Articles de barbaraburgos
Pour ou contre
J'aime pas le printemps
L'herbe est trop verte, trop grasse, trop haute
Les insectes apparaissent par nuées tout contents de pouvoir embêter les gens
Ce n'est pas le pire
Le pire c'est les engins motorisés qui vrombissent sur les chemins
Et les petits zincs qui font de même à basse altitude
J'en perds jusqu'à ma zen attitude
Je pourrais aussi en perdre ma bonhomie
Et semer des clous sur les sentiers
Lancer des flèches par mégarde
J'aime pas le printemps
Tout le monde est content, sourit
S'émerveille d'une heure de soleil supplémentaire
J'aime pas le soleil
Sur ma peau blême il se transforme en érythème
Et la peau blême c'est un problème
Difficile à solutionner
Pas de théorème pour l'enrayer
Quand les rayons trop fort viennent cogner
Sur le derme qui lui n'a rien demandé
J'aime pas le printemps
Trop clair trop chaud trop bruyant
J'aime encore moins l'été
L'été c'est le printemps au carré
La seule chose que j'aime en cette saison
C'est les papillons
Face caméra
Les petits gestes du quotidien
Les petits gestes anodins
Certains les subliment dans un film
D'autres les subissent de plein fouet
Mouvement d'une main en contre-plongée
Regards croisés
Instruments à cordes en fond sonore
Le drapé d'une robe au ralenti
Mouvements des mains dans l'évier
Regards embués
Linge étendu sur une corde
Tissu froissé à remettre en ordre
Détails créés face caméra
Détails ressentis au bout des doigts
L'esthétique de la fiction
La lumière crue de la réalité
A l'extérieur des salles obscures
Sublimer les petits gestes anodins
Faire de sa vie au quotidien
Du bout des doigts
Un scénario de cinéma
Du vent à Vannes
Jeanne va en van à Vannes
Ce n'est pas une vanne
C'est vrai
Elle est accompagnée
De son amie Vanina
Le prénom a été changé
Pour plus de confidentialité
Jeanne et Vanina vont donc en van à Vannes
Elles iront manger un kougn-amann
Une recette où le beurre devient pléonasme
Puis elles boiront du chouchen
Une recette où le miel adoucit les peines
C'est joli le Morbihan en cette saison
Disent-elles depuis le van sur la falaise
Le vent fouettent les visages
Elles savourent cette parenthèse
Les regards tournés vers le large
Un ciel d'hiver
Océan déchaîné
Une grande bouffée d'air
Et de particules iodées
Elles reprennent la route
Les doutes s'effacent
Sur le bas côté
Jeanne revient de Vannes en van
Son amie Vanina l'accompagne
Une histoire s'est finie
Une autre au début
Retour de vacances
La vie continue
Le temps et rien d'autre
Du temps volé
A la quotidienneté
Prendre le temps d'avoir le temps
Déguster une tasse de thé
En savourant chaque minute
La liberté de laisser le temps ainsi filer
Se prélasser
Se délecter des mots écrits
Une belle histoire
Une poésie
Du temps volé
A ce cadran
Qui tourne tourne sans perdre de temps
Tous les matins le même train-train
Pour une journée
Stopper l'aiguille
Prendre le temps d'avoir le temps
Le luxe ultime
Face à ce monde qui court tout le temps
Seconde sublime
Du temps volé
Entre parenthèses
La fantaisie
De contempler
La forme changeante d'un nuage
L'écoute attentive du silence
Prendre le temps d'avoir le temps
Une liberté
Un luxe
Une volupté
Hier ou peut être la veille
Hier c'était la sainte Rosine
L'occasion de me rappeler
Cette figure carcassonnaise
Qui arpentait les rues de la ville
Et comme le faisait Émile
Demandait à chaque passant
Une petite pièce de monnaie
En précisant néanmoins que le bon dieu la leur rendrait
Elle promenait toute la journée
Un vieux landau et sa poupée
Manteau usé
Sourire édenté
Elle faisait partie du décor
Rosine dormait-elle dehors ?
Émile rentrait bien au chaud
Puisqu'il habitait à l'asile
Des personnages de roman
Ils vivaient pourtant dans la ville
Une autre époque, un autre temps
Où tout en étant différents
Les oubliés de la société
Pouvaient se faire intégrer
Tout le monde les saluait
Une parole un sourire
Une petite pièce de monnaie
Le bon dieu jamais ne la rendit
Mais il rappela auprès de lui
Et la Rosine et l'Émile
Jamais plus on ne les revit
Arpenter les rues de la ville
Ils doivent maintenant rembourser
Tout le crédit que dieu leur a fait
Il manque quand même pas d'air celui-là
De reclamer les intérêts
A ceux qu'il a ainsi créés
Mais voilà que pendant que j'écrivais
L'heure a trop vite fait d'avancer
Et j'ai loupé la publication du billet
Du coq à l'âne
Une assemblée plénière en plein air
Une assemblée plénière hier
Une assemblée plénière en plein air hier
Je ne comprends pas trop ce mot
Je l'ai lu trop tôt
Je n'aime pas trop les assemblées
Je préfère être seule à l'ombre d'un pommier
Pourquoi un pommier
Parce que si une pomme tombe je peux la manger
Mais la dernière récolte est passée depuis belle lurette
Et la nouvelle n'a pas pas esquissé la moindre fleurette
Si, les bourgeons bourgeonnent à fond
Il y eût en tout cas, ou il y aura, lors d'une saison, l'ombre d'un pommier
Et je pourrais m'y allonger, m'y reposer, m'y alanguir
Ainsi alanguie à l'ombre d'un pommier
Je profiterais d'un courant d'air frais
En croquant le fruit de l'arbre sus-cité
Je me délecterais des enfantillages
Du jeu du soleil
Dans le vert feuillage
Printemps ou automne
Demain, aujourd'hui
Tant que l'aube éclaire
Chaque fin de nuit
Plus aucun rapport avec l'assemblée alors ?
Pas le moindre
Bon gré, mal gré
Les regrets quand ils t'assaillent
Ils te lâchent pas
Pourquoi j'ai choisi ce chemin là, ce chemin A
Alors que j'aurais préféré le chemin B
Les regrets de ne pas avoir fait le bon choix
D'avoir dit oui, d'avoir dit non
D'avoir rien dit
D'avoir abandonné
De ne pas avoir su lâcher
Quand les regrets t'assaillent
Ils te lâchent pas
Pourquoi le temps est passé si vite
Pourquoi là il s'est embourbé
Après toutes ces longues années
Il faut apprendre
A être là
A la bonne heure
Au bon endroit
Ils t'assaillent les regrets quand tu t'y attends pas
A la croisée d'un chemin
Et tu ne sais plus très bien
S'il s'agit du A, du B
Ils t'assaillent quand tu crois
Avoir fait le bon choix
Ils reviennent s'embourber
Dans ce temps si long à écouler
Alors donne-leur un coup de pied
Un coup de poing, un coup d'épée
Ou mieux observe-les
Puis aide-les à vivre leur vie
A se transformer
Les beaux regrets bien apprêtés
Se changeront d'un coup de crayon
En de possibles résolutions
Black tea
En chinois
Le thé ne se boit pas
Il se goûte
Une cérémonie ancestrale
Gong fu cha
"Prendre le temps du thé"
Les gestes sont précis
Délicats
Un voyage sensoriel
Humer, écouter, déguster
De petits bruits apaisants
Les images à l'écran
Valse lente des couleurs
Tel un tableau
Une peinture en mouvement
Rêverie esthétique
Un voyage
De l'Afrique à l'Asie
L'avenir est-il tracé
Peut-il être modifié ?
Des vies, des destins ?
Une robe de mariée
Une robe à col monté
Itinéraire hors du temps
Puisque seul compte le présent
Le partage de l'instant
Puisqu'ici ou bien ailleurs
A Abidjan, à Canton
Ou au Cap Vert
Les regards lorsqu'ils se croisent
Parlent tous
D'un rêve secret
Une nouvelle vie
Une rencontre
Des retrouvailles
En filigrane
Un fil d'Ariane
Le goût du thé
Les petits bruits
Valse lente des couleurs
Puisqu'ici ou bien ailleurs
Au présent
Intemporalité de l'instant
Plumes
Plumes colorées côté jardin
Oiseau sauvage égaré
Gallinacé très élégant
Port de tête altier
Dandinement
Dandy dandy
Le faisan
Plumes en danger côté jardin
Fauve aux aguets
Félin très affamé
Entrechats sournois
Affolement
Dandy dandy
Le faisan
Plumes colorées côté jardin
Humaine troublée
Contemplatrice très émue
Mouvements d'ailes vers les nues
Enchantement
Dandy dandy
Le faisan
Grande duduche
Un grand duc
Au grand duché du Luxembourg
Il s'appelle Luc
Est noctambule
Et déambule
Toutes les nuits
Dans les rues du bourg
La grande duchesse
Du grand duché du Luxembourg
S'appelle Charlotte
Elle a un pont et une statue
Portant son nom
Toutes les nuits
Fait les cent pas de large en long
Elle attend Luc
Son très grand duc
Du grand duché du Luxembourg
Cet oiseau de nuit
Qui déambule
Dans les rues
A la recherche d'un improbable but
La grande duchesse Charlotte
N'est pas une chouette hulotte
Elle n'aime pas
Passer ses nuits tout éveillée
Elle voudrait bien dormir un peu
Mais le grand duc
Ce n'est pas ce qu'il veut
Il préfère de loin
Marcher du soir au matin
Et parcourir toutes les allées
De son grand duché
Encore une histoire à dormir debout
Pourtant grand duc
N'est pas hibou