Migration

Quand les oies seront passées, là-haut, dans le ciel en V
Quand les fleurs des cerisiers, blancs pétales, auront fané
Quand le coton des peupliers dans le vent aura tourné
Quand les herbes folles de la prairie après la faux auront pali
Quand le courant du ruisseau ne sera plus qu’un filet d’eau
Quand les fruits mûrs du figuier seront prêts à déguster

Quand les oies s'envoleront, en V, dans un ciel blessé
Quand les feuilles seront tombées, mortes sur un sol gelé
Quand les branches des peupliers sous la glace auront cassé
Quand les outils dans la terre auront tracé des sillons
Quand les flots emporteront vers d’autres lits le limon
Quand les oiseaux affamés attaqueront les fruits violets

Je partirai

Je m’élèverai dans le ciel en V
Je me parfumerai aux fleurs blanches des cerisiers
Je me loverai dans la douceur du coton de peuplier
Je me cacherai dans les herbes hautes épargnées
Je me baignerai dans le courant d’un lit frais
Je me gaverai de soleil, de fruits sucrés

A l’ombre verte d’un figuier
Au bord d’une rivière joyeuse
A l’abri des hautes herbes rieuses
Au creux d’un tapis moelleux
A la faveur de mille senteurs
A la vitesse grand V

Je partirai

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