerte à un inconnu.
J'ai passé cette journée à Bram, petite ville de l'ouest audois, où des coeurs et des âmes généreuses ont relayé cette initiative. Merci de m'avoir donner l'espoir de croire encore un peu à l'humanité. Et réfléchissez-y à deux fois avant de jeter, les plus vieilles choses peuvent renaître de leur cendre

Pus d'heurs

Des larmes salées coulent dans les rivières de l'automne. Le noir englobe les angoisses des jours agonisants. Les mots s'atténuent face à la souffrance. Arc-en-ciel de douleurs aux indécibles nuances.Arc-bouté le corps s'encline, il plie et casse, des fragments d'os dans le crâne. Et le corbeau plante son bec glacé dans les chairs dévastées. Plus loin un petit chemin de vigne où quelques lièvres sauvés de l'aveuglement s'ébattent en riant. Les dégradés de rouge s'étalent lentement. Un tableau aux couleurs délicates, une aquarelle à l'eau de fleurs fânées. L'aube sera pour plus tard, plus loin sur le chemin inondé de larmes de la rivière salée

Supputations

Les arbres pleuvent en rafale, demain ou hier un peut-être, un never more, l'hiver n'est pas mort pour ceux qui dorment dehors, l'hiver n'a même pas commencé. Etre bien au chaud sous des couches de lipides saturés, trop de beurre dans la purée, la faim tenaille les non-dits, et l'arracheur de dents ment au nom, au nom de qui, il se le demande.Les saules pleurent en s'effeuillant, demain hier, aujourd'hui. Le temps a-t-il un sens. Le vent vient de la mer mais demain il tournera peut-être. Futur de supposition, un nouveau temps dans ma conjugaison, le futur supputatif, comment si la vie n'était pas assez compliquée comment ça. Je n'y peux rien, c'est de l'écriture automatique ça va comme ça vient, vagues déchaînées sous la lune, nuages gris et manteau de brume. Une sonnerie retentit, peut-être mon amie. Non tiens c'était l'agafarot, pour ceux qui ont tout suivi depuis le début et qui ont une mémoire d'éléphant. Mieux vaut parfois la perdre un peu. Le passé nuit souvent au présent, jour aussi. Mais jour n'est pas un verbe, nuit si. Je pourrais m'arrêter là ou la pour rimer avec le si, je ferais mieux de m'arrêter là. Je regarde mes doigts si cabossés, traces de tout ce temps passé. Dans 10, 20 ou 30 ans que feront-ils ces doigts déjà  bien abimés? Mes ongles ne sont pas manucurés, ils sont rognés, rongés, déchirés par la même faim que sus-dit. Vous suivez, moi non plus? Les non-dits ont la dent dure. Oui mais si mes dents ne durent pas aussi longtemps que mes doigts.

Atrabilaire

Prisonnière d'un cauchemar, tandis que les horreurs du monde défilent sur nos écrans LED, appuyer sur off, les combats cessent dans nos maisons douillettes. Les guirlandes s'affichent dans les vitrines des grands magasins, aussi LED que nos écrans pour des économies illusoires. On va gaver les oies pour se gaver de leur foie, tandis que la foi se transforme en bombe. La démocratie rutile dans des parlements vitrés, costumes cravates, chaussures cirées par un syrien qui n'a plus foi en rien. Une planche de salut, 200 bras qui s'agrippent, la Mare Nostrum les rejettent sur des plages de sable fin, effaçant les traces d'un peuple désuni. Des millions d'euros déversés par flot au nom du Père Noël. Jusqu'à quand? L'inertie comme force ultime pour lutter contre les cauchemars. Le 25 décembre au soir nos foies saturés iront déverser leur bile jusqu'à l'explosion des cotillons célébrant une année nouvelle. Juste le lendemain de la veille. Un calendrier de bonnes résolutions, aimer son prochain comme soi-même. Prochain désolée ne m'approche pas j'ai le dégoût des fois.

Contrat social

2014 et 2015 se sont envolés, sauvages corbeaux englués dans une rafale de vent marin. Deux années sans mot dire, à moins que mon calendrier ne se soit détraqué. Et je me pose une question nécessaire à la marche en avant de l'humanité, les corbeaux sont-ils libres? A vue d'oeil, ils volent peinards souvent dans mon coin de ciel, se posent sur des arbres morts ou vifs, croassent s'ils ont envie de croasser, vont et viennent . Puis la faim les tiraille, et là asservis à leur nature ils se doivent de chasser la charogne. A-t-on déjà vu un corbeau végan? Donc non le corbeau n'est pas libre, il est assujetti à sa condition animale, à un instinct aléatoire qui fit de lui un charognard. Si l'envie lui prenait de manger de la salade il serait malade et ce n'est sûrement pas au céleri qu'il serait guéri, parce que d'une part le céleri c'est pas bon et que d'autre part il préfère un bon rat crevé qui lui même s'est  nourri de chair douteuse. La nature a fait de lui, malgré lui, un croque-mort, un nettoyeur d'espèces animales qui n'ont pas souscrit de contrat obsèque. Mais alors qui bouffe le corbeau quand sa dernière heure a sonné? Est-il cannibale?  La question est posée

Autocritique jaune

21 Novembre 2016: rien de spécial à écrire, juste un petit tour dans mon jardin en friche. Parfois je cueille une herbe au hasard et je me souris du regard, un clin d'oeil à moi-même. Les mots finalement sont toujours là, fidèles à leur poste, l'inverse ne se vérifie pas forcément ou alors j'ai un facteur volage. Bref qui s'en soucie. Je me rends compte que je m'inquiète beaucoup pour ce pauvre Sisyphe, enfin pour cet heureux Sisyphe puisqu'il faut l'imaginer comme tel. Et je ne connais même pas le nom de mon facteur. Chaque jour il roule lui aussi, dans la voiture jaune de son administration, rajoutez-y un adjectif, française par exemple, au hasard. Et là soudain les mots me manquent.
Administration française
Toi-même

Bon et pourquoi tout d'un coup tout mes mots se sont miniaturisés. L'informatique c'est comme l'administration française et Sisyphe heureux, je comprends pas toujours tout

Dépôt légal Janvier 2011-Tous droits réservés- 

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