Articles de barbaraburgos
La panthère des neiges
L'homme photographie l'animal
Le contraire est plus rare
Quelle bête afficherait dans son salon
Un portrait d'hominidé ?
La panthère du Tibet
Préfère jouer à chat
Se fondre dans le décor
Défier la caméra
Elle est passée par ici
Repassera-t-elle par là ?
L'homme derrière son objectif
Apprivoise ses attentes
Il devient contemplatif
Éloge d'une valse lente
Il découvre la poésie
La beauté à l'état brut
Loin de la fureur et du bruit
Il faut parfois une chute
Un hiatus sur le parcours
Pour savourer les minutes
Dans le silence alentour
Au milieu d'un ciel extrême
S'avance un vol de vautours
Les métaphores du poème
Un cliché à contre-jour
L'homme capture l'instant
L'animal libre prend tout son temps
Bureautique
Un trombone en coulisses
Une épingle à nourrice
Des crayons à mine dure
Un effaceur pour les ratures
Une gomme ronde
Et des pensées vagabondes
Un stylo à pointe fine
Un surligneur qui surligne
Des phrases multicolores
Un écran dans le décor
Un tapis pour la souris
Et des pensées qui s'enfuient
Une attache parisienne
Un rayon entre les persiennes
Des rendez-vous planifiés
Un post-it pour annuler
Un bâton de colle blanche
Et des pensées en avalanche
A peau près
La peau est une frontière
Une apparence
Une surface de contact
Entre le dedans et le dehors
Aux variations multicolores
Une évidence
Un peu de tact
Pour des frissons
Quel sera l'impact
D'un effleurement
D'une pression
Sur l'étendue
De la chair nue
La peau est une barrière
Une protection
Une surface de transition
Entre le dedans et le dehors
Des variations sur tout le corps
En transparence
Des veines bleues
Une ignorance
De tous les enjeux
Palpitations
Les mains perdues
Cherchent à tâtons
Un voie d'issue
La peau est une lisière
Un cuir tendu
Entre le dedans et le dehors
Des émotions
Mises bord à bord
Des cicatrices
Sur le tissu
Les reflets crasses
Du temps qui passe
Crânes dégarnis
Profonds sillons
Déclin prévu
Vers l'inconnu
????
Les bruits du monde
Eparpillés
Un chien aboie
Un froissement d'ailes
Une feuille tombe
Fin de l'automne
Vrombissement
Chant des oiseaux
Une cour d'école
Frottement des pas
Sur le gravier
Etrangeté
De ce brouhaha
Pourquoi le chien aboie ?
Pourquoi est-il chien ?
Pourquoi suis-je moi ?
S'il est un créateur de l'univers
Qui aurait créé ce créateur ?
Si la science ne peut tout expliquer
A quel saint faut-il se vouer ?
J'ai la tête pleine de questions
Pourquoi les routes, le goudron
Pourquoi écrire, pourquoi se taire
Pourquoi des murs, pourquoi le ciel
Pourquoi les fourmis, pourquoi les avions
Pourquoi les joies pourquoi les peines
Pourquoi une virgule et pourquoi pas
Aucune utilité à ces points d'interrogation
Juste une déambulation
Un petit matin gris
Puis une éclaircie
Une rue
Un lundi
Voeu pieu
J'ai comme l'angoisse
Que la nuit passe
Sans avoir fermé les yeux
Comme l'angoisse
Que tu te lasses
De moi peu à peu
Les moutons sautent
Dans le pré
Je les dénombre par milliers
Pas moyen de trouver le repos
Ni sur le ventre ni sur le dos
J'entends la chouette hululer
Elle a de la chance
Car son mari
Est lui aussi un oiseau de nuit
Mes mouvements sont délicats
Pour ne pas secouer le matelas
Je m'impatiente
Pendant que toi
Tu scies du bois
J'ai comme l'angoisse
Que la nuit passe
Sans avoir fermé les yeux
Comme l'angoisse
Que tu te lasses
De moi dans ton pieu
Tu pourrais te montrer
Solidaire
Faire le hibou
Pour ton petit chou
Te caler sur les mêmes horaires
Ce serait hulotte comme tout
De toute la nuit faire les fous
Mais tu écrases comme une souche
Tu dors à fond sur l'oreiller
Aucun moyen de te faire bouger
J'ai comme l'angoisse
Que tu te lasses
De ne pas me voir fermer les yeux
Comme l'angoisse
De ne plus trouver ma place
Dans ton pieu
Du temps perdu
Un cygne signe
Swann
Guermantes Guérande
Sel littéraire
Le pavé dans la mare
Loin du Berry
George Sand et son diable
Résonnaient dans les récits
Canard blanc au long cou
A Combray
Et partout
Thé tilleul
Madeleine
Se coucher de bonne heure
Recherche éperdue
A l'ombre des jeunes filles en fleur
Thé tilleul
Promenade
Je narrateur
Je est un autre
Se téléscopent
Pardon à vous tous
Grands maîtres de la littérature
Marcel, Arthur
Je me permets tous les détours
Ce n'est pas correct
Mais j'ai reçu un jour en cadeau des chaussettes
Des cygnes y voguent dessus
Il ne m'en fallait pas plus
Je n'ai pourtant jamais fini
"A la recherche du temps perdu"
Je ferais mieux de m'y replonger
Au lieu d'écrire n'importe quoi
Pour relever mon défi
Bientôt j'arrête c'est promis
Chloé en robe décembre
Chloé revient en décembre
Une goutte de pluie
Une perle d'ambre
Elle déambule
Dans sa bulle
Et danse auprès du feu
Pour se réchauffer
Chloé peut s'enflammer
Sans se brûler
Un paradoxe
Vers la fin de l'équinoxe
Hiver
Ne rime pas avec amer
Chez Chloé
Il est cocon
Il est douillet
Mousse de savon
Sur le bout du nez
Pour sentir bon
Pour rigoler
Une madeleine
Au coin d'une cheminée
Le temps retrouvé
Un thé de décembre
Chloé vapeur d'ambre
Parfum capiteux
Chloé rêve mieux
Quand tique la physique
Les atomes crochus
Rapprochent les individus
Mélange des corps
Echange de bons procédés
Possibilité d'une autre vie
Une question de physique
Ou de biologie ?
Les phénomènes d'attraction
Entre particules élémentaires
Peuvent-ils donner une explication
Sur la naissance de l'univers ?
Pourquoi avoir autant de neurones
Pour savoir ce que font deux et deux
Mais pourquoi en avoir si peu
Pour comprendre le mystère des cieux
Un chat passe devant mes yeux
Est-il ici
Est-il ailleurs
Appartient-il à Schrodinger ?
Il est bien vivant
Mais ne sait pas m'expliquer sa théorie
Ni même chasser les souris
Alors je lui prie d'aller voir ailleurs
Parce que moi j'y suis
Ca sent le sapin
Un sapin allongé sur le parvis
Le parvis de la mairie
Un sapin à décorer
Pour les fêtes de fin d'année
Il a grandi dans le seul but
D'être un jour enguirlandé
Il le savait dès le début
Peut-on échapper à sa destinée ?
Envie-t-il le sort de ses copains
Ceux qui servent de combustible
Ceux qui servent de plateau
Aux écrivains aux affamés
Aux travailleurs acharnés
Pour l'heure
Il se sent seul dans le froid
Abandonné sur le parvis
Sur le parvis de la mairie
Demain il sera debout
Paré de ses plus beaux atours
Déjà mort
Comme les étoiles
Il scintillera encore
Quelques jours
Puis il deviendra rebut
Il s'interrogera
Sur le sens de son existence
Pourquoi telle essence
Peut elle rester en forêt
Telle autre doit être brûler
Finalement sa condition
Est semblable
A celle de tous les humains
Savons-nous pourquoi nous sommes ?
Pourquoi des boules sur le sapin ?
Pourquoi la vie plutôt que rien ?!
Le temps et rien d'autre
" J'ai le temps "
Quelle drôle d'expression
Personne ne peut le posséder
Il s'échappe sans cesse dans le sablier
"J'ai quelques grains de poussière dans les mains"
Serait plus approprié
A utiliser comme je peux
En fonction du temps qu'il fait
Si le ciel est à la fête
Je partirai en goguette
Si les nuages sont pluvieux
Je resterai au coin du feu
Ou j'irai sauter dans les flaques
En écoutant le tic-tac
Ce petit bruit mécanique
Qui dit que l'horloge va vite
Est-ce que le temps est plus lent
Sur une pendule Dalisque ?
Il en est tout autrement
Dans la physique quantique
Tempus incognito
Mais je n'ai pas assez de cerveau
Pour expliquer cette théorie
Il est juste bon à écrire
Quelques lignes de poésie
En n'oubliant pas de sourire
Face au miroir qui blémit
A refléter les outrages
De toutes les années qui s'enfuient
Ne reste qu'à cueillir la fleur de l'âge
Quel que soit le nombre de bougies
Tout en profitant du voyage
Prendre son temps, une utopie ?