Articles de barbaraburgos
Désormais
Désormais
Lui et moi c'est fini
Il m'écrit des mots sans queue ni tête
Est-il devenu analphabète ?
Je ne sais plus comment faire
Ce n'était pas une affaire
Pourra-t-on réparer
Tous ces boutons cassés
Toutes les lettres obsolètes
Ne me reste plus qu'un téléphone intelligent
Pour tenter patiemment
De tenir mes résolutions
Écrire mon billet
Le huitième de janvier
Sans remettre en question
Ce défi ambitieux
N'ai-je pas eu les yeux
Plus gros que le ventre
Que diantre !
Jadis
Des verres qui s'entrechoquent
Des mains levées
Les regards s'illuminent
Des mains serrées
Des chansons folkloriques
A l'unisson
C'était jadis
C'était naguère
C'est maintenant
Des mains
Des verres
Des mouvements
Un peu de chaleur
Des frôlements
Un peu d'espoir
Près du comptoir
Auparavant
Le vent se lève, une information dans un bulletin météorologique
Le vent se lève, une conversation avec un inconnu
Le vent se lève, une constatation en regardant les nues
Le vent se lève, une citation quelque peu poétique
Un vers marin, du gris un matin
L'après-midi, une éclaircie
Un vers libre
Le vent se lève !...Il faut tenter de vivre !*
*Paul Valéry Le cimetière marin
Malgré tout
Ce que j'écris
Ce que tu lis
Ce qu'elle confond
Ce que nous croyons
Ce que vous imaginez
Ce qu'ils souhaitaient
Une conjugaison du mot et de l'idée
Le signifiant
Le signifié
Polysémie
Différence des sens et des sons
Selon les horizons
Accent grave
Accent pointu
Un petit signe
Tout ténu
Un point à la ligne
Ou peut-être plus
Toutefois
Une pomme cirée
Sur l'étal d'un supermarché
Une pomme létale
Croquée par Blanche Catherine
Comme dans cette histoire enfantine
Transformée pour me distraire
Où l’héroïne était infirmière
Elle parvenait à démasquer la sorcière
Mais tombait dans le coma pour cent ans
Avant que ne la réanime
Un médecin compétent
Et puis le petit ciré rouge
S'en allait au bord de la mer
Porter une galette à sa grand-mère
Elle rencontre un loup aux abois
Ou bien était-ce une baudroie
De nos jours quoi qu'il en soit
Nul besoin de subterfuges
Pour endormir les jeunes oies
L'agriculture s'est substituée
Aux vieilles sorcières des contes de fée
Nonobstant
S'endormir en salle de réveil
Pas banal
Se réveiller en plein sommeil
Paradoxal
Vivre sa vie rêvée
Éveillée
S'endormir sur ses lauriers
Imprudence
Se réveiller dix ans après
Conséquences
Vivre sa vie sans plus rater
Les correspondances
S'endormir sur ses deux oreillers
Bien moelleux
Se réveiller encore couché
Bienheureux
Vivre sa vie en la conjuguant
Au présent
Cependant
Combien de poissons dans les rivières ?
Combien d'absents au réveillon d'hier ?
Sous les lumières
Les souvenirs troublants
Tentent de remonter le temps
Admettre ce qui n'a pas été
Toutes ces saisons gâchées
Toutes ces longues années
Sourire des facétieux hasards
Sous les lumières
De l'eau dans les regards
Combien de poissons sur la table d'hier ?
Combien de ponts sur toutes les rivières ?
Elles couleront
Demain tout comme hier
Elles déborderont
Si le ciel est trop plein
Elles s’assécheront
Si le soleil de plomb
Et passeront
Les oiseaux les poissons
Dans les rivières
Dans le ciel
C'est selon
Si les hasards
Se rencontrent sur un pont
Combien de longues années ?
Combien de belles saisons ?
Néanmoins
Mieux que rien, est-ce suffisant pour commencer une année, recommencer un billet ?
Mieux que rien c'est déjà mieux que moins que rien. Juste en dessous du néant, est-ce un trou ?
Le moins que rien serait le trou du gruyère (qui n'en est pas vraiment, c'est son cousin pas germain qui en a, pas sa cousine puisque s'il en a c'est pas ma tante). Le mieux que rien, la matière autour du trou du gruyère (qui n'en est toujours pas, pas plus que ma tante). Cela dit on peut aller chez ma tante porter au clou le mieux que rien que l'on possède en cas de nécessité. Puis revenir dans le Jura pour conter la suite de cette histoire à trou ou aller à Calais voir si les ouvrages ajourés valent mieux ou moins que rien.Ce pourrait être un récit sans fin, c'est pourtant très fin la dentelle de Calais. Et la mémoire aussi est à trou, elle peut tout oublier, elle peut aussi se rappeler qu'il pleuvait sans cesse sur Brest, ce jour-là. La mer effaçait sur le sable les pas des amants désunis (sorry) et la pluie aussi effaçait les pas de ceux qui étaient amants et de ceux qui ne l'étaient pas. De ceux qui s'aimaient avant, de ceux qui s'aimaient après. Ceux qui s'aimaient pendant n'étaient pas sur le sable, ils s'aimaient un peu plus loin, derrière des paravents.
Mieux que rien est-ce pire que trop. Mieux que trop c'est indécent. Pire que rien c'est insultant.
Je ne l'ai pas multiplié par trois, d'autre l'a très bien fait longtemps avant moi.
La question à se poser en ce premier jour de l'année: rien ne serait-il pas mieux que cette succession de mots sans queue ni tête ?
Mieux que 2022 pour une rime avec voeux
Florent
Le dimanche en deuxième ligne
Et le lundi à la vigne
Il sait bien
Cet aragonais de souche
Que comme on fait son lit on se couche
Au dessus de la mêlée
Dans le village
Qui l'a vu naître
Il cultive le cœur léger
Les meilleurs cépages
D'une main de maître
Il a su transformer l'essai
De quelques grains
Faire du vin
Et s'il se nomme "l'Immature"
Ce n'est pas par manque d'ensoleillement
C'est qu'au milieu de cette belle nature
Florent
A su garder
Son âme d'enfant