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Articles de barbaraburgos

L'hêtre et le néant

Par Le 29/07/2021

Quand est passé le verbe être
Fut-il en chêne fut-il en hêtre
Il ne reste que le néant
L'écho sourd des trous béants

Quand le vin est tiré il faut le boire
Ou se résoudre aux déboires
Les effluves d'un même tonneau
S'évaporent dans l'air chaud

Quand la coupe d'eau est pleine
Une seule goutte sur la plaine
Fait déborder les rivières
Le beau temps est éphémère

Quand la lame qu'on affûte
S'émousse au fil des ans
Le bois dont on fait les flûtes
N'a plus la souplesse d'antan

Et les fûts qu'ils soient de chêne
Qu'ils soient de hêtre
Ne conservent dans leur bedaine
Que l'essence du verbe être

 



 

Futilété

Par Le 28/07/2021

Le jardin aux loupiotes
S'illumine
Tandis que l'eau clapote
En ondes fines
Plic plac ploc
Une brise câline
Soliloque
Dans l'air intime
D'une soirée estivale
Souffle magnanime
Sous un regard amical
Lampions en fête
Notes cuivrées
Tendres ariettes
Des nuits d'été
Le jardin aux loupiotes
Scintille
L'eau clapote
Les vaguelettes brillent
Avant que les instants
Ne deviennent des souvenirs
Il restera le murmure troublant
D'une fleur qui soupire






 

Des A des N

Par Le 27/07/2021

Génotype humain
Le gène du type crétin
Est-il le même
Que celui du singe malin ?
Si Eugène se gêne
Il n'a pas de plaisir
Il voudrait pourtant sourire
A Eugénie
Ce phénomène
Cette sorte de génie
Sans anomalie
Un idéal chromosomique
Une perfection génétique
Contraire du type crétin
Un gène féminin
Plus malin ?
Eugène étudie son génome
Compte et recompte
Il manque un chromosome
Un sentiment de honte
S'empare alors de l'homme
"Je ne suis qu'une pauvre pomme
Et jamais Eugénie
Ne m'ouvrira son lit
Il me faudrait un clone
Un petit peu mieux fini"
Puis il file à Gérone
Par le dernier train de nuit
Eugénie quant à elle
Fort gratifiée d'allèles
De gènes bien aguerris
Cellules héréditaires
Habituées à pallier
Les manques délétères
De certains hominidés
Et tandis que l'Eugène
En délétion totale
Marche d'un pas bancal
En distillant sa peine
Eugénie pas peu fière
Peaufine son ADN
Et s'en va boire un verre
Sur une plage africaine
Moralité
Si les hommes sont ainsi
Quid de l'inné
Quid de l'acquis ?














Gratitude

Par Le 26/07/2021

J'ai reçu des cadeaux par milliers
Des cousus main
Et des fleurs en bouquet
De beaux objets
Et des poèmes reliés
J'ai reçu des sourires par milliers
Des notes de musiques
Et des mots attentionnés
De doux regards
Et des lingots d'espoir
J'ai reçu ce soir
De l'or en barre
Et de l'amour par milliers
Tant de chaleur
Qui continuera à rayonner
Pendant les cinquante prochaines années
Une chose certaine
Merveilleuse sortie de quarantaine





 

25 juillet

Par Le 26/07/2021

Mais où est donc passé le 25 juillet ? Zéro billet, pas l'ombre d'un mot, un hiatus dans les bonnes résolutions. Pas un manque d'inspiration, c'est tout bête, j'ai juste été happée par une envie de dormir irrépressible après deux jours de fête. Mes doigts se sont pourtant mollement activés sur le clavier mais n'ont pas pu aller jusqu'au bout de leur démarche, mes yeux se sont fermés avant l'enregistrement pour publication du dit billet.

Après la fête
Les couillons restent
Il faut mettre un chandail
Pour manger la soupe à l'oignon
Des retrouvailles
Laisser couler son émotion
Perles salées
C'était hier
Souvenirs sucrés
Dans le coin des paupières
La bobine du temps se déroule
Fils distendus ou renoués
Les heures s'écoulent
En grains serrés dans le sablier
Dans le ciel noir
La lune luit
Dans un regard
Il rebleuit
Une simple histoire
Cycle de la vie
Et les loupiotes dans le jardin
Lucioles inertes
Eclairent demain
Après la fête
Couillons sereins
Plein de beaux restes
Pour la suite du chemin





 

Le discours !

Par Le 24/07/2021

Juste quelques mots pour vous remercier d'être là ce soir pour m'accompagner et fêter cette double sortie de quarantaine.
L'hiver fut long, nous avons été contraints de nous cloîtrer dans nos appartements et nos maisons, pour certains de vivre une solitude forcée, de nous plier à toutes les lois parfois absurdes mais cela nous aura peut-être permis de nous recentrer sur les choses essentielles.
Nous aurions pu oublier ces chaleureuses valeurs, héritées pour ma part des ancêtres, tous ces migrants issus des mouvements de population d'un autre siècle. Ils sont arrivés avec des trous dans les poches, ils ont su finalement en tirer des pépites. Ils ne nous ont pas légué des lingots d'or, ils nous ont juste transmis ce goût des bons moments partagés, dans la simplicité et la convivialité, souvent autour de tables en fête.
Le temps file, les souvenirs défilent, beaucoup d'absents aujourd'hui, pourtant nous sommes encore quelques uns à vivre toujours ici, sur leurs terres. A cet endroit précis où ils cultivaient leurs vignes et leurs jardins. Nous sommes pour beaucoup les branches de ce grand arbre généalogique, venu prendre ses racines dans ce petit coin de terre entre Bade et Trapel.
Il y a les liens du sang et puis les liens qui se tissent au fil des ans et des rencontres, tout aussi forts et indéfectibles, des arbres « amicologiques » pourrait-on dire, plantés tout au long du chemin.
Ensemble toutes ces branches grandissent, et insufflent l'oxygène nécessaire, nous aident à croire encore un peu en l'humanité, à nous dire que nous sommes tous un peu  frères !!
Nous ne vous offrirons pas ce soir des mets sophistiqués dorés à l'or fin, nous vous invitons juste à partager quelques plats maison en toute simplicité, à profiter de ces instants de liberté après tous ces longs mois d'enfermement. Tout ne sera pas parfait, le terrain est en pente, l'herbe est plus verte chez le voisin, ni de vaisselle en porcelaine, ni de verres en cristal mais de quoi régaler nos oreilles, se sustenter, rafraîchir les gosiers et réchauffer les cœurs.
Car oui il y a eu de longs hivers, des étés secs comme des déserts, des catastrophes naturelles, de l'eau en avalanche qui emporte les ponts. La vie n'est pas un long fleuve tranquille, mais le cours de la rivière reprend finalement sa course en nous murmurant de rester vigilants au caractère éphémère des choses et surtout des gens. Un souffle de « carpe diem » qui nous invite à profiter de chaque instant, à profiter de tous ceux qui sont présents.
Mangez, buvez, chantez, embrassez qui vous voudrez, dansez à deux, dansez en rond, l'eau continuera à couler sous les ponts...
Encore merci à vous toutes vieilles branches de mes arbres de vie.... Merci !


 

Boîte à musique

Par Le 23/07/2021

Une petite musique de nuit
Serine sereine
Une petite musique suit
La même rengaine
Un ciel où la lune reine
Encline s'incline
Un ciel où la lune pleine
De rouge s'illumine
Un homme à travers la plaine
Indécis décide

Un homme que le vent entraîne
A la verticale du vide
Une petite musique de nuit
Serine sa peine
Une petite musique fuit
La même rengaine
Et l'homme sous la lune blême
Transi transite
Un homme sans aucun poème
Dans un ciel gris anthracite


 

Tant et temps

Par Le 22/07/2021

Tango le vent
Ainsi va le temps
Tango la vie
Les pas unis
Bandonéon
Pauvre Léon
Sa Léonie
Lui a fait faux bond
Sous les violons
Le chant meurtri
Des asservis
Quand les esclaves
Dans leur enclave
Restaient parqués
Les coups de fouet
Des négriers
Un son un cri
Une révolte
Contre l'ennui
Une virevolte
Tango la vie
Ami tanguons
En Argentine
En Uruguay
Dans les salons
Dans les cuisines
Un pas de deux
Improvisé
Une milonga
Rio de la Plata
Jupe fendue

Sur bas résille
Jambes qui vrillent
Regard fondu
Flou enchaîné
Bruit des tissus

Tango tango
Montevideo

Tant va le temps
Sous les glycines
Enlacement
Valse argentine
Tango devant
Les corps s'animent
Face aux abysses
Le mouvement
Sans une parole
Les corps s'unissent
Une parabole
Sublime l'instant

Vingt et un zéro sept

Par Le 21/07/2021

A l'ombre des ventilateurs
Mois de juillet le vingt et un
Regards dans le rétroviseur
Le présent moins quelques uns

A l'ombre des réminiscences
Les traversées du désert
Ou les fontaines de jouvence
Dans les oasis en vert

A l'ombre de mes espérances
Le vingt et un de juillet
Malgré les périodes d'errance
Toujours reviendra l'été

A l'ombre des ventilateurs
Un jour de grande canicule
Le temps dans le rétroviseur
Avance plus qu'il ne recule




 

Cynégétique

Par Le 20/07/2021

Les braconniers
Aux bras d'acier
Débusquent
Dans les sous-bois
De pauvres bêtes
Aux abois
Ils ne s'offusquent
D'aucune feinte
Suivent l'empreinte
Traquent le gibier
Jusqu'au trophée
Un cœur planté
Au bout d'une pique
Effroi
Des proies
Sans viatique
Pour échapper
Aux affreux bras
Des braconniers
Mais prenez garde
Qu'un soir sauvage
Les belles captives
Dans les branchages
Victimes naïves

Ne se rebellent
Et vous dévorent
Sans un remord
Toute la cervelle

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