Articles de barbaraburgos

Dans 2013

Flic floc

Par Le 30/05/2013

De la pluie comme s'il en pleuvait, les gouttes s'écrasent et dégoulinent sur les vitres alanguies de gris.
Les gouttes s'égouttent des parapluies à pois, ornés parfois de fausse dentelle.
Les flaques flic-flaquent puis se transforment en boue. Le chemin s'inonde et les toits ruissellent.
Point de pluie sans escargots heureux, du moins ceux qui ne seront pas cueillis pour finir sur le gril ou en sauce catalane.
La bergère a rentré ses blancs moutons, et ron et ron petit patapon. Il pleuvra demain aussi, et sous un coin de parapluie ce sera peut-être pour quelqu'un ou quelqu'une un petit coin de paradis, parlez moi de la pluie et non pas du beau temps bougonne tonton Georges dans sa moustache.
L'herbe verte et le printemps fuit clopin-clopant une blonde avec filtre, Tristan et Iseut forcément.

Dans 2013

Carpe diem

Par Le 15/04/2013

Comme prévu, le mois de mars n'a pas passé l'hiver et nous voici déjà mi-avril avec ce fil dont il ne faut pas se découvrir. Ne pas le perdre non plus, au fil de l'eau file le temps comme un pédalo absurde, une carpe affamée happe les souvenirs surannés, les autres poissons ne parlent que je sache,alors pourquoi dit-on muet comme une carpe. Carpe diem, forcément, après il n'est plus temps.Cela veut peut-être dire une carpe chaque jour au dîner. Mes mots sont fatigués d'être sans cesse détournés, ils sont démotivés.
Une carpe nage dans la rivière, un fil lesté de plomb, au bout un hameçon. La carpe n'a pas faim, les souvenirs sont indigestes, mais quel est donc cet insecte qui la nargue sans cesse? Une mouette pas muette, pas non plus de Neuilly (cf plan du métro parisien) donne des coups de bec dans l'eau, aussi inutile que des coups d'épée dans le dos, clapotis, clapoto. La carpe craque, avale le moucheron, le fil et l'hameçon et le gentil garçon venu en pédalo faire des ronds dans l'eau. Il aurait dû rester où il était et ne pas se croire plus malin qu'un poisson muet.

Dans 2013

Ni fait ni à faire

Par Le 03/04/2013

Dans le reflet de mes chimères, j'ai vu briller un soleil noir, un bouquet de fleurs démodées, fanées par l'air d'avoir trop fait semblant, des moucherons par millier avalés par un fourmilier, et la clémence des jours de printemps, la déchéance du temps. Obsolètes les amours décrêpies, ces bouts de murs écaillés qui finissent par tomber. De la dentelle de Pont-Aven, du beurre plein les galettes, du blé plein les poches, l'homme aux semelles devant, parce qu'on n'est pas sérieux quand on a 17 ans.
Dans le reflet de mes chimères, un miroir sans tain, visage terne, yeux cernés par les années, ce qui est à faire n'est pas fait.

Dans 2013

Sans queue ni tête

Par Le 27/03/2013

LIBERTE lettres rouges sur un mur noir, Street art, Banksy se déchaîne, lettres en capitale, Paris 14 juillet 1789, prise de la Bastille, prise de la prison.
Déclaration des droits de l'homme, la femme reste dans ses retranchements. Marie-Antoinette, la tête tranchée, sur le billot, étal du boucher, une tête de veau, persil dans le nez, un pied-de-nez, jambe de bois, claudication intermittente.
Un grain de sable dans le rouage de la démocratie, Camille Desmoulins tourne en rond poussé par le vent des Vendéens, les Chouans, les Sans-Culotte, la Terreur, fourches à la main, donnez leur de la brioche.
Le buste de Danton vacille, Robespierre perd la tête.
Abolition des privilèges. Space Invanders envahit les murs noirs de Paris.
LIBERTE, un état, une notion, place de la Nation, boulevard Voltaire, siècle des Lumières, puis la nuit noire comme du poison, annihilation, nuit de cauchemar, le corps engourdi, l'esprit paralysé, tétraplégie de l'âme, un appel au secours sans écho, le chaos.

Dans 2013

Cauchemar

Par Le 11/03/2013

J'ai rencontré au détour d'un nightmare 
Le plus pervers de tous les animaux de la terre
D'apparence humaine, il erre de mer en mer
De mare en mare, de gare en gare
Ou sort de nulle part une nuit de cauchemar
Il cache sous sa peau une carapace de pierre
Son coeur ne s'émeut pas du doux chant des sirènes
Ses veines ne véhiculent ni sang ni oxygène
Ne soyez pas crédules, il ne connaît pas la peine
Ses os trempés d'acier vous paraîtront légers
Ne vous y trompez pas, ils pourraient vous briser
Dans ses grands yeux de verre
Prenez garde de ne pas vous noyer
Et si un sourire se dessinent sur ses lèvres
Courez vite, il vient vous dévorer!

Dans 2013

No man's landes

Par Le 11/03/2013

Les pins pleurent des larmes de résine
Demain, bougies
Et douleurs assassines
L'océan fuit
Sous une nuit sans lune
Pas de rayon vert
Dans cet halo amer
Et le soleil galette
Crie sa défaite
Jusques en haut des dunes
A l'heure ou l'eau et l'air
Se confondent dans la brume
Les pins pleurent
Des larmes assassines
Les bougies meurent
Et les lueurs déclinent

Dans 2013

Vélocipède

Par Le 11/02/2013

Une minute nécessaire (c'est à discuter) en hommage à Monsieur Desproges.
Je me rendis cet après-midi, chez mon dealer agréé et largement taxé par l'état, faire "provision de fumigènes", quand j'entrevis sur son comptoir de petits coupons aux couleurs vives, promettant, pour la modique somme de 2 euros et un grattage spécial, un gain 10 000 fois supérieur. Les dits billets étaient à l'effigie des signes du zodiaque. Mon paquet de cigarettes à la main et l'image d'un poumon en stade terminal de la maladie, me fit  forcément choisir le Cancer, qui soit dit en pensant est aussi le signe sous lequel je suis née. Avec toutes ces chances de mon côté, je ne pouvais que gagner, vous vous en doutez.
J'attendis cependant de rentrer chez moi, histoire aussi de faire durer le suspens. Je pris une pièce au hasard dans mon porte-monnaie, je n'avais aucune affection particulière pour elle, et décidai de m'en remettre au destin.
Je lus consciencieusement les consignes et commençai à gratter délicatement. 2 crabes équivalaient à 10 000 euros, 2 qualités identiques à 10 000 euros de plus. C'est qu'il faut savoir compter et intégrer toute la subtilité du jeu, ne devient pas 20 000 euronnaire qui veut!
Et je ne le devins pas, sinon j'aurais déjà pris un billet pour partir sous les cocotiers, je vous le donne en 1000 ou 20 000 sous le tropique du Cancer. Ceci dit, j'aime pas la mer et les cocotiers mélangés, c'est beaucoup trop cliché. D'ailleurs en parlant d'ailleurs et de clichés comme le disait si bien Monsieur Cyclopède en zigzaguant sur son vélo " Noël au scanner, Pâques au cimetière" avant de rajouter "quant au mois de mars, je crois qu'il ne passera pas l'hiver".

Dans 2012

Anatomie

Par Le 30/09/2012

Le coeur a deux ventricules, le cerveau deux hémisphères, entre tout ça le sang circule, véhicule sang, oxygène, nutriments et sentiments. Pourtant personne ne peut expliquer le mystère de tout ce qui ce cache dans chaque recoin, les émotions qui se terrent au creux de toutes ces circonvolutions. Le coeur bat et le cerveau raisonne, parfois de concert, souvent de façon autonome. De ces quelques atomes, naissent les rires et les pleurs, les chansons d'été, les sanglots longs de l'automne, tous les espoirs, toutes les peurs.
Le coeur peut continuer à taper lorsque l'encéphalogramme est plat, le contraire ne se peut pas.

Dans 2012

Conjugaison

Par Le 29/09/2012

Quand le verbe être a vécu, il fut. Quand le verbe avoir a mouru, il eut. Quand il pleut, il a plu, les flaques d'eau clapotent, les nuages gris sanglotent. Quand le chêne n'est plus, il fût.Tonneau des Danaïdes percé par l'acidité de la peine, le bois putride s'est fendu, les vapeurs d'Alcools d'Apollinaire se répandent sur les bords de la Seine, au loin sonne le glas de ses amours perdus. Marie Laurencin peint et le verbe être fut.

Dans 2012

Automnalité

Par Le 28/09/2012

Quelques gouttes de pluie dans la Chloeserie, Chloé sur sa balançoire se raconte des histoires. Une balançoire en bois, à l'abri des feuilles d'un chêne séculaire. Il a vu grandir Chloé, ses premiers pas, ses premières peines, ses premières joies, ses premiers poèmes, ses premiers émois. Il a connu les sècheresse des étés torrides, les gelées des hivers rudes et solitaire, il a résisté aux coups de foudre, aux tempêtes. Toujours debout, quel que soit le climat, mais il sait qu'un jour son heure viendra.
Chloé est son soleil d'automne, il a fait pousser cette branche solide pour qu'elle puisse y suspendre sa balançoire. Il aime la voir s'envoler, rire aux éclats. Il voudrait parfois la prendre dans ses bras quand il aperçoit ses yeux gonflés de larmes, elle se blottit alors contre lui. Il fait battre plus fort la sève dans ses artères pour lui transmettre un peu de sa force légendaire. Elle repart apaisée souvent en sautillant.
Le reste de la journée, il batifole avec les pommes sauvages du pommier d'à côté, ils papotent, finiront-elles en tarte ou en compote?

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