Articles de barbaraburgos

Dans 2011

Mea culpa

Par Le 12/07/2011

Heureusement que Charlotte n’a pas Internet sur son lieu de vacances, sinon j’aurais eu droit à un zéro pointé pour les fautes d’orthographe du billet précédent. J’ai été horrifiée à la relecture, une énormité plus quelques autres fautes de frappe s’étaient invitées dans mon texte. Un effet de la chaleur sans doute, ramollissant mes cellules grises plus qu’à l’accoutumée.
Bon et alors à Avignon, y’avait quoi ? Y avait le pont, les fortifications, les fantômes des papes dans leur palais, la chaleur écrasante... et puis... et puis l’orage gronde au loin... je vais essayer de sauver ce qui reste de mon disque dur (enfin celui de mon ordinateur), que son état ne soit pas aggravé par un coup de foudre

Dans 2011

Sur le pont d’Avignon

Par Le 10/07/2011

Malgré mon absence durant 3 jours, vous venez toujours faire un tour dans mon petit jardin, je suis très touchée. Continuez, même si je vous fais faux bond de temps en temps, mes mots aiment le monde, la compagnie, seuls, ils s’ennuient. Plus tard, je vous raconterai mon week-end à Avignon(car on dit bien à Avignon, en Avignon étant toléré mais incorrect, googlelisez si vous ne me croyez pas), cité des papes et du théâtre. Il s’agira de théâtre, la papauté ne me passionne pas. Mais là, ce que j’ai vu n’est pas encore parvenu au cortex enfin à la partie plus cortiquée de ma cervelle d’oiselle. Celle qui est sensée recevoir l’information, l’analyser, la restituer en toute objectivité. Je n’ai pas de diplôme en neurologie, c’est juste l’image que j’ai du truc mou et gélatineux qui me sert à penser. Sinon, je ressens, je ressens par tous les pores de ma peau, j’ouvre grand les yeux, libère le plus d’espace possible entre mes deux oreilles pour me laisser submerger, parfois me perdre dans ce monde illusoire ou trop réel ?

Dans 2011

Seconde minute

Par Le 07/07/2011

Les minutes nutent et le temps tend à diminuer considérablement.
Ma mémé dit que 40 ans c’est le plus bel âge de la vie. Elle a 92 ans, j’aurais donc tendance à la croire. Bon ceci dit, les jours n’étant pas à rallonge, le billet de ce soir : ultra court car les minutes nutent et le temps tend tant et si bien qu'il n'est plus l'heure. Et que se passe-t-il après la première seconde ? Et pourquoi le S se prononce G?

Dans 2011

Sauterelles

Par Le 06/07/2011

Il pourrait aussi conjuguer le verbe choir, échoir, échouer. Faire demi-tour, renoncer à ses ambitions. Ses ambitions d’homme debout, ses ambitions qui dansent autour de sa tête, indomptables papillons aux ailes grises. Il pourrait, il pourrait mais il avance.
Et son bâton de pèlerin s’enfonce sur le chemin, et ses semelles de corde s’effilochent sur le chemin, et sa gourde de cuir se vide sur le chemin, et son vertmuda reverdit sur le chemin, tout son être ne fait plus qu’un avec ce chemin. Il en est le début, il en sera la fin. Un souffle, ou plutôt un déplacement d’air le surprend dans ses pensées. Il voit apparaître un nuage mobile, une nuée de sauterelles en mouvement. Il les imagine sans vie, deviennent-elles morterelles ? Et les mouches se font-elles digérer par les vers ? Des questions tout aussi essentielles qu’indiscutables. Les sauterelles non inertes envisagent de faire ripaille de cet humain claudicant (rien n’indiquait pourtant qu’il claudiquait), mais s’éloignent en bondissant à la vue des papillons gris de l’ambition. Ils sont leurs ennemis jurés.

Dans 2011

Possibilité

Par Le 05/07/2011

Edgard marche sur un sentier de garrigue torride, cheveux au vent inexistant. Un bâton de pèlerin à la main, des sandales en corde aux pieds, une gourde en peau de chèvre au bras, un vertmuda aux jambes. Les cailloux malmènent ses semelles, fossiles séculaires, fragments de roches calcaires, aridité, rudesse de la terre. Ses yeux plissent sous le soleil, sa peau ruisselle, ses gestes se font de plus en plus lents. La tentation de l’abandon est grande. Il pourrait s’abriter à l’ombre d’un chêne liège, attendre le retour de la fraîcheur, laisser l’image d’Emmelle déambuler devant ses yeux. Il pourrait. Il pourrait aussi faire front, éprouver son vaillant courage, avancer en homme libre, pressentir les embruns de l’océan caresser son visage, fouler de ses pieds nus le sable inespéré, cueillir les fruits dans leur mer d’origine, ouvrir la coquille sacrée, déguster sa chair ferme et moelleuse, son corail velouté. Il pourrait.

Dans 2011

Zoé et les zoizeaux

Par Le 04/07/2011

Les zoizeaux zozos font du zèle à coup de marteau, jouent du djembé sur les chêneaux, gazouillent à tire d’ailes, zozotant dans le vent une nouvelle chanson. Zoé, énervée par ce réveil, promet des représailles imminentes. La chouette hulotte chez Mr Hulot, le hibou bout chez Mme Dugenou. Curieux verbe que bouillir, j’ai dû vérifier certaines terminaisons, le bout de « il bout » me semblait bizarre. Et là je suis tombée sur le verbe racabouillir, qui est apparemment un synonyme du précédent. Je racabous, tu racabous, il racabout, nous racabouillons de légumes, lui-même synonyme de racacuire. Zoé racacuisait une ratatouille puis caracolait en cabriolet sur la Promenade des Anglais. Les zoizeaux zozos la saluaient du haut des palmiers-horodattiers, une fois fini le temps prépayé, coup de fusil. Du plomb dans l’aile des zoizeaux zozos sans cervelle.
Zoé pourra dormir cette nuit.

Dans 2011

Manchedi

Par Le 03/07/2011

Ce dimanche penche inexorablement vers un lundi, déjà la fin d’après-midi. La courbe de fréquentation de ma blogosphère explose, sauf le dimanche. J’en conclus que je dois ennuyer tout le monde avec mes lamentations dominicales. Donc à partir d’aujourd’hui, je traiterai le dimanche comme un jour ordinaire, le rebaptisant dès à présent manchedi, pour ne pas faire de différences avec ses congénères.

Quel beau manchedi que nous offrit ce mois de juillet naissant. Nous pûmes goûter aux charmes chaleureux de rayons isothermes d’un soleil radieux, en même temps un petit vent nous insufflait l’air nécessaire pour ne pas succomber au ravage de la canicule. Un tintement de glaçons nous rappelait la fraîcheur éphémère d’une eau limpide et pure.
C’était plutôt un manchedi prometteur, mais en fin d’après-midi le ciel se chargea de lourds nuages gris. Alors, quand je vous le dis que ce jour là n’est pas fiable, croyez-moi

Dans 2011

Crépin's

Par Le 02/07/2011

Hier mon petit écrureuil m’a gentiment cloué le bec ! Il me rappela sans ménagement que je m’inquiétais du destin d’un pirate imaginaire. Les animaux peuvent être cruels parfois ! Pourtant je l’aurais bien vu dans ce décor, mon Crépounet de pirate de rivière. En fait, je le vois arriver au loin, il s’est lui aussi procuré une Barley, mais l’a customisé à ses propres effigies. Guidon composé d’une cuillère à soupe et d’une fourchette en inox, selle en cuivre, accélérateur en téflon et batterie de casseroles à l’arrière pour le bruit sourd et mélodieux. La vigie est constituée d’une pied de mixeur retourné, sur lequel Bertrand le Corboquet se plait à corboqueter. Les Ragon’s et les Din’s essaient d’entretenir les meilleures relations avec le pirate, car s’il s’énerve, il fait tellement de vagues que toutes les équipées tombent à l’eau.

Crépin et son corboquet s’étaient servis de l'occasion pour faire leur retour à Villégaillant, après de longs détours dans les méandres de la rivière Tutrappelles. Ils ne savaient pas encore si les habitants accepteraient leur présence, mais ils ressentaient tous deux un besoin vital de fouler à nouveau le sol natal. Bertrand en profita pour poser une question qui le tarabustait depuis des années.

-Crépounet tu m’avais promis que quand je serais grand tu me révèlerais le secret de ma naissance. Je crois que j’ai l’âge maintenant, non ?

-Pas encorre, pas encorre mon poussinet, il te reste encorre des morceaux de coquilles sur la tête.

-Là je suis trop jeune mais ensuite tu me traites de vieille volaille. De toute façon, si tu ne me le dis pas, j’irai enquêter par moi-même.

-Et bien va, vieilles plumes, je ne te donne pas plus de 24 h pour revenir au bercail, ingrate volaille. Tu ne crois pas qu’on a autre chose de plus important à faire pour le moment, si on commence par faire du raffut ils ne voudront plus jamais de nous.

- Crôa croôa du raffut sur un rafiot !!! Bertrand fut pris d’un fou rire communicatif, ni les Ragon’s ni les Din’s ne purent y résister et jusqu’au confins du village, au lieu-dit du Pitchoun Robert, on entendait des éclats de rire fendre comme du bois blanc au soleil.
Crépin, la tête entre les mains, essayait de se retenir mais rien n’y faisait, comme si sa crétinerie était devenue contagieuse. En même temps il redoutait le verdict, lui qui en secret brûlait de revoir Bella...

Pendant ce temps, ML et Edgard crament sous un ciel de plomb, dans une atmosphère chauffée à blanc.

Dans 2011

Ragon's et Din's

Par Le 01/07/2011

Très intriguée par cette histoire de Ragons Din’s, je laissai tomber Emmelle au pied de son aimé et décidai d’en apprendre davantage sur ce club de barkers. Armée de jumelles, je m’approchai doucement. L’écrureuil m’épiait du haut d’un cognassier. Le spectacle valait le détour. Les Ragons Din’s s’étaient procurés, je me demande comment, des lunettes noires à leur taille, des blousons noirs en simili cuir, et s'étaient coiffés de bandanas ou de bonnets.

-Tu te demandes comment ils ont eu tout ça ! Murmura Mr Panache

- J’avoue que je suis curieuse de le savoir.

-La déchetterie ! Tu n’imagines pas ce que les gens peuvent jeter. Ils ont trouvé un stock tout neuf de grosses peluches à moto, de là leur est venue l’idée de l’adapter à leur lieu de vie. Les peluches, à leur taille, se laissèrent dévêtir sans problème, plutôt soulagées de ne plus avoir à porter cet accoutrement et ravies d’être sorties de la poubelle. Le reste ne fut plus q’une question d’organisation. Ils commencèrent par faire le ménage dans le ruisseau. Les rats furent priés de passer une visite médicale, les porteurs de maladie furent mis en quarantaine. Ils demandèrent à la famille Corvidez de prendre en charge un service propre de pompes funèbres, la famille Reptilius devaient gérer la surpopulation mulotine (Mr et Mme Mulot, très amoureux, faisaient à eux seuls grimper de façon inquiétante le taux de natalité), les Batracciani s’occuperaient des insectes nuisibles (ex les moustigres ). L’organisation semblait des plus idéales et des plus opérationnelles, sauf qu’évidemment, il se crée toujours des jalousies au sein d’un groupe. Quelques Ragondins dissidents décidèrent de monter un autre club et de tirer profit de tous les services rendus. Parce qu’au départ, le Din’s était un club à but non lucratif, ils acceptaient quelques cadeaux, mais ne se laissaient pas acheter.
Le 2e groupe se baptisa les Ragon’s attribuant au 1er la deuxième partie du nom, donc les Din’s. Depuis c’est la guerre, et les familles Corvidez et Reptilius, (perso, je les ai jamais trouvés bien nets) jouent tantôt le jeu de l’un ou de l’autre club, selon leurs propres intérêts.

-Ouah ! Si j’avais su qu’il se passait tout ça dans mon jardin ! J’en reviens pas ! Et vous, la famille Panache dans tout ça.

- Nous, on fournit des munitions au Din’s, noisettes, fruits, cailloux, frondes en bois de noisetier, en échange ils nous protègent des pies et des corneilles affamées. Les Corvidez honnêtes ne doivent éliminer que les corps sans vie.

-Mais comment ils font pour vous protéger si une pie vous attaque en haut d’un arbre ?

-Ils se sont assurés les services du Seigneur Héron, le marquis du Peuplier, de son nid hyper-haut perché, il surveille ce petit monde et intervient à la moindre anicroche. Et crois-moi, les autres ne font pas les fiers.

- Et Crépin qu’est-ce qu’il devient, vous le voyez parfois ?

- Si tu te souviens bien, Crépin est tout droit issu de ton imagination, c’est à toi de nous donner des nouvelles !

-Je vois qe mon petit écrureuil n'est pas sans cervelle!

Dans Juin 2011

L'écrureuil

Par Le 30/06/2011

Ce matin, j’ai eu envie de venir travailler mon jardin, deux trois rangées de rime, une ligne de prose, des mots verts et roses. L’écrureuil m’a regardée, tiens une faute de frappe s’est glissée, mais c’était finalement bien un écrureuil, vu sa couleur :
- Tu es bien matinale, est-ce un jour spécial ?
- Non, rien de particulier, une envie de rimer, de prendre un peu de cet air frais du jardin. Et toi, ça va, la forme ?
- Ouais, ça peut aller. J’ai sympathisé avec le chat bobo qui vient quelques fois, il est devenu complètement végétarien, ce qui fait qu’il ne nous court plus après à Mister Rabbit et moi. (Le lapin s’est découvert des origines britanniques, depuis il ne parle plus qu’anglais et exige qu’on lui donne du Mister Rabbit, je le soupçonne de devenir snob). Ce qui fait que maintenant on joue à plein de trucs senchationnels !
- Et avec la pie, comment ça se passe ?
- Toujours aussi coriace, il faut sans arrêt se méfier, en plus elle s’est acoquinée avec toutes les corneilles du quartier, quand elles sont par là, pas question de bayer ni de bâiller, faut déguerpir fissa ! Mais le chat nous a promis son aide contre une cargaison de noisettes décortiquées et un chargement de carottes râpées.
- C’est bien si vous pouvez vous entraider.
- Ouais (il ne dit jamais oui), au fait t’es au courant pour les ragondins du fond du jardin ?
- Non qu’est-ce qui se passe ?
- Ils ont monté un club de Barley ?
- Késako ?
- Des barques motorisées, guidon cintré, bicylindres en V, bruit des profondeurs, pas désagréable d’ailleurs. Ils ont juré de faire respecter les lois naturelles sur le territoire. Que chacun puisse bouffer sa proie mais sans exagérer, sans perturber l’écosystème. Par exemple, on a eu une attaque de moustiques tigres, les Ragons Din’s (c’est le nom du club et de ses membres) ont organisé des tours de garde de crapauds pour éliminer un max d’insectes.
- Pas mal !
- Bon et toi, tes mots, ils poussent bien ?
- Ca dépend des jours. Soit ils s’épanouissent à la lueur d’une étincelle, soit ils se recroquevillent, s’enfouissent six pieds sous terre pour se taire. Alors là, faut creuser, creuser, creuser des jours et des nuits durant, sans être sûr du résultat. Parfois je les retrouve, parfois pas.
- Si tu ne les retrouves pas, ton jardin devient le désert du Sahara.
- C’est un peu ça, mais parle moi encore de ces Ragons Din’s
- Euh, là je dois y aller, la prochaine fois
- Ca marche, à bientôt !

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