Articles de barbaraburgos
Prévert
Parce que Jacques Prévert n'est pas mouru le 11 avril 1977
Prévert
Sur le mur de l'hôtel de ville
Mon nom écrit à l’encre indélébile
Emotion imperceptible à l’oeil nu
Le démon de la poésie jette sur moi son dévolu
Je deviens pour une seconde
La muse amusée du musée improvisé
Je compose en prose les vers de mon poète préféré
Des pré-vers en Somme
Allongée sur les bords de la Marne
Puis réveillée par les cris colorés d’un oiseau sans cage
J’hèle un taxi
C’était pourtant un oiseau de Paradis
Reconduisez- moi à Paris bien sûr je n’ai pas ri
Vert: mélange de jaune et de bleu
Pré-vert: avant le mélange la couleur brute la couleur pure
Jacques Jaune-Bleu célèbre poète français né à Neuilly en 1900
Sur le mur de l’hôtel de ville
Barbara à l’encre indélébile
C’était moi l’étrangère inconnue
Je n’étais pas encore née
Tu n’avais pas encore mouru
Nous nous sommes rencontrés
Dans un endroit absolu
Tu faisais un inventaire
Au coin de la rue des Saints Pères
Je marchais Boulevard St Germain
Tu m’as fait un signe de la main
Mais je ne t’ai pas vu
Je n’étais pas encore née
Tu n’étais pas encore mouru
Jacquot je m’ennuie
De ne t’avoir jamais croisé
Pourquoi je n’étais pas encore née
Quand tu m’as vue sous ce porche
Epanouie sous la pluie
Heureusement nous nous sommes retrouvés
Dans ce musée improvisé
Et sur le mur de l’hôtel de ville
Tu as crié mon nom à la craie indélébile
Je n’avais pas encore vécu
Tu n’étais pas encornet
Et puis l’encre a séché
System of a down
I fall down
Dès l'aube
The dawn
Je fais pas le job
En translation
C'est pas raccord
Cet english word
Voltaire falls down
Shakespeare comes on
Pas de clarté
At dawn
Ego chuté
I fall down
No bright
After the night
Zadig zigzague
A Copenhague
Yorick s'évade
Vent dans le crâne
I fall down
I leave the Earth
Just at dawn birth
Jet lag
Décalage horaire
Un halo de lumière
Quand je me lève
Tu t'endors
Si tu rêves
Viens me rejoindre
On marchera dehors
On verra l'aube poindre
Pareille aux rimes anciennes
Où le sort se déchaîne
Je passe la main dans mes cheveux
Tu te retournes un peu
Nos doigts s'effleurent
Au delà de ce décalage d'heures
Ton regard amical
Sur mes lèvres entrouvertes
Instille une ombre tropicale
Sidération discrète
En écho le sonnet symbolique
D'un parfum exotique
Décalage horaire
Nostalgie passagère
Elle revient toujours la portière
Claquer sur un hypothétique baiser
Le plan reste figé
Stop motion
Extrêmes émotions
Ô temps suspends ton vol
Comme si un stupide poème
Pouvait changer les rôles
Lettre à Eloïse
La blondeur de l'enfance, les blés mûrs, les fous rires en toute saison et puis l'orage dans ce ciel serein.
Aujourd'hui souffle un vent marin gris et englué de tous ces souvenirs d'insouciance. Pourtant le temps qu'il fait devient insignifiant, autant que toutes les autres anicroches du quotidien, ne reste qu'une question essentielle.
Belle enfant, je voudrais te promettre un avenir radieux et des ciels éclatants, des arcs-en-ciel joyeux après des pluies amères.
Je ne peux pas prier Dieu, cette entité infâme qui permet au malin de s'insinuer dans les plus jeunes corps et les plus pures âmes.
Il faut se résoudre à l'absurde de notre condition. Du sourire on passe aux larmes, des certitudes aux incohérences. Mais même aux petits matins sans soleil, l'espoir coule toujours dans les veines. L'espoir se reflète au fond de tes yeux, au fond de ceux qui t'accompagnent dans cette traversée tumultueuse. Un espoir en béton armé contre les doutes. Ces doutes qui ne jalonneront plus ta route, tu garderas la clairvoyance du cœur et ta vie deviendra plus douce.
Je me sens démunie pour t'exprimer toutes mes pensées, pour t'apporter un peu de réconfort, il reste ces quelques mots inscrits sur les lignes de nos mains.
Nos mains, petites surfaces de contact entre deux êtres, infime morceau d'humanité. Ma main, offerte . Elle est mouvement quand tout se fige autour, elle est geste pour essuyer les larmes, elle est velours pour un peu de tendresse, elle est signe pour aller plus loin,
Pas de destin, pas de sens qui précède l'existence, juste nos mains d'être humain tendues vers demain et nos cœurs qui t'accompagnent pour battre et se battre à tes côtés.
Stupéfiant !
Le cristal
Chez Stendhal
S'amalgame
Une alchimie des âmes
Violence des fantasmes
Louise rougit
Julien sorry
Les mains s'enflamment
Métal en fusion
Heavy sensations
Stendhal
Dealait avec passion
De l'âme les poisons
Infâme crystal
Servitude soumission
Julien junkie
Dopé à l'ambition
Un System of a down
Mathilde à la petite cuillère
Se défonce à l'amer
Héroïnes stendhaliennes
Ecstase du dix-neuvième
Je me suis sevrée des drames
De la cristallisation des âmes
Une vie plus sereine
Sans hallucinogène
En cure de désintox
Pourtant des paradoxes
Je me shoote à la poésie
Me poudre de mots dits
Petite musique de nuit
Cette musique m'enveloppe de ses bras
Je m'y enfonce moelleusement
A l'heure des pourquoi
Langoureux balancements
Cette mélodie me fait vibrer
Elle pénètre tout mon être
A l'heure des peut-être
Oscillations indiscrètes
Ces notes me transportent
Je dérive dans un état second
A l'heure des feuilles mortes
Lascives ondulations
Cette corde de guitare
Me berce d'un souffle chaud
A l'heure des trop tard
Des paroles et des mots
Cette voix de cristal
Distille un air confidentiel
A l'heure des étoiles
Une étreinte passionnelle
Ce roulement de tambour
Révèle de vains accords
A l'heure des toujours
Abandon total des corps
Panurge et ses moutons
Quand tond-on ? demande tatie à tonton
On tond quand on ne distingue plus l'horizon, quand l'herbe cache les moutons
Ah et quand tond-on tes moutons tonton ?
Quand ils fileront du mauvais coton
Ah je croyais que les moutons filaient de la laine
On tend vers la laine mais c'est coton
Ah c'est un travail de longue haleine donc
Y'a des hauts et des bas
Ah des bas de laine, c'est ça ?
Tu me coupes l'herbe sous le pied
Ah revenons à nos moutons, quand tond-on ?
Quoi, l'herbe ou les moutons ?
Les deux, tonton
On tond quand on veut, quand on peut, pas quand il pleut
Ah oui parce que s'il pleut il faut rentrer ses blancs moutons
Tant qu'il n'y a pas de brebis galeuse ou de mouton noir
Pourquoi, t'as quelque chose contre les noirs, je savais pas
Mais absolument pas, là n'est pas la question, c'est une métaphore, une expression
Ah mais t'en connais des mots, tonton
En attendant Tonton a faim*
Et quand Tonton a faim*, qu'attend-on qu'on lui donne ?
Hé bien non, quand Tonton a faim*, on lui donne du son !
Reine de Castille
Je dis Elsa
Il répond Louis
C'est déjà de la poésie
Le début d'un récit
Une correspondance
Rendez-vous évident
Sans concordance des temps
Je dis Elsa
Il dit poème
C'est déjà un je t'aime
Le prélude d'une romance
Une fatale attirance
Rencontre originelle
Sans accord au pluriel
Je dis Elsa
Il répond anagramme
C'est déjà trois fois Elsa
La fin en filigrane
Un choc par inadvertance
Intense collision
Sans conjonction de coordination
Du beau linge
Nous voilà dans de beaux draps
Je préfèrerais sans
Exaltation des sentiments
Plus besoin de vêtements
Même les dessous sont superflus
Quand la passion prend le dessus
Nous voilà dans le pétrin
Tout se mélange
Nos bouches nos doigts nos mains
On se déguste on se mange
Plus aucun tabou
Quand les sens sont sans dessus dessous
Nous voilà en mauvaise posture
Attention aux courbatures
Paroxysme des corps
Extastiques accords
Au-dessus en dessous
Le meilleur de nous
C'est pas que...
Une fausse joie est-elle une vraie peine ? Une fausse route, un vrai détour ? Errare humanum est. La culture c'est ce qui reste quand on a tout oublié. Qui a bu est bourré.
Des lieux communs, fausses communes ? Mirages à l'horizon. Avions. Mur du son. Pavés dans la mare. Cygne noir. Biais cognitif. Clavier intuitif ? Ecriture automatique. Mitraillette. Cadavre exquis. Les surréalistes à Paris. La Seine peine à couler sous les ponts cadenassés. Les pênes des portes sont grippées, PCR positif ? Raisonnement approximatif. Avec des "if" on mettrait Paris cyprès. Mais là ça va trop loin. Les pennes seront trop cuites comme la terre de Sienne, tommettes couleur brûlée, une terrasse rouge carrelée. Des ne pas qui résonnent quand Dame Carcas sonne la résurrection.
Et Moaï, c'est Pâques je me rapa nui en votre compagnie mais j'ai prévu de Cook une île flottante, puis horizontalité sur une chilienne ensoleillée. My life is not a dés Easter. Une île des merveilles. Un lapin à gousset me réveille. Il est l'heure de demain. Alors pourquoi remettre à aujourd'hui ce qui aurait pu être fait hier. Traverser le miroir pour se regarder en face, se rimer dans la glace, une ice-crime café-crème, parce qu'il est terrible le petit bruit de l'oeuf de la poule en chocolat qui picoti picota du blé mûr du son. Avions. Mirages à l'horizontale. Aurons ?
Si vous ne comprenez pas tout, rassurez-vous mes mois non plus. Et aujourd'hui deux pour le prix d'un, pourquoi ? Pâsques.