Articles de barbaraburgos
Décompte
Ce qui est
Ce qui n'est pas
Ce qui n'est plus
Ce qui sera
Les lettres perdues
Les aléas
Les mots de trop
Ou les mots tus
Chaque jour s'écrit
Dans un haïku
Dix-sept syllabes
Pas une de plus
Extraire des heures
La poésie
Même si l'instant
Se teinte de gris
Il faut de l'ombre
Pour apprécier
Une grande clarté
Il faut de la pluie
Pour abreuver
Les sources taries
Ce qui était
Ne sera plus
Mais ce qui est
Garde parfois
Un goût troublant
D'éternité
Dans une minute
Soixante secondes
Pas une de plus
Flamants et vallons
J'ai vu des flamants roses
Bleus
Dans un ciel jaune
Radieux
J'ai vu avec mes yeux verts
Des fragments de lumière
Le spectre d'un rayon
Tout au bout de l'horizon
Les flamants roses
Bleus
Au-dessus des vallons
Dansaient tous deux par deux
Puis dansaient tous en rond
"Comme les flamandes
Qui dansaient sans rien dire
Aux dimanches sonnants
Parce que les flamandes
Ça n'est pas causant"
J'ai vu tout ça de mes yeux verts
De mes yeux vus
Et je n'avais pourtant rien bu
Auxiliaires
Être en vie
Avoir envie
Je suis ou j'ai
Tout à côté
Debout couché
Très bien assis
En mouvement
Ou à l'arrêt
Les pulsations
Rythment la vie
Les émotions
Insufflent l'envie
Soit le contraire
Selon l'auxiliaire
J'ai ou je suis
Ce grain de folie
Cette étincelle
Eau de mirabelle
Alcool de vie
J'irai je vais
Sur les chemins
Plus de frontières
Aux lendemains
Une autoroute
Un autobus
Une seule goutte
Un petit bonus
Après les doutes
Avoir envie
Debout assis
Juste être en vie
Flaubert et Stendhal
Vertiges
Face à la cathédrale
Syndrome de Stendhal ?
Les bras ballants
Le front brûlant
Madame Bovary
S'est enfuie
Est-il la preuve de Dieu
Cet édifice de pierre
Elancé vers les cieux ?
Un temple expiatoire
Faut-il donc être fou
Pour croire
Que l'homme se situerait
En dessous
D'une entité divine
Seules ses mains
Ont bâti le sublime
Grandeur étourdissante
Dans les moindres détails
Les couleurs insolentes
Du vitrail
Vertiges
A la verticale
Madame Bovary se fige
Le syndrome de Stendhal ?
Maé Balcony Barcelona
Sur un balcon
A Barcelon
Y'a un petit peu
Du monde entier
Des jeunes des vieux
Des enjoués
Idéalistes
Contemplatifs
Simples touristes
Admiratifs
On a balcony
In Barcelony
On parle anglais
Les rires fusent
Dans l'air léger
Le thé infuse
En brésilien
En javanais
Les bruits du monde
Dans son entier
Una balcona
En Barcelona
Vue dégagée
Sur l'avenir
Morceaux du monde
A parcourir
Conjugaison
Du verbe ir
Ser y estar
En devenir
Sur un balcon
A Barcelone
Ailleurs ici
Autour du monde
Quelques paroles
En espagnol
Une rencontre avec Maé
Et de l'espoir
En cette part
D'humanité
Avant l'après
Avez-vous déjà songé où vous étiez
L'année d'avant
Et avec qui en cet instant ?
Ce que vous faisiez l'année dernière ?
Aviez-vous un souhait
Une prière ?
Où serez-vous l'année d'après
Une fois que les chiffres
Auront changé ?
Combien d'entre nous
Serons partis
Combien de nouveaux
Auront pris vie ?
Et ces desseins
A l'aquarelle
Devenus réels
Ou dilués
Comme l'eau de pluie
Sur de la craie
Serons-nous loin
Serons-nous près ?
Serrons-nous bien
A l'instant T
Car nul ne sait
L'année d'après
Mémé dans les orties ?
Sois prudent avec le mauvais temps
Disait la grand-mère à son petit-enfant
Si tu uses de l'imparfait
Parce que chacun peut se tromper
Tu pourras toujours écrire
Plusieurs verbes à l'avenir
Conjugaison au futur
Puisque jamais rien ne dure
Ni le beau ni le mauvais temps
Ça je le sais grand-maman
C'est bien mon petit-enfant
Je voulais en être sûre
Quand on a vécu longtemps
On voudrait laisser un peu
De tout cet enseignement
Pour que les autres vivent mieux
Mais je sais aussi petit
Que seule l'expérience dit
Ce que vaut vraiment la vie
Je te remercie mamie
Tu vois j'écris au présent
Fais attention aux orties
Tu as failli tomber dedans
Tu as raison mon chéri
Je ne les avais pas vues
Et ton regard très pointu
Me rassure pour la suite
Sois quand même prudent
Avec le mauvais temps
Mon tout petit enfant
Tout est relatif
Un tout est composé d'une multitude de riens
Un an: trois cent soixante-cinq jours (ou six si c'est une année bissextile)
Un jour: vingt-quatre heures
Une heure: soixante minutes
Une minute: soixante secondes
Une seconde, qu'est-ce que c'est ?
Une apostrophe, une ponctuation imperceptible du temps ?
Une vie serait donc une accumulation de ces secondes imperceptibles, un agglomérat de moments sans importance, une fulgurance de piqûres de moustique. Pourtant il des secondes de plomb et des secondes de plume. A poids égal, un duvet de plomb est moins chaud et douillet qu'un duvet de plume Une enclume en plume moins efficace qu'une enclume en plomb. Si du plomb dans l'aile, la plume alourdie, volera moins bien.
Pour voler dans un tout composé de riens, il faut bien des atouts pour ne pas tomber dans le trou, se laisser happer par les secondes avides de vide.
Trois cent soixante-cinq jours, trois cent soixante-cinq billets, le pari sera-t-il gagné ?
100 m en 10 secondes, 42 km en 2h, 14 sommets de 8000 m en 7 mois, 11mn en apnée, 20 000 lieues sous les mers, une saison enfer, 122 ans sur Terre.
Se surpasser, s'effacer, s'efforcer ? Tout ça finalement à une seconde près.
Réchauffement climatique
Un félibre fébrile
Est-il libre de ses écrits
Ou soumis à sa physiologie ?
L'élévation d'un degré
De sa température corporelle
A-t-elle une influence sur ses idées ?
Une incidence ponctuelle
Sur ses vers
Le même impact sur l'humain
Que sur la terre ?
A un degré près
La rivière sort de son lit
Le poète lui s'y plait
Il laisse vagabonder
Les pensées
De son esprit échauffé
De la glace appliquée sur son front
Sur le front des glaciers
La situation est brûlante
Inquiétudes pour le Gulf Stream
Il faudra trouver des rimes
Pour garder
Le climat tempéré
Le félibre prend la tangente
Loin de la fureur et du bruit
Malgré sa physiologie
Altérée
Dans la tiédeur de son lit
Il écrit
Des vers libres
Des paroles
Et du paracétamol
Athez-vous*
*billet susceptible de heurter la sensibilités des plus croyants
Un tissu de mensonges
Est-ce un Saint-Suaire ?
Loué soit le Seigneur
Il n'est donc pas à vendre
Et même s'il l'était
Je n'aurais pas acheté
Je veux bien spéculer
Avec des faux billets
Tout en jetant les dés
Boulevard des Capucines
Ou bien Rue de la Paix
Mais rien en moi
Ne s'est jamais illuminé
Face à la bonté divine
Pas le moindre sursaut de foi
Face à un Jésus sur sa croix
Je respecte les croyants
Ma parole sur le Coran
Et aussi sur la Torah
Je fais un baiser de Judas
Sur une statue de Bouddha
Je prône la non-violence
Le non-sens est mon essence
Je ne veux blesser personne
Sur la tête de la Madonne
Je périra en enfer
C'est écrit sur le Saint-Suaire