Articles de barbaraburgos
Valeur ajoutée
Les gens vieillissent, loin des regards, ils vieillissent sans crier gare. Pour certains un peu moins de rondeur dans le visage, un peu plus d'embonpoint dans le corsage.
Pour d'autres, un peu moins de matière capillaire, un peu plus de graisse dans les artères.
Le front moins lisse, les yeux plus cernés.
Un peu moins d'acuité audio visuelle.
Un peu plus de raideur dans les mouvements.
Un peu moins de faculté intellectuelle.
Un peu plus de souvenirs d'antan
Vieillir ne semble pas promettre de grandes espérances. Pourtant à bien y réfléchir, ce sont surtout les apparences qui sautent aux yeux dans cette déchéance. Car en dedans, il reste les mêmes espoirs, les mêmes exigences, la même fraîcheur, les mêmes palpitations du cœur. Même doté de prothèses, de pacemaker, tant que les pulsations battent la cadence, il faut savourer chaque seconde avec une grande déférence. Vieillir c'est être un peu moins jeune avec plus d'expérience
Festivités
Pendant la fête avec un accent circonflexe, on porte parfois un chapeau pointu, juste un symbole ridicule pour se rappeler l'absurdité de notre condition et l'occasion de rigoler en voyant les têtes ainsi coiffées.
On peut aussi très bien faire la fête sans cet accessoire. C'est ce que nous fîmes. Décision tacite de partager un bon moment entre gens. Gens de tous horizons, tant géographiques que socio-culturels, des jeunes, des moins jeunes, des vieux, des plus vieux.
Tous étaient là avec un objectif commun, une bonne humeur explicite.
Le vin et le champagne coulèrent à flot, il eût fallu rentrer en bateau si nous eûmes été au bord de l'eau. Comme nous ne l'étions point, même si elle n'était pas bien loin, nous rentrâmes en moyen de locomotion usuel.
La concordance des temps devient quelque peu compliquée, que ne me suis-je hasardée sur ce terrain là. Je ne sais pas plus conjuguer le passé simple en français qu'en espagnol, je devrais aller réviser mon Bescherelle.
Donc la fête fut belle aussi belle que celle qui fêtait ses cinquantes années, un petit air ambiant d'insouciance et de légèreté, insouciant comme celui qui fêtait ses vingt ans.
Oui la fête fut belle, belles comme peuvent l'être parfois des rencontres entre les gens.
Blanc seing
Billet blanc
Blanc manger
Manger sain
Saint Antoine
De Padoue
Trouve tout
Géo aussi trouve tout
Tandis que Donald
Fait le clown dans une chaîne de restauration rapide. Beurk
Je reprends
Billet blanc
Blanche fleur
Des jeunes filles
Innocence pureté
Blanc blanc blanc
Et puis bleu bleu
Le ciel de Provence
Mais cela devient du plagiat
Donc je vais arrêter là
Je vais faire la fête
Avec un accent circonflexe
À prononcer
En faisant un chapeau pointu avec ses deux mains
Calendrier de l'avant
Avant c'est maintenant.
Non, avant, c'est avant maintenant.
Non non, si je prends un exemple: avant de manger il faut se laver les mains, donc avant c'est maintenant, on se lave les mains et on mange après. Mais si on se lave les mains avant et qu'on mange après, où est donc passé maintenant ?
Maintenant je me lave les mains, après je mange, là c'est avant qui a disparu. Si maintenant je mange, après qu'est-ce que je fais ?
-Tu peux aller au cinéma mais si la séance est à 20h, qu'il est 19h30 et que tu veux manger avant, avant c'est maintenant. Et si tu veux te laver les mains avant de manger maintenant, dépêche toi sinon tu seras en retard au cinéma. Ou alors tu peux manger après, en rentrant. Si tu te laves les mains maintenant, ce sera avant de manger, que tu manges maintenant ou après. Ce qui serait regrettable c'est que si tu manges après, tes mains risquent de ne plus être propres pour passer à table.
Mieux vaudrait manger maintenant puisque c'est avant la séance car ensuite il serait trop tard pour être en avance.
De rien du tout
Un petit lopin de terre
Mystère mystère
Un petit lopin perdu
Disparu
Un petit coin tranquille
Une île une île
Un petit coin sans bruit
A l'abri
Un petit bout de jardin
Un brin un brin
Un petit bout de poésie
Un lit
En progrès
Ma mémé faisait les commissions avec un filet, elle achetait ce dont elle avait besoin au gramme près, chez l'épicier, M.Brunac, un petit bonhomme vêtu d'une blouse bleue, coiffé d'un béret noir, crayon derrière l'oreille. Il tirait une carriole avec laquelle il livrait des bouteilles de gaz assorties à sa blouse.
Je fais les courses avec un sac en coton bio recyclé, j'achète ce dont j'ai besoin au gramme près, encore plus cher que chez M.Brunac, je ne connais pas le nom de l'épicier, il n'a pas de blouse bleue ni de carriole, ni de béret et pas non plus de crayon derrière l'oreille.
Ma mémé regardait des feuilletons à la télé, précédés de réclames.
Je visionne des séries entrecoupées de pub.
Ma mémé portait des souliers, je porte des chaussures.
Ma mémé faisait ses trajets à bicyclette mécanique, moi comme je suis bobo je fais du vélo mais grâce à l'Agglo, j'ai pu l'avoir électrique. C'est fantastique le progrès.
En dessous
La maison de mon enfance
Se fissure de tous côtés
Elle penche elle penche
Elle va tomber
Le terrain de mes origines
Avec les années a glissé
Qu'en est-il de nos racines
Dans quel sol sont-elles plantées ?
La maison de mon enfance
Se fissure de part en part
Une question de malchance
Ou de hasard ?
Mosaïque
Une Sagrada Familia peinte à la main
Une photo de famille trône dans un coin
Des collages des assemblages
Faire-parts de naissance ou de mariage
Morceaux de vie
Instantanés
Ceux qui sont déjà partis
Ceux qui sont à peine nés
De-ci de-là quelques amis
De vieux clichés
Des tranches de temps précis
Capturées
Des images imprimées
Sur papier
Des souvenirs posés
En pêle-mêle sur le buffet
Una Sagrada Familia attablée
Réflexions
Quand je regarde dans la glace
Je vois encore des yeux d'enfant
Plus les outrages du temps qui passe
Et le reflet des rêves d'antan
Je voudrais quand je serai grande
Écrire deux ou trois romans
Parler couramment plusieurs langues
Parcourir tous les continents
Quand je regarde dans la glace
Je vois le sourire d'une petite fille
Plus les effets de la disgrâce
Et les espoirs qui s'éparpillent
Je voudrais quand je serai grande
Écrire des rimes dans le vent
Marcher toute seule sur la lande
Danser à deux élégamment
Quand je regarde dans la glace
Je vois des images dans ma tête
Plus les souvenirs des jours de classe
Et tous mes rêves obsolètes
Translation
A giraffe meowing
There's no such thing
There's no such thing
Never happening
A boar sweeter than an other
It can't be true
It can't be true
No one argue
An elephant dancing at the opera
So funny
So funny
I think it is good to see
Because, we, human being
We don't know
We don't know
If the giraffe in its idiom
Meows like a cat at home
If the boar finds itself
So sweet
So sweet
And if the elephant
Every night
Dreams
Becoming a ballerine
My name is not
Robert Desnos
But when we say
Meowing giraffe
Does not exist
Does not exist
I do insist
To answer this
Why not it be
Why not it be