Articles de barbaraburgos
Motus
Les mots chantent
Leur propre mélodie
Une douce musique
Un rythme
Une cadence
Un écho
Résonance
Puis certains jours
Ils se taisent
Le silence
Teinté de blanc
Teinté de ciel
Teinté d'errance
Certains jours
Tourbillon
Cacophonie
Dissonance
Les mots chantent
Ou se taisent
A leur aise
Quelque part
Ailleurs c'est plus loin
Ailleurs c'est ici en cet instant précis
L'ici des jours quotidiens est plus loin
Donc ailleurs
Ailleurs et ici c'est alors parfois au même endroit
Si on y réfléchit
Ailleurs c'est plus gris qu'ici
En cet instant précis
Tandis que certains ailleurs promettent des ciels radieux
Ici il pleut
Ailleurs et ici ce n'est pas toujours au bon endroit
Tout dépend des fois
Gare au retard
Pourquoi les trains ne sont pas à l'heure ?
Que faire de ce temps si lent quand on attend
Les aléas sur les quais de gare
Lire un roman
Regarder les gens
Les arrivées, les départs
Les retrouvailles, les au-revoir
Reconnaître des visages perdus de vue
Depuis longtemps
Un ciel figé
Très peu de vent
Attendre et écrire l'attente
Immobilité et mouvement
Sablier
Le temps
Plus lent
Avant
Vite vite
Maintenant
L'aube claire
Puis le soir
Un autre matin
Point déjà
Le temps
Plus lent
Enfant
Proportion
Du nombre des ans
Longues longues
Journées
Les heures
D'été
Le temps
Plus lent
Avant
Écorchures
J'ai connu un petit bonhomme
A l'œil vif et révolté
Il posait sur le monde un regard dubitatif
N'en comprenant pas tous les codes
Il exprimait sa colère à coup de poing sur les murs
J'ai recueilli toute sa peine
Sa fureur et ses murmures
Ses mains écorchées ont appris à tenir des crayons et des pinceaux
Au fil des semaines, des liens se sont tissés
Sa tempête intérieure s'est diluée sur des toiles et du papier
Les couleurs apaisaient sa souffrance
Petit bonhomme devenu grand
Nos chemins ont bifurqué
Je pense à toi souvent
Qu'es-tu devenu à présent ?
Je garde ce beau dessin dédicacé
Tes mots écrits avec cette main écorchée
Auster Ité
Marcher dans le parc
Écrire que l'on a marché dans le parc
Une idée de la poésie
Une théorie selon Paul Auster
L'écriture pour figer l'instant
Savourer le présent
Marcher dans le parc
Écrire le baguenaudage dans les idées
La poésie à travers les allées
Une ville qui jamais ne dort
L'écriture d'un auteur new-yorkais
Brooklyn Boogie pour décor
Écrire dans le parc
Marcher en écrivant autour du lac
La poésie batifole
Au milieu des blocs de béton
Un grand auteur s'envole
Dans le ciel de Big Apple
Audiodescription
Il suffit d'écouter
Tendre l'oreille
Les bruits du monde
Paroles de gens
Murmures
Hurlements
Craquement des branches
Sous les pas
Il suffit d'écouter
Le vert des feuilles
La couleur du ciel
Chanson du vent
Entrechocs des cailloux
Plic ploc des gouttes de pluie
Les herbes hautes
Le langage des fleurs
Il suffit d'écouter
Les silences
Dans le lointain
Ou ceux tout près
Lourds ou légers
Tendre l'oreille
Les bruits du monde
Et les cœurs qui battent
Desiderata
Le désir libère
Résonne
Sans la raison
Emprisonne
Le désir sidère
Abandon
Sans la passion
Monotonie
Le désir mystère
Exaltation
Sans la folie
Ennui
Elle
Elle dit
Elle dit quoi ?
Elle dit les mots sans langue de bois
Elle dit les gens sont trop ceci ou trop cela
Elle dit la vie est une succession de péripéties
Elle dit on ne peut compter que sur soi-même
Elle dit rien ne vaut la peine quoi qu'il en soit
Elle dit
Elle dit quoi ?
Elle dit les mots du dictionnaire
Elle dit avec trop de vocabulaire
Elle dit l'existence précède l'essence
Elle dit chacun est maître de sa conscience
Elle dit quelle importance au fond tout ça
Elle dit
Elle dit quoi ?
Elle dit des mots sans artifice
Elle dit si c'est trop peu on est déçu
Elle dit la vie ne permet pas la moindre esquisse
Elle dit ce qui est passé ne sera plus
Elle dit tout redeviendra poussière quoi qu'il en soit
Ventôse
C'était un jour de grand vent
C'était au printemps
C'était cette petite chose
Dans l'air du temps
Un grain de poussière dans l'œil
Un caillou dans la chaussure
C'était un jour comme un autre
C'était au mois d'avril
C'était une pluie cinglante
Une sorte de grésil
Froide et menaçante
L'imminence d'un péril
C'était un jour de grand vent
D'un printemps semblable à l'hiver
C'était un avant-hier
Cet imperceptible grain de poussière
C'était un au-revoir
Sans l'ombre d'un espoir