Articles de barbaraburgos
Rhapsodie in blue
Il fait toujours bleu
Un peu plus loin
Partir à pied
Prendre un train
Changer d'angle de vue
Si la roue tourne carré
S'offrir un autre aperçu
S'élever au-dessus du plancher
Il fait toujours bleu
Quelque part
Partir seul ou à deux
Prendre un nouveau départ
Les perspectives depuis les sommets
Sont plus spectaculaires
Fermer les yeux
Et s'endormir heureux en haut d'un belvédère
Salade nîmoise
Madame Nîmes
S'anime de pensées intimes
Elle traîne sa bonhomie
Du côté des Arènes
Doit rejoindre ses amis
Aux Jardins de la Fontaine
Mais décide de flâner
Sur la Place du Marché
Salue le crocodile et son palmier
En temps déconfiné
Elle se serait assise en terrasse
Pour déguster une glace
Madame Nîmes
Aime les plaisirs infimes
Elle continue la balade
Emprunte la rue Fresque
S'attarde sur les façades
Apprécie le pittoresque
Arrivée à la Maison Carrée
Elle traverse l'allée
Ne voudrait pas être en retard
Elle reviendra plus tard visiter le Carré d'Art
Et se dirige à pas de loup
Vers le lieu de rendez-vous
Madame Nîmes
Affiche une mine badine
Le soleil l'éblouit
Sourit à ce dimanche et sa belle éclaircie
Photos au Temple de Diane
Grimper à la Tour Magne
Superbe panorama depuis le belvédère
Malgré les gestes barrière
Profiter de l'instant et renoncer au pire
La ville en perspective s'étire
Il est temps de prendre un verre
Et en toute sérénité trinquer à l'avenir
L'insoutenable légèreté...
- Je trouve que tes billets, certains jours c'est léger...
- Que veux-tu , ce n'est pas tous les jours facile de se renouveler, d'être visiter par la fée inspiration, d'avoir des idées de génie.
- Mais pourquoi écrire si c'est pour ne rien dire ?
- Pourquoi quelque chose plutôt que rien ?
- C'est tout à fait ça!
- Parce que c'est d'abord un contrat avec moi-même. Puis après avoir résolu le sens ou le non-sens de l'existence, il faut bien trouver ce qui la rendra supportable au quotidien, rester à flot, tenir la barre, malgré les inondations, les tempêtes, les coups de grisou.
- Se donner des contraintes pour mieux apprécier sa liberté ?
- Oui en quelque sorte. Si tout est trop léger, si rien n'a d'importance, quel intérêt ? Milan Kundera l'explique bien mieux que moi.
- Oui, ça je l'avais déjà remarqué chez toi et exprimé je crois, beaucoup de mots peu d'idées.
- Tu es conscient que ce que tu dis de moi s'applique aussi à toi puisque tu n'es qu'une partie de moi-même.
- J'en suis conscient mais ça ne fait pas avancer le débat. Tu commences une explication puis tu cites un nom célèbre, une pirouette, deux entre-chats et par ici la sortie. Je reste sur ma faim moi.
- Je sais, je manque de rigueur dans l'élaboration de ma pensée. Un nombre de neurones insuffisant pour aller plus loin dans mes ambitions. " Je voudrais bien mais je peux point".
- Ah oui, je vois les références. Et je suppose que tu vas tout remettre à demain en prétextant que quelqu'un t'attend.
- Comment t'as deviné ?
U privatif
Utopie vient du grec -u-, signifiant non et de -topos, lieu. Un non lieu donc.
Uchronie, même préfixe et chronos, temps. Un non temps.
Deux concepts qui en se définissant s'annihilent eux-mêmes tout en prouvant qu'ils existent en tant que mots.
Dystopie, une distorsion de la réalité ?
Robert en donne la définition suivante: récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre.
La rousse ne peut s'empêcher d'émettre un doute raisonnable quoi que irraisonné. Pour moi le non lieu sous-entendait une notion d'idéal.
Genre "La petite maison dans la prairie" sans Nelly Oleson (la méchante pour ceux qui ne connaissent pas leurs classiques).
Par là même, dans l'uchronie, Laura Ingalls likerait tous ses amis sur les réseaux, tandis que se cacherait une "hater" derrière Nelly la peste.
Dans une dystopie, elle aurait entièrement pris le pouvoir en soumettant tous les habitants de Walnut Grove à son bon vouloir.
Vous avez compris ? Sinon tant pis, mes yeux n'ont pas assez vu leur lit et commencent à papillonner en mode code-phare pendant que la grande aiguille avance inexorablement vers l'heure des courges. J'y cours-je de ce pas, en petites foulées gracieuses.
De mal en pis !
J'attendais mieux mais il n'est pas venu
Alors je n'ai plus attendu
Comme je m'étais déjà rendue à l'évidence
Je n'y suis pas revenue
J'avais pris mon mal en patience
Auparavant
Alors je me suis mise à nu
Derrière un paravent
Sans pour autant tomber dans le panneau
Il était trop tard pour se coucher tôt
J'attendais mieux et je l'ai rencontré
L'ennemi du bien
Dans son aspect le plus dénudé
Il cherchait la petite bête dans un coin
Sans se prendre les pieds dans le tapis
Alors que fait-on ? Lui ai-je dit
Revenons à la source
Ralentissons la course
Savourons l'instant de cette eau pure
Puisque rien ne dure...
Lotophages
J'ai oublié mes clés, je ne sais pas où elles sont mais je sais qu'elles existent. Je me souviens encore d'elles en tant qu'objet, de leur utilité. Donc l'oubli n'est pas radical, oublier c'est encore se souvenir que quelque chose existe, a existé.
J'ai oublié beaucoup d'événements de mon passé, pourtant je ne suis ici que parce que je suis passée par là. Si j'avais choisi le chemin B au lieu du A, où serais-je aujourd'hui ?
Dans une rue de Brest à me rappeler la pluie qui tombait sans cesse ce jour là ?
Sur l'île des Lotophages à croquer les fruits de miel pour oublier mon âge ?
Peut-on voyager sans bagage et ne pas perdre la raison ? Qu'est devenu Gaston, lui qui voyageait sans ? Je ne m'en souviens pas.
Je me posais la question en tentant de me remémorer où j'avais bien pu laisser ces fichues clés puis me lançai dans une quête du Graal, une tentative désespérée pour retrouver le bout de métal. Et non, je ne composerai pas le 06 de Lacan, ni ne m'allongerai sur un divan à scruter mon inconscient.
-Inconscient toi-même, vociféra Jean-Sol.
-Un peu de retenue tout de même M. Partre, inconscient n'est pas une insulte ! Si vous alliiez vos théories plutôt que de vous tirer dans les pattes constamment, vous en sortiriez grandis (même si j'avoue que c'est pas acquis, il est tellement petit!).
-Je ne vais pas répéter ce que j'ai mille fois écrit. L'homme n'est que par ses actes et entièrement responsable de son existence, il est libre de se détacher de son passé, de choisir son présent et d'envisager son avenir.
- Oui, et la femme ? Et n'est-ce pas parfois un peu réducteur ? Il est des histoires de vie plus compliquées que d'autres. Vous dans votre microcosme d'intellectuels parisiens vous avez été épargné.
- Certes, certes. Mais pourquoi faire appel sans cesse à moi, oubliez-moi et laissez-moi reposer en paix.
- Je peux choisir de vous oublier mais je saurais quand même que vous avez existé, j'ai des livres de vous dans ma bibliothèque
- Bon moi depuis que je suis allongé dans ce carré avec Simone, j'ai renoncé à la philosophie. On s'adonne maintenant aux joies simples de l'éternité. Un petit coup de blanc et en avant Guigamp, moi je conduis, elle klaxonne.
-Hé bien, j'en apprends de bonnes ! Donc vous ne voulez pas m'aider dans ma fumeuse théorie ?
-Non et je ne crois pas à la vie après la vie. Je n'existe plus, à part dans votre tortueuse imagination.
- Ah ! La mémoire me revient, je n'ai pas perdu mes clés, je les ai simplement jetées, je ne supportais plus d'être enfermée !
-Vous m'amusez finalement, revenez quand vous voulez, nous rediscuterons de l'oubli et je vous donnerai des clés pour décrypter mes théories.
-Une clé de Jean-Sol en somme.
-Oui mais sans faire la sieste.
-Si vous devenez aussi tordu que moi dans le détournement des mots, on s'en sortira pas.
-Oh mais ça je le sais déjà que je n'en sortirai pas de là où je suis, alors un peu plus, un peu moins, tant pis!
J'ai finalement pris la clé des champs pour faire un tour dans le présent puis la clé des songes pour éclairer mes nuits, et les clés de métal, je les ai jetées au fond du puits.
De bon heur
Mer de brume matinale
Les vignes un peu bancales
Un rapace quelques souris
Dans ce temps imparti
Rayons obliques d'ultra-violets
Filtrés par les nuages
L'horizon hypothétique deviné
Dans ce naissant paysage
Une chapelle romane
Des ronces sur le chemin
Dans un pré deux ou trois ânes
Savoir aller plus loin
Effacer les goutelettes en suspens
Voir briller le disque incandescent
Dépasser l'épais brouillard
Et serein goûter l'espoir
Beau temps ?
Il fait bleu, il fait vent
Et le souffle d’Éole s'engouffre dans les blousons
Un jour sans école, les mystères de la création
Il fait bleu, il fait vent
Des mots d'enfant
Et les fleurs chinoises s'envolent plus loin vers l'horizon
Il fait bleu, de l'eau salée, des embruns, paroles sibyllines
Il fait vent, brise marine
Incompréhension de l'enfant
Face à l'incrédulité des grands
Il écarquille ses deux yeux
Il fait pourtant beau temps
Dans les allées du bon dieu
Désolée mon enfant, je crois plus au vent et au bleu
Qu’au royaume des cieux
Et du mystère de la création
J'ai résolu la question
Ah bon!
Classé X
J'ai des complexes, je suis perplexe à la lecture de mes textes. Pourtant je continue chaque jour à exfiltrer des méandres filandreux de mon expectatique cerveau, des mots, à en extraire des idées, à exploiter mes idéaux ex abrupto.
J'extrapole du nord au sud, j'exulte et s'exhalent de mon myocarde extatique des sentiments extravagants, d'exquises inclinations. J'expérimente d'indiscrètes sensations, une exégèse sans réelle explication. J'exagère dans le mystère, une attitude sibylline, préserver sa part intime ?
Ex-voto virtuel en rime, exploiter ses maux en mots pour extirper la substantifique moelle de l'existence. J'excelle dans le doute existentiel mais l'important n'est-il pas d'avoir des tourments excessifs ? Ne pas se contenter de l'approximatif. Sentir battre le palpitant, s'exalter avec candeur, exiger le meilleur même quand le monde ne tourne pas rond à l'extérieur, qu'il ne fournit pas toutes les explications.
Se laisser désaxer par les lois de l'attraction et savoir se poser sans exaspération. Carpe diem avant l'extrême onction !
N.B: certains mots ne sont pas exacts mais se sont laissés détourner pour l'exercice !
Oubliettes
Je ne voudrais pas oublier
La douceur de ta peau
La pluie sur les carreaux
En ce soir de janvier
Je ne voudrais pas oublier
Tes bras autour de moi
Le soleil qui brillait
En ce mois de juillet
Je ne voudrais pas oublier
La caresse de tes mots
Le vent dans les chéneaux
Aux petits matins de mai
Je ne voudrais pas oublier
Mais le temps abandonne
Les souvenirs secrets
Aux premiers jours d'automne
Il les range plus loin
Et poursuit son chemin
Les laisse s'effacer
Pour espérer demain