Crépin 5

«Graine de tomate, pépin de raisin, je suis un pirate, je m’appelle Crépin !

-Crôa, crôa, crôa de peuplier, jusqu’au bout du monde je te suivrai !

-Commençons par astiquer notre radeau, je veux qu’il brille comme une casserole cuivrée. »

La rivière Tutrappelles écoutait, très intéressée par la suite des évènements. Tous les cours d’eau ne pouvaient pas se vanter d’avoir un équipage de pirate. A la réunion des affluents de fin d’année, elle ne manquerait pas de raconter les péripéties de Crépin le Crétin. Même le grand fleuve « Au Doigt et à l’Oeil » et le Canal de « Midi à Quatorze Heures » ne connaissaient pas une telle gloire, à peine pouvaient-ils voir flotter quelques ridicules barquettes ou de grandes chaussures appelées péniches. La rivière suivait attentivement la discussion.

-Si on commençait par remonter le ruisseau jusqu’à sa source, il parait que l’eau y est à la Fraise, puis nous redescendrons par Adragon, nous irons voir si la bêtafeu existe vraiment. (La rivière se vexait dès qu’on l’appelait ruisseau, c’était pourtant ce qu’elle était en réalité).
Nous repasserons par ici et si on ne veut toujours pas de nous, nous continuerons à naviguer sur notre Tutrappelles.

-Môa, j’aimerais bien visiter Villeguiliguili : pour se dire bonjour les habitants se font des chatouilles et jouent à la barbichette toute la journée, ce doit être marrant !

-Il faudra changer de rivière, la nôtre ne passe pas par là, elle suit son cours.

-Son cours de quoi? Son cours d’histoire ou son cours de géographie ?

-Ah tu me feras mourir de rire, volaille de basse cour ! Elle ou plutôt il passe par Quelconque sur Orvieux, ce nom banal c’est pour tromper les passants, en fait ce village regorge d’or jeune, les habitants en puisent des seaux tous les matins, évidemment ils ne veulent pas que ça se sache.

- Nous ça nous intéresse pas, on peut rien faire de marrant avec.

- T’as raison Bertrand, c’est joli, ça brille mais c’est totalement inutile.

-C’est vrai qu’à Villamasstessous des pièces jaillissent des fontaines ?

-C’est sur notre route, nous irons vérifier. Nous passerons ensuite par la Ville Alliée, là pas de soucis, personne n’a d’ennemis. Puis nous finirons notre voyage par la Ville d’Hubert, c’est là qu’il faudra dire au revoir à notre ruisseau.

-Pourquoi Crépin ?

-Il se jette dans le fleuve Au Doigt et à l’Oeil.

-Ca lui fait pas mal au moins ?

-Bertrand tu peux être aussi crétin que moi quand tu t’y mets.

- Oui oui je sais, c’est que j’y suis attaché moi à mon ruisseau, ça me fait de la peine de le voir partir si loin. Celui que j’aime bien aussi c’est le ruisseau qui rigole à la Prise de Là-Haut et cet arbre magique à ses côtés...Mais au fait qui c’est cet Hubert ?

- Je ne sais pas, nous irons faire sa connaissance.

-Je voudrais aussi aller à Bugarich, voir la montagne voûtée, un mystère l’entoure, il paraît même que les cuillères et les fourchettes poussent sur les chemins de terre…et que peut-être le monde continue…

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