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Blog

Un blog pour mes "déblogages" cérébraux. La vision de  mon petit globe quotidien, le monde dans lequel j'évolue, fait des faits de saison (divers, d'été, etc...), agrémenté d'un soupçon de poésie, d'une note de dérision et d'un grain de non sens.
Pas de grandes théories philosophiques, d'analyses socio-politiques, d'hypothétiques avis intellectuels.
Juste les petits riens du temps qui passe, ce temps imparti dans un espace défini.
Vos avis m'intéressent, laissez-moi vos commentaires, ce qui vous fait fondre, vous fait vous morfondre, venez "débloguez" avec moi...à tout de suite...

 

P.S: dans le menu vertical vous retrouverez les derniers billets du blog, ainsi que tous les autres dans la rubrique blog du menu horizontal

Gastronomie !

Par Le 15/10/2021

J'ai trempé un croissant de lune
Dans un nuage de lait
Joué avec les anneaux de Saturne
Puis je me suis éclipsée
J'ai dégusté un éclair
Léger goût de paradis
A travers un trou de ver
Voyage dans la galaxie
J'ai connu des heures divines
Des restaurants étoilés
A se pourlécher les babines
Juste sous la Voie Lactée
Mais j'ai perdu la mémoire
Des pensées trop nébuleuses
Égarement dans un trou noir
Une fin bien hasardeuse


 

Caminando

Par Le 14/10/2021

Pourquoi ne pas partir encore
Pourquoi ne pas partir plus loin
Ailleurs un autre décor
Ailleurs un autre chemin
Un mouvement de la tête
Un mouvement du corps
De la main un seul geste
Du pied un seul effort
Premier pas impulsé
Premier pas qui ignore
Vers où il faut aller
Vers où se trouve le nord
Se munir d'une boussole
Se munir d'un bâton
Avancer sur le sol
Avancer à tâton
Sentir sous le soleil
Sentir sous le vent frais
Les nuances vermeilles
Les nuances mordorées
Du temps de l'équinoxe
Du temps des heures passées
Innocents paradoxes
Innocentes envolées
Un jour au bout de la course
Un jour négligemment
Scintillera la Grande Ourse
Scintillera le moment
Alors tant qu'il est temps encore
Pourquoi ne pas partir plus loin
Voir ailleurs si le décor
Mène sur le même chemin



 

Plumes

Par Le 13/10/2021

Sept degrés Celsius
En dessous dessus
Que faut-il porter
Pour se réchauffer ?
Des dessous brodés
Des dessus ouatés ?
Un pull bleu canard
Dans l'air frais du soir
Glisser sous la couette
Des plumes douillettes
Un duvet moelleux
Regard cotonneux
Caresses du cocon
Douces sensations
Sept degrés Celsius
Sens dessous dessus
Que faut-il ôter
Pour se dévoiler ?
Dessous dentelés
Dessus molletonnés ?
Puis s'abandonner
Chaleur tempérée
Peu avant minuit
Dans le creux du lit




 

Crapotinage

Par Le 12/10/2021

Le dimanche
Page blanche
Sempiternelle litanie
Mais aujourd'hui
C'est mardi
Les crapauds en ont marre aussi
Qu'on les prenne pour les maris
Des grenouilles alanguies
On les imagine crapules
Parce que couverts de pustules
On les accuse de maléfice
Peu de vertu
Beaucoup de vices
Anomalie dans le diamant
Ils rêvent pourtant
D'apothéose
Sans se soumettre aux contes de fée
Ne désirent pas de métamorphose
Tout ce qu'ils veulent c'est être eux-mêmes
Dans la vraie vie
Ils me l'ont dit
Un petit poème
En ce mardi
Pour qu'ils pardonnent
Toutes nos offenses
Et que dans la mare
En père peinard
Ils puissent croire
A l'insouciance

D'être crapaud
Fuir l'exigence
De sembler beau



 

Marmelade

Par Le 11/10/2021

Dans les arbres rouge automne
Multitudes de petites pommes
Souffle souffle sous les robes
La fraîcheur du vent d'octobre
Dans les paniers en osier
Les captives acidulées
Attendent sans un murmure
De finir en confiture
Dans la marmite cuivrée
Bouillonne de l'eau sucrée
Plusieurs heures de cuisson
Jusqu'à totale extraction
De la pulpe de la pectine
Des mignonnes sauvagines
Une délicate gelée
Dont les reflets irisés
Me ramènent chaque fois
Sur le chemin de la Croix
Mais ce n'est pas un calvaire
De revivre ce que la terre
Nous offre en toute saison
Nostalgie ou champignons
Quand les feuilles sont caduques
Reste l'espoir des bourgeons
Ou de la mémoire le suc
Au présent seule l'impression
Que si jamais rien ne dure
Il sera toujours exquis
De plonger dans la luxure
Quitte à avoir le doigt pris
Dans le pot de confiture !





 

Recette

Par Le 10/10/2021

Pour écrire une poésie
Il faut un peu d'encre de nuit
Une pincée de sel de vie
Et des mots qui tournent en rond
Une nuée de papillons
Il faut affûter le regard
Caresser le désespoir
Ou alors tout son contraire
Tendre sa plus fine oreille

Goûter dans son grand mystère
Ce que produisent les abeilles
Et le sucré et l'amer
Au dos d'une petite cuillère
Reconnaître dans la seconde
Le murmure vacillant
Le bruit effrayant de l'onde
Les fracas de l'océan
La folle course du monde
Il faut une plume d'oiseau
Pour en faire son portrait
Le képi du commandant
A fini de saluer
L'oiseau chante dans le vent
Le cri de la liberté
Pour écrire une poésie
Il faut de la fantaisie
Une fleur bleue dans la tête
Et deux ou trois épithètes
Apprendre sa conjugaison
Puis l'oublier aussitôt
Connaître les terminaisons
Ainsi que les rimes en -o
Pour écrire une poésie
Il n'existe pas de recette
Le verbe falloir a failli
S'imposer comme un prophète
Mais rien n'est jamais acquis
Dans l'écriture d'un poème

Il veut parfois m'entraîner
Vers où je ne veux pas aller
M'insuffler des anathèmes
Quand je ne vois pas le péché
Seulement un fruit d'été
En retard au bord d'une vigne
Penserait-elle à un baiser
La poésie est coquine ?












 

Ephéméride

Par Le 09/10/2021

La nuit nuit-elle à l'ennui ?
Un soir ailleurs
Un autre ici
Fait-il meilleur
Un peu plus loin ?
Si l'aube point
En pointillé
Verra-t-on le jour se lever ?
Et quand minuit
Soudain s'approche
Une case cochée
Sans anicroche
Sur la jetée
Le phare clignote
L'eau irisée
Joue sans fausse note
Sa mélopée
Les vagues clapotent
Le jour passé
Est enterré
Une nouvelle date
Alors s'affiche
A minuit quatre
Sur la corniche
Les amants s'égarent
Un peu grisés
Par le tintamarre
Des vagues brisées




 

Bribes

Par Le 08/10/2021

-"Je lui ai dit à Laurent, tu sais Laurent...
...il faut avoir des bases ultra-solides"

-" On va prendre la rue, là
- Oh ben, t'es courageux"

-"Après on ira manger des huîtres"

-"Madame les chiens sont interdits sur la plage, c'est pourtant écrit partout !"

Puis des absences de paroles, le bruit des pas, l'imperturbable ressac, les discussions inaudibles

- " Quand tu pars loin, il faut partir 15 jours"

-" Allo, c'est moi, tu m'as appelé ? Oui j'arrive !"

-" Je mangerais bien des fruits de mer, mais bon, toi je sais que t'aimes pas ça"

Un peu plus loin dans la ville
-" Les enfants mettez-vous par deux. Brian et Killian restez dans le rang !"

Et plus tard le silence d'un soleil couchant, fugace tableau, jusqu'à quand ?
Les images en tête d'un film de Rohmer, la douceur du soir.
Oui la douceur du soir