Articles de barbaraburgos
Décollage ?
Une chaise à l'aéroport
Pas confort
Un dalmachien à l'adoption
Pas une option
Une omelette norvégienne
Végétarienne
Dans un pays bleu pétrole
Le pactole
Un avion en panne de kérosène
Une déveine
Des souvenirs lointains lointains
Un pays méditerranéen
Quel est le lien ?
Une chambre à l'aéroport
Tout confort
Une omelette en français
Le seul mets
Au milieu d'un autre alphabet
A déchiffrer
C'était il y a longtemps longtemps
En été
Et moi j'en étais au printemps
Aujourd'hui
Déjà à l'automne de ma vie
Je me dis
Que parfois ça peut être très long
Un moment
Et qu'il vaut mieux quitte à choisir
Un bon lit
Tout confort
Plutôt que de passer la nuit
Sur une chaise d'aéroport
Exil ?
Vous ne savez ni quand ni avec qui
Ni sur quelle île je vis
Chaque jour je m'expatrie
Je saute dans des flaques d'eau
Des atolls intempérés
Remplis de noix de coco
Si aujourd'hui j'ai trop chaud
Je commande pour demain
Une fine pluie à la météo
Qui rincera mon shampooing
En cas d'envies impérieuses
De dévaler des pentes neigeuses
Je regagne la Norvège
Pour une rime avec neige
Non n'ayons pas peur des mots
Et trouvons des antidotes
Une voile pour un bateau
Métonymie ou synecdoque
Élevons un peu le niveau
Sur les vagues et les flots
Mais derrière les rideaux
Vous ne saurez jamais
Quand ni avec qui
Ni dans quelle île
Chaque jour je m'expatrie
Maria rêve
Une poussière dans les cheveux
Infime fragment
Un élément
Insignifiant
De la poésie
Du bout des doigts
Faire glisser
La particule prisonnière
Un frôlement
D'une main légère
Un commencement
Une rencontre
A un détail près
Des vies chavirent
De l'élégance
Du bout des doigts
Laisser glisser
L'affiche sur le mur
D'une main sereine
Se débarrasser
Du caillou dans la chaussure
A un détail près
Des vies chavirent
Une particule incertaine
Juste une bille
De polystyrène
Au quai ?
Le bout du banc
Du bout du quai
Vers où ces lignes
Vers où ces traits
Ces parallèles en fer épais
Sur le bout du banc
Du bout du quai
Un homme attend
Un homme inquiet
Parmi les gens en rangs serrés
Du bout du banc
Au bout du quai
On voit les trains partir
On les voit arriver
Si loin si près
Vers où ces lignes
Vers où ces traits
Mauvaise heure ?
Pas doué pour le bonheur
Abîmé de la première heure
Petit enfant solitaire
Soit les larmes
Soit se taire
Il fait vide dans sa vie
Un froid du cercle polaire
Quand il aurait juste envie
De l'attention de sa mère
Insecticide ?
Ils ont un drôle d'aspect
Des antennes trop longues
Qui captent toutes les ondes
Une peau sans carapace
Au travers de laquelle passe
Toutes les impuretés
Aucun filtre pour se protéger
Des particules néfastes
Les yeux brûlés
Par l'hypocrisie
Et par la vérité aussi
Ils ont un drôle d'aspect
Une tête trop lourde
Pleine de questionnements
Les oreilles devenues sourdes
Face aux ricanements
L'odorat aux aguets
Pour déceler fissa
Qui du prédateur
Qui de la proie
Une bouche muette
Et les machoires serrées
Ils ont un drôle d'aspect
Les ailes un peu froissées
A force de chuter
Ils avancent solitaires
Au fil des quatre saisons
Ils ont appris à se taire
A se faire une raison
Un cœur hypertrophié
Qui bat trop rapidement
Un front tout bosselé
Et des traces de ciment
Poétique ?
Il faut souvent du noir
Du gris
Pour écrire de la poésie
Plus quelques teintes écarlates
Ou des couleurs plus délicates
La poésie peut être en prose
Mignonne allons donc voir les fleurs
Qui ce matin se sont ouvertes
Et comparons les deux aspects
Après que le soleil a fui
Derrière la colline verdoyante
Alors les pétales en bouton
Auront perdu de leur vigueur
Ce que Ronsard avait déjà dit
Aujourd'hui n'est pas démenti
Quand
Quelques accrocs sur le tissu
Déchirure déchirure
Des fils nylons pour suturer
La blessure
Dans le ciel aussi apparaît
Une fracture
Quand le lourd rideau bleu foncé
Se fissure
Nulle perspective ne se dessine
A l'issue
D'une journée trop anodine
Une routine
Pavée de bonnes intentions
Et de goudron
Moins
Je n'aime plus le chocolat
C'est dur
C'est mou
C'est gras
Ca passe du chaud au froid
Je ne l'aime plus du tout
Pas le moindre petit bout
Hier encore
C'était la veille
Je dégustais la merveille
Ne pas aimer le chocolat
Comme une fourmi de dix huit mètres
Même avec un chapeau sur la tête
Ca n'existe pas
Aujourd'hui
J'ai le dégoût
A la vue du moindre bout
Je n'aime plus le chocolat
Quelle bonne blague
Je vous fais là
Y croyez-vous ?
Et pourquoi pas ?