Articles de barbaraburgos
Bleu blues
Quand on pleure
C'est de quelle couleur ?
Quand on pleure
C'est bleu
Que l'on pleure tout seul
Que l'on pleure à deux
Quand on pleure
Ecchymoses aux yeux ?
Quand on pleure
Il pleut ?
Larmes de crocodile
Larmes indociles
Quand on pleure
Tournés vers les cieux
Quand on pleure
Où est Dieu ?
Sanglots de colère
Sanglots délétères
Quand on pleure
C'est bleu
Quand on pleure
C'est bleu
Que l'on pleure prou
Que l'on pleure peu
Extension de garantie
Pas de service après vente
Pour l'amour
Quand ça casse
Nullité
De l'indice de réparabilité
Pas de service après vente
Aucun numéro vert
Seuls la peur le mal au ventre
Les douleurs
En solitaire
Pas de service après vente
Rayons des cœurs brisés
Obsolence annoncée
Une histoire délétère
En pièces détachées
Pas de service après vente
Le stock est épuisé
Tout devait disparaitre
Les êtres
Et leur humanité
Blessures
Une morsure
La chair à vif
Une abrasion
Sans supplétif
Une fissure
Cœur en lambeaux
Une incision
A fleur de peau
Une fracture
Les os brisés
Une négation
D'humanité
Une morsure
Piqûre au vif
Un antidote
L'œil combatif
Une fissure
Lambeaux de chair
Revêtir l'armure
Rentrer en guerre
Une fracture
Sur l'épiphyse
Soit endurer
Soit lâcher prise
Une blessure
Renouvelée
Une cicatrice
Et puis la paix
Succes story
J'ai tout raté
Sauf mes échecs
Je les ai réussis
Plus qu'il ne fallait
J'ai mis longtemps
A m'en relever
J'ai tout raté
Aucun succès
J'ai échoué
Plus qu'à mon tour
Dans mon métier
Dans mes amours
J'ai tout raté
Jusqu'à l'excès
J'ai encaissé
En me cassant
Par petits bouts
Au fil du temps
J'ai tout raté
Sauf mes échecs
Un franc succès
Jusqu'à l'excès
Et sans tabou
De bout en bout
Lullab'eyes
Le murmure
Le tuyau murmure
Le tuyau le long du mur murmure
Le murmure perdure
Au-delà des murs
Les affiches collées au mur
Sussurent et se décollent
Décollent
Avions en papier
Les mots prennent de la hauteur
L'auteur prend de la hauteur
Poésie
Petits morceaux de roman
Petits morceaux de la main de Roman
Échantillons d'âme
Échantillons d'âme de l'homme
Les mots dans une farandole aérienne
Se faufilent dans le petit couloir
Se posent sur les coussins de velours
Bleu nuit
Blue velvet night
Voix feutrée
Images hypnotiques
Du tuyau le long du mur
De la fumée
Les yeux bercés
Plus de frontières
Un pays à l'autre bout de la terre
Des mots anglais
Une mélodie d'Angleterre
Au bord du sommeil
Le réel s'éclipse
Un rêve multiforme
Blue velvet night
Douce
Un voyage apaisant
Les mots volent dans la nuit bleu velours
Les mots volent par dessus les murs
Les mots volent
Et les tuyaux murmurent
https://www.youtube.com/watch?v=9cn__xtC5bo&pp=ygUMcm9tYW4gZ2FyaW1h
Ma vie à cloche-pied
Le premier décembre était un jour parfait pour reprendre la culture de mon motager, écrire des poèmes à clochepied, des poèmes boiteux à présent, puisqu'un bout d'os a décidé de s'arracher de sa malléole mère et de mener une vie automne, reduisant par là même la mienne (de vie autonome).
C'était sans compter sur la déliquescence de la pendule, ces heures qui filent promptement sans que l'on ne comprenne où elles ont disparu.
Je n'irai pas à la recherche du temps perdu, la démarche a déjà été exploitée avec talent (bien que je ne sois jamais parvenue à m'en rendre compte par moi-même, un jour peut-être).Je voudrais juste ne plus perdre une miette du temps qui reste.
Longtemps je ne me suis pas couchée de bonne heure, longtemps j'ai été insomniaque, je le suis encore un peu parfois. Longtemps j'ai gaspillé mon temps en choses vaines.
J'observe Mémé, elle se met en veille. Elle ne veut pas avouer qu'elle dort, que la vie se retire peu à peu. Elle s'intéresse encore aux rayons du soleil qui viennent la réchauffer à travers la vitre, à la huppe sondant la terre de son bec acéré, au programme télé qu'elle ne regardera pas parce qu'elle ira se coucher. Mémé se met en veille, ses mouvements se font lents, ses paroles rares, ses envies discrètes. Elle n'a plus très faim, elle n'oublie pas mais elle ne sait plus très bien. C'est que le début de sa vie est loin. Les souvenirs deviennent flous. Elle n'a pas de photo de son enfance. En l'interrogeant, elle se rappelle d'un épisode où à trois ans elle est tombée dans un ruisseau. Elle me cite le nom italien de ses voisins de l'époque. Puis elle se tait. Elle se met en veille, économie d'énergie. Un jour les batteries cessent de se recharger.
J'ai des souvenirs de Joséphine me promenant dans une grande poussette bleu marine. Joséphine c'était la mère de mémé. Deux siècles et un millénaire nous séparent de sa date de naissance ! J'ai grandi sous les regards doux et bienveillants de ces deux polonaises au grand coeur.
Je me souviens des brisures de marrons glacés, bien meilleurs que des brisures d'os. Il advient que les pieds se cassent et offrent un temps de répit. Réapprivoiser la lenteur, s'attarder sur une mésange venue picorer dans la mangeoire suspendue à l'olivier, siroter un thé aux fleurs de cerisier. Perfect days. Tant de livres à lire, tant de mots à apprendre, une vie à cloche-pied est finalement plutôt agréable
C'est un billet sans pied ni tête.
Il faudrait
Il faudrait qu'il pleuve doucement
Que la pluie imprègne la terre
La nourrisse profondément
Il faudrait qu'il pleuve longtemps
Que la pluie lave notre peine
Qu'elle devienne un onguent
Il faudrait qu'il pleuve souvent
Pour cultiver la tendresse
Cette fleur des vieux amants
Il faudrait qu'il pleuve maintenant
Face à cette sécheresse
Raviver les sentiments
Ma saison préférée
L'automne
Saison préférée
S'il en fallait une
S'il faut les couleurs
S'il faut la fraîcheur
Quand les sous bois bruissent
Que la pluie s'infiltre
En gouttes de musique
La trace de nos pas
S'imprime dans la terre
Ce qu'il faut de sel
Ce qu'il faut de temps
Ce qu'il faut de sagesse
Pour sublimer l'instant
Alchimiser le quotidien
Transformer
La lumière du matin
En heures dorées
L'automne flamboie
Quand les sous bois bruissent
Les biches aux aguets
Franchissent les fossés
Les champignons poussent
Les fougères s'agitent
Douceur de la mousse
S'il faut les couleurs
S'il faut la fraîcheur
L'empreinte de nos pas
Le sel de la terre
L'étreinte de tes bras
A l'orée du bois
Une belle éclaircie
Alchimie
Transformer encore
Les minutes de plomb
Précieuses heures d'or
Printemps des poètes: la poésie volcanique
Je
Lave
Rouge
Noire
La terre éventrée
Vomit ses sacrifices
Je
Lave
Incandescence
Ténèbres
La terre bouillonne
Jaillissement, extase
Je
Lave
Séisme
Éruption
La terre à fleur de peau
Le cratère libère ses passions
Je
Lave
Mes mots
Mes douleurs
Au cœur de la terre
Un magma magnanime
De la prose
Des rimes
Atelier d'écriture du 8/04
Sens dessus dessous
J'entends le froid dehors
J'entends le point du jour
Dans l'air sauvage
Des reflets bleus de glace
En pointillé autour
Les traces du silence
L'empreinte d'une senteur
Je caresse les fragrances
Effleure le bonheur
J'entends le froid dehors
J'entends le point du jour
Une liberté sauvage
Le chant du feu autour
Pointillés dans la glace
Les reflets du silence
Dans un effleurement
Caressent les fragrances
Promettent des toujours