Articles de barbaraburgos
Pourquoi pas
Partir pour Cythère
Au son des cithares
Avec l'être cher
S'il n'est pas trop tard
Dès potron-minet
Prendre le bateau
Se laisser bercer
Par le bruit de l'eau
S'accouder au bastingage
Regards vers plus loin
Poser ses bagages
En rêvant demain
Pincement de cordes
Un vieux troubadour
D'un ton monocorde
Glorifie l'amour
Partir pour Cythère
Une fois réveillée
Curieuse chimère
D'où venait l'idée ?
J'avais oublié
Le nom de ce rivage
Puis je me suis rappelé
Baudelaire et son fameux voyage
Lucie fait rien
Le mot préféré d'Alain Rey est "luciférien" (Alain Rey, 1928-2020, mon pote radiophonique et celui à* Robert puisqu'il en était le rédacteur en chef).( *je sais qu'on dit "le pote de" mais là j'avais envie de dire "à").
Il en aime la sonorité, l'harmonie syllabique et l'idée de lumière introduite au plus profond des ténèbres.
J'ai souvent parlé à Dieu, jamais à Lucifer. Pourtant je sais que je finirai en enfer pour outrages à la pensée chrétienne.
Lucifer ne me dit rien, pas le moindre mot à mon oreille. Je succombe parfois à la tentation d'une tablette de chocolat, de pluies de nus sur moi, de soirées alanguies dans des sofas, mais il sait que je fais fi de la perfidie, que je donnerais mon foie pour les chers de ma chair, que le sort de mon voisin je n'envie pas et qu'il n'y a pas plus conciliant que moi !
De toute façon, je ne crois pas plus en lui qu'en l'autre, c'est normal me direz-vous, l'un ne va pas sans l'autre.
Je laisse donc Dieu dans son paradis avec Laura Ingalls et Lucifer dans son enfer avec Nelly Oleson, pendant ce temps j'irai voir les nuages spectaculaires dans la campagne alanguie et je dégusterai un chocolat étendue sur mon sofa.
Quant à mon ami Alain Rey, j'espère qu'un luciférien ne lui chatouille pas les pieds dans sa nouvelle demeure d'éternité. R.I.P
Atmosphère
La couleur du temps qui s'enfuit
Visages croisés
Morceaux de vie
Crépuscules lenticulaires
Quand le ciel aquarelle bleuit
Un changement d'atmosphère
S'ensuit
La saveur du temps qui s'étiole
Visages vaporeux
Souvenirs au vitriol
Front nuageux
Quand le ciel pastel devient bleu
Une perturbation atmosphérique
Se peut
La senteur du temps qui s'oublie
Visages troublés
Ambiance extatique
Totale nébulosité
Quand le ciel orageux blanchit
La pression atmosphérique
Se densifie
La couleur du temps qui s'enfuit
Crépuscule lenticulaire
Un changement d'atmosphère
Espère
L'aile ou la cuisse ?
Balade pour se promener ne prend qu'un L. Pas besoin de deux L pour marcher, deux pieds touchant le sol suffisent.
En revanche, deux L pour la ballade poétique et sa musique. Il faut bien deux L pour s'élever dans les airs. Pourtant la ballade répond à des règles de versification très strictes, pourquoi donc ? Là pour que ça marche, il faut plus de deux pieds. Huit ou dix par vers en trois strophes, huit ou dix vers par strophes, plus un envoi à la fin qui en contient la moitié.
Je résume:
- 3 strophes
- 8 vers de 8 syllabes
-1 envoi de 4 vers de 8 syllabes
C'est clair ?
Mais qui en a quelque chose à faire ?
On passe tellement de temps à faire des choses qui ne servent à rien, alors un peu plus, un peu moins, quelle importance !
Ce blog en est un exemple.
Et moi, je préfère les vers libres et les pieds pour aller marcher dans la campagne givrée.
Et avec un ou deux L, je parviens à m'élever au-dessus du sol... la si do. Là avec des si, je pourrais mettre Paris en bouteille, mais peut-être serait-il plus sage d'aller faire do do
A l'aise
J'ai mis le mot alèse sur un matelas, ce n'est pas un mot très joli pour de la poésie
Il faut bien changer ses draps mais ce n'est pas un très beau thème pour un poème
J'ai ouvert la fenêtre pour renouveler l'air
Ce n'est pas Baudelaire qui aurait écrit ces vers
Ni Aragon qui aurait parlé chiffons
Pourquoi toujours chercher des rimes ?
Vouloir toujours voler plus haut ?
Serait-ce un paradigme
Un idéal pour approcher Victor Hugo ?
Pourtant Prévert me demande si je me rappelle que les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Bien sûr que je me rappelle puisque j'ai passé le balai
Pardonnez-moi poètes
Maintenant j'enfile une nuisette, je me glisse sous la couette
Je ne suis pas farouche
Comme on fait son lit on se couche !
Tôt ou tard
Il est trop tard pour se lever tôt, me disait un ami tantôt. Il n'en fallait pas plus à mon cerveau pour partir à vau-l'eau, sortir du lit du ruisseau et divaguer dans la campagne givrée.
Trop tôt pour être en retard sur le temps imparti. Pas trop tard pour se délecter de la tonalité de chaque jour. Douce mélodie, musique de chambre, symphonie, opéra, blues parfois, requiem quoi qu'il en soit.
Laisser s'envoler les canards, les fausses notes, les faux-bourdons (à ne pas confondre avec le mari de l'abeille) ( quand l'abeille se marie, part-elle en lune de miel?).
Faire fi des faux espoirs, des faux-semblants, des faux-amis, des faux-fuyants, des faux monnayeurs de billets doux. Pardonner les faux pas, puisqu'un jour ou l'autre sonnera le glas.
En attendant, tant que le vin se laisse boire, tant que la musique se laisse écouter, il ne sera jamais trop tôt pour batifoler au fil de l'eau, danser sur les toits, avec toi.
Météo
Du blanc du gris
En mode dégradé
Le ciel s'ennuie
Les longs silences
Lancinants
Le temps en suspens
Du gris du bleu
En pire en mieux
Le ciel pleut
Les longues absences
Esseulement
Le temps s'étend
Du bleu du gris
En harmonie
Le ciel s'éclaircit
Les longs soupirs
Reminiscences
Le temps s'étire
Du gris du blanc
En mouvement
Le ciel s'éprend
Les longues attentes
Essentielles
Le temps s'arc-en-cielle
Du blanc du bleu
En mode avion
Le ciel s'émeut
L'allumeur de réverbère
L'allumeur de réverbère
Sur un fil de lumière
Embrase les zones d'ombre
Quand s'installe la pénombre
En équilibre au-dessus du crépuscule
Magicien noctambule
Le petit homme illumine le décor
Explosion multicolore
D'une étincelle jaillissent
Mille petits feux d'artifice
Sur une toile de Marie
Le spectacle revient à la vie
Les artistes sont en berne
Le silence envahit les scènes
Et du fond de la nuit, un cri
De grâce, rallumez les lanternes!
Allitérations
Attendre
Espérer
Attendre
La dernière minute
Attendre
D'atteindre son but
Tendre vers l'absolue clarté
S'étendre dans sa nudité
Étreindre de grands projets
Éteindre ses regrets
S'astreindre à la lumière
Attendre
Le cœur serré
Cerner les zones d'ombre
S'extirper des décombres
Exhiber ses espoirs
Escompter un regard
Garder la flamme intacte
Farder ses yeux de noir
Attendre le deuxième acte
Applaudir le spectacle
Attendre
Espérer
Atteindre le miracle
S'étendre dévasté
Dans de vastes champs de blé
Étreindre dans l'herbe tendre
Ses plus beaux souvenirs
Restreindre ses regrets
Soupirer et sourire
Saupoudrer de givre
Les stigmates du passé
Et attendre
Et vivre
Et espérer
Jusqu'à la dernière minute
Et atteindre son but
Procrastination
Les lendemains chanteront-ils et seront-ils préférables aux jours longs et lourds des misères humaines ?
Tant d'horreurs quotidiennes indicibles, des vies détruites à peine commencées, des pansements sur des âmes sanguinolentes, des larmes recueillies, des fractures ouvertes.
Comment réparer l'enfance assassinée ? Du plomb dans l'aile, comment prendre son envol ?
Questionnement que je serais tentée de remettre à demain, par ricochet, le plomb m'empêche parfois de décoller.
Heureusement la poésie, pour croire encore un peu en l'humanité.
Quatre ou cinq verres de Prévert pour sentir l'ivresse des rimes
Deux yeux d'Elsa une rose un réséda trois strophes d'Aragon
Un comte de Lautréamont
Un trompettiste à Saint-Germain un Jean Richepin
Dix-huit fourmis de Desnos
Un hareng-saur de Charles Cros
Et douze pieds de Totor parce que Booz s'endort