L'Etranger

Sable brûlant
Soleil d’acier
L’arabe et sa lame de fer blanc
Ecume bouillonnante
Bord de mer, reflets entêtants
L’arabe, l’accident

Je suis l’Etranger
Etranger à vos formes de tourment
Je suis l’Etranger
Je n’ai pas pleuré Maman

L’air saturé
Chaleur iodée
Mépris dans le regard
Coup de poignard
La mort accrochée aux semelles
La mort circonstancielle

Preuves écrasantes
Je n’ai pas pleuré Maman
Etranger ici, ailleurs
Sans regret, sans pardon
Je partirai
Sans vos dieux, sans vos curés

Et puis au fond qu’importe
Qu’importe au fond de cette geôle
D’être en vie, garder la tête sur les épaules ?
Un mauvais moment à passer
Bourreau affûte ton couteau
Ta lame d’acier brûlant

Je suis l’Etranger
Etranger à vos formes de tourment
Je suis l’Etranger
Je n’ai pas pleuré Maman

Ca y est, ma tête dans le panier
Un petit vent soufflait
Un bref courant d’air frais
La lame affûtée a caressé mon cou
Je vois le bord de mer
L’arabe arrogant
Je vois le bord de mer
Les reflets entêtants
Pas de dieux, pas de curés
Un long silence blanc

Je suis l’Etranger
Etranger à vos formes de tourments
Je suis l’Etranger
Je ne pleurerai pas Maman

N.B: d'après  "L' étranger", premier roman d'Albert Camus, Prix Nobel de littérature en 1957.
Le terme "l'arabe" est employé par l'auteur lui-même et ne revêt pas de connotation raciste.

Commentaires (1)

1. Martine 09/11/2011

Comme tu le sais déjà, j'aime beaucoup ce texte et je ne suis pas la seule !!! Merci pour ces moments d'évasion ...

Ajouter un commentaire
 

Dépôt légal Janvier 2011-Tous droits réservés- 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site