Articles de barbaraburgos
Etymologie
Les mots
Qui dansent
Dans la tête
Une farandole
Sur une musique discrète
Quand les lucioles
Scintillent aux fenêtres
Mois de juillet
Ils se croient à la fête
En mille feux
Explosion d'artifice
Sous les grands cieux
Une boite à malices
Mots facétieux
Heureux qui comme Ulysse
Sur un île grecque
Vont combattre le Cyclope
Bibliothèque
Où tisse Pénélope
Soyeuses étoffes
Calanques ioniennes
Ce que les mots offrent
Dès les calendes anciennes
Originelle
L'eau salée des calices
Boire le miel
Du jardin des délices
Patrie première
Chercher les mots
Dans les gros dictionnaires
Ceux qui volent haut
Les révolutionnaires
Pas d’échafaud
Même les patibulaires
Les barbarismes
Mots éclectiques
Et autres anglicismes
Toute une clique
Une fanfare
De joyeux drilles
Un curieux tintamarre
Quand le soir brille
Mille petites lucioles
Sur les fenêtres
En farandole
Dansent les mots de tête
C'est à dire
On s'est dit
Qu'on s'dirait
Quand le vent tournerait
On s'est dit
Qu'on s'dirait
Puis on ne l'a pas fait
On s'est dit
Qu'ça irait
Peut-être mieux demain
On s'est dit
Qu'au début
On n'voit jamais la fin
On s'est dit
Ce qui est fait
Ne sera plus à faire
On s'est dit
Qu'on s'dirait
A la place de se taire
On s'est dit
Que parler
Serait la chose à faire
On s'est dit
Qu'on s'dirait
Mais on ne l'a pas fait
Roncier
Dans les ronces
Les mûres
Dans les espoirs
Les murs
Et les réponses
Pas sûres
Dans les ronces
Coupures
Dans les espoirs
Fissures
Et les réponses
Censure
Dans les ronces
Peinture
Dans les espoirs
Murmures
Et les réponses
Verdure
Dans les ronces
Confitures
Dans les espoirs
Sutures
Et les réponses
Rassurent
Tôt ou tard
Est-il trop tôt
Est-il trop tard
Trop tôt pour renoncer
Trop tard pour espérer
Est-ce prémonitoire
Ou est-il périmé
Ce petit coin de mémoire
Qui refuse de flancher
Est-il trop tard
Est-il trop tôt
Trop tard pour que la veille
Fasse un jour nouveau
Trop tôt pour que demain
Soit déjà le matin
Etait-ce prévisible
Ou serait-ce dépassé
Cette idée des possibles
De ce qui va arriver
Est-il trop tôt
Est-il trop tard
Trop tôt pour être vieux
Trop tard pour croire un peu ?
Sujet sensible
L'odeur de la terre
Après une pluie d'été
L'odeur de l'herbe
Une fois coupée
Synesthésie
Picotements
Lorsque l'oubli
Subtilement
Parfois s'efface
Révolution dans les cinq sens
Quand en surface
Sans indécence
Réapparaissent
Des sensations
Presque une ivresse
Aperception ?
Les philosophes s'invitent
Dans les consciences
La poésie n'évite
Pas les non-sens
Une fleur bleue révèle
La génèse humaine
Un peu d'eau du ciel
La phénoménologie kantienne
De bien lointaines
Réminiscences
Quand l'existence
Précède l'essence
Ne serait-il pas plus simple d'apprécier
Juste l'odeur d'un sol mouillé
Par une pluie d'été
De respirer à pleins poumons
Les parfums de l'herbe coupée
Sans se poser davantage de questions
Lyrisme
Je me lis et me relie
Des intimes connexions
Le soir au fond de mon lit
Explorent mon moi profond
Quand les mots sont à la fête
Je peux sauter au plafond
S'ils deviennent maux de tête
Je plonge dans les bas-fonds
Bois la coupe jusqu'à la lie
En maudissant les démons
Friands de mes insomnies
Infâmes petites bêtes
Parasites de la nuit
Qui entendent faire recette
Avec ces mauvais génies
Extirper de mon inconscient
Les failles les plus secrètes
Me dévorer du dedans
D'une manière indiscrète
Je me lis et me relie
Une intime conviction
Quand sonnera l'hallali
Plus de doutes ni de questions
Auto-stop
Les rendez-vous manqués
Hasard ou destinée ?
Assis sur le bord des routes
Combien ont espéré
Au carrefour des doutes
Croiser l'humanité
Juste une main tendue
Petit bout d'amitié
Un regard ingénu
Sourire illuminé
Combien tendent le pouce
Pour ne pas louper le coche
Combien tentent en douce
D'instaurer une approche
Etablir le contact
Debout sur le chemin
Tout en gardant intactes
Ses croyances en l'humain
Et combien restent là
Amers et convaincus
Que rien n'est ici-bas
Plus fourbe et plus tordue
Qu'une belle mécanique
Conduite par des goujats
Le féminin s'applique
Il porte même des bas
Les rendez-vous manqués
Destinée ou hasard
Peuvent-ils espérer
Une rencontre plus tard ?
En agitant son pouce
Discret signe de la main
Deviendrait-elle plus douce
Cette vie entre humains ?
Energie atomique
Les échos sourds d'un ciel alcalin
Parce que l'été s'enfuit
Sourd aux confidences
Sourd à l'éclat du cristal
D'une terre assoiffée
De diamant brut
Elle est devenue
Immondices
La pluie se fait acide
Sur les visages endeuillés
Balafres au vitriol
Coups de lame
Ecorchures
Le sang coule
Parce qu'il ne peut plus fournir l'oxygène
L'alchimie n'opère plus
Une hache plantée dans la terre
Bombe atomique
Une lueur dans la nuit
Pales des hélicoptères
Fureur de l'eau
Bruit assourdissant de l'eau
Mortelle et vitale
Vitale et assassine
Les arbres flanchent
Fétus emportés par les flots
Les châteaux de sable ou de pierre
S'effondrent
La poésie s'effondre aussi
Un ciel alcalin
Chargé d'échos sourds
Bombe à retardement
Une guerre perdue d'avance ?
Une dernière lueur
Comme un coup de hache
Et le bruit du sang saturé d'hydrogène
Strip-tease
Je me suis mise à nu
Impudeur relative
Le corps même dévêtu
Une émotion furtive
Les profonds sentiments
La part la plus intime
Reste intacte en dedans
Nul regard ne l'abime
Je me suis mise à nu
A un moment j'ai cru
Que je pourrais y croire
A ces reflets perçus
Ce trouble en miroir
Les images dupliquées
Demeurent illusoires
Impressions inversées
Dans une lumière noire
Je me suis découverte
Une sensation bizarre
La peau n'est pas inerte
Elle garde en mémoire
Au plus vif de son être
Le poids de son histoire
Des frissons parcourus
Aux piqûres d'insectes
Accrocs dans le tissu
Cicatrices suspectes
Je me suis mise à nu
Impudeur relative
Le corps même dévêtu
Sait parer les dérives
Les sentiments ténus
Ainsi que les plus denses
Ne se laissent pas ravir
Même le temps d'une danse
Se vêtir se dévêtir
Au fond quelle importance
Fable affable
Les fourmis fourmillent
Les lézards lézardent
Le héron flemmarde
Le soleil scintille
Les abeilles butinent
Les canards canardent
Les bourdons cafardent
L'été dégouline
Les moustiques piquent
Les oiseaux gazouillent
Les pigeons roucoulent
Le temps élastique
Les mouches se mouchent
Les crapauds coassent
Les corbeaux voraces
Le soleil se couche