Articles de barbaraburgos
Dix versifications
Une vie de poète ne rime à rien
C'est une cata cata strophe
Ca vous conduit tout droit en enfer
Pour une saison plusieurs hivers
Faut être un peu sonnet
Un brin philosophe ?
Pour écrire une ode à l'aube
Sans apostrophe
Une vie de poète c'est pas tout rose
Quand ça rime pas c'est de la prose
Dans le bon ordre c'est le tercet
Et le Djinn coule des vers à pied
A pied balade dans la Pléiade
Avec deux ailes une chanson
Une métaphore
François Villon
Une vie de poète
C'est récolter des mots de tête
Une cata cata strophe
Qui vous conduit tout droit
Aux cata cata combes
Dans une tombe
A se faire bouffer en vers et contre tout
Se faire bouffer par petits bouts
Une vie de poète c'est un haïku
Un bref passage un peu flou
Une catha catharsis
Qui vous conduit tout droit
Aux jardins des délices
Un paradis artificiel
Sans il sans elle
Puisque césure
Rien ne dure
Instant de grâce
Une main sur l'épaule
Sur l'épaule de l'enfant
De l'enfant qui somnole
Somnole dans l'inconscient
Un geste pour apaiser
Apaiser la colère
La colère qui gronde
Gronde comme un volcan
Un mot une parole
Une parole un regard
Un regard qui implore
Implore un peu d'égard
Tendre enfant aujourd'hui
Aujourd'hui ton étreinte
Ton étreinte m'a guérie
Guérie de ces contraintes
Qui pourrissent nos vies
Elan répréhensible
Du nouveau code civil
Tu te dis différent
A cause d'un diagnostic
Un terme scientifique
Dans la bouche des savants
Mais comme il fut magique
Magique ce moment
Cette effusion intense
Qui nous a rendu grâce
La grâce d'être humain
Ton étreinte a guéri
L'enfant le tout petit
Tout petit qui somnole
Tout au long de nos vies
Nos vies malgré les rôles
Qui nous sont impartis
Ne sont qu'une course folle
Vers ces bras grands ouverts
Ces bras qui nous consolent
De tous les longs hivers
Fièvre
Exercice d'atelier d'écriture: écrire le rayonnement de la réalité à la façon d'André du Bouchet http://supervielle.univers.free.fr/poeme_dubouchet.htm
Fièvre
Draps
Bruissement
Crispation
Je m'enroule
La peau effleure
Affleure
J'ai chaud
Humidité
Sueur
Tremblements
Une heure
De nuit
Au printemps
Le drap
Bruit
Satin
Soi
Sauvage
Fils de lin
Entremêlés
Enlacement
Extase
Un lit
Bois brut
Solitaire
Tendre
Endormi
Vaines apparences
Effluves d'ambre
Nécessaire
Contingence
Draps
Déchirures
Je m'enroule
Je m'effleure
Chaleur
Je dérive
J'âme sœur
La princesse et le petit pois
J'ai acheté des petits pois au marché, phrase constative (source: my Lady Voltaire personnelle), information essentielle pour l'évolution de l'univers. Un petit pois pour l'homme, un pois de géant pour l'humanité, en somme. Et une question me taraude, pourquoi Andersen eut l'idée d'en placer un sous vingt matelas pour débusquer la princesse idéale ?
J'aurais bien convoqué Jean-Sol pour ce problème existentiel ou Sigmund pour une analyse substantielle, mais ils m'avaient fait tous deux savoir qu'ils organisaient une fête clandestine dans une cave germanopratine. Je me retrouvai bien isolée pour répondre à mes interrogations. Je décidai de prendre l'escargot par les cornes (un inconscient avait entrepris l'ascension de ma baie vitrée) et de chercher moi-même la solution.
Ce prince, insatisfait par tous les succédanés de noblesse, voulait trouver la vraie princesse. Un avatar bovaryen ? Savait-il penser par lui-même ? Car c'est sa mère, la reine, qui eut l'idée de placer le petit pois sous le matelas. Se figurait-elle qu'il n'y aurait pas de seins plus réconfortants que les siens ? Et la princesse a-t-elle donné son consentement pour épouser ce mari niais ? Fuyait-elle une mère abusive, un père alcoolique, un prétendant insistant ? Etait-elle une punkette anachronique, révoltée contre le système ? S'est-elle écriée au matin: "oh la daronne ton plumard il est grave pérave, j'ai passé la pire nuit de ma life"
Toutes ces hypothèses me trituraient les méninges, m'empêchant de dormir la nuit.
Au petit matin, je décidai de préparer les petits grains printaniers. Je repensais au prince et à la princesse. Lui qui voulait le meilleur, elle incapable de feindre ses émotions. Fallait-il les blâmer ou les féliciter de ne pas se contenter de la médiocrité ? Ont-ils pu prétendre au bonheur à effiler d'avril les écrins vert tendre pour en récolter les billes suaves ?
Mais comme je comptais les petits pois pour les répartir équitablement dans les assiettes, je constatai (phrase constative, Lady V ?) qu'il en manquait un.
Sous le lit de qui avait-il atterri ?
La promesse de l'aube
Envie d'ailleurs, de plus tard, d'aurores boréales, rallumer les étoiles avec Apollinaire, sommes-nous en guerre ? Est-ce une fin annoncée ce fléau qui essaime et le doute et la mort ? Comment faire espérer une jeunesse en attente de promesses. Celle de l'aube, décrite dans les plus belles pages de la littérature, est éristique. Et je tique tique tique du tac au tac.
"Avec l'amour maternel, la vie vous fait, à l'aube, une promesse qu'elle ne tient jamais. Chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances." Romain Gary- La promesse de l'aube-
L'amour d'une mère aussi grand soit-il ne pourra jamais combler la soif et l'appétit de partir à la découverte de sa propre vie, de se frotter à la rugosité des cailloux sur le chemin, caresser la mousse onctueuse des sous-bois, s'offrir aux regards neufs, aux bouches voluptueuses.
Rien ni personne n'est irremplaçable. L'amour maternel doit seulement apporter la certitude que tout est possible, réalisable. Croire et croître en soi avec la force de cette maman qui croit en son enfant. L'accompagner sur le chemin vers plus loin, le guider à travers les ronces, les ornières, les groseilliers. Car la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Ce petit ruisseau que l'on imaginait couler serein éternellement en est l'illustration. Un jour les éléments se déchaînent, la terre tremble, les lits débordent, le magma entre en fusion. Pourtant la vie est là, malgré tout, malgré les catastrophes naturelles, malgré les particules lourdes, les goudrons noirs du doute qui tapissent les poumons, entravent l'oxygène. Alors sortir, respirer, trouver un nouveau souffle, une bulle d'air, imaginer Chloé dans ses ronds de savon, monter au belvédère d'un jardin séculaire, voir la ville d'en haut c'est plus spectaculaire. Les vieilles pierres toujours debout, les arbres centenaires. La beauté résiste. Cligner des yeux, les rouvrir en changeant les filtres. Ne pas laisser les mots en -eur s'immiscer sous les paupières, lourdeur, laideur, tiédeur. Le cœur de la ville palpite, il est à portée de main, aujourd'hui plus qu'hier. Le soleil au zénith, Zoël le Zoeil joue à cache-cache dans les buissons, en un battement de cils il sort de son cocon. De chrysalide il devient papillon. Magie des mots, imago. Métamorphose, anamorphose. Tromper le zoeil pour que le beau reprenne ses droits. Puisqu'il est là, puisqu'au printemps tout rené, tout reverdit, puisque les couleurs, les rayons du soleil, le bruissement du vent, la musique des fleurs, la poésie.
Et je l'affirme, à l'instar d'Eluard, la nuit n'est jamais complète, au-delà des tempêtes, des certitudes ébranlées, des idéaux à la baisse, chaque aube tient sa promesse
D'or !
Je door
Porte fermée
Paupières closes
Si loin si près
Je dream
Fenêtre rose
Vue dégagée
So far so close
I hope
Caresse d'espoir
Entrevoir ton ombre
Dans le brouillard
Je dark
Sous les décombres
Reflets du lac
Dans la pénombre
Je door
Passage ouvert
Des heures d'or
And even more mi amor
My lovely mystery
I miss you Mister
Miss terre with you
Wasted rendez-vous
Like a failure
We missed each other
Un neverland
At any time
Difficult rhyme
To lie on the sand
Too late
To regret
I miss you Mister
Miss terre with you
I leave the Earth
Dreaming about us
Above the clouds
The sun will bright
At any time
And everywhere
My lovely mystère
Moonlight
La nuit scintille
Verras-tu les mêmes étoiles
Quand ton soleil se couchera ?
Verras-tu la lune pâle
Et l'ombre chaude de mes bras ?
Le temps défile
Sera-t-il un jour facile
D'envisager un rendez-vous
Entre la lune et le soleil
Une douce éclipse sans tabou ?
La nuit brûle
Rayonnait-il trop fort le soleil
Sur la lune rousse aux mille éclats ?
Des champs de blé rouge vermeil
Précieuses étoiles rouge grenat
Le temps s'effile
Est-il trop tard ?
Recoudre de fil en aiguille
Les lambeaux d'un soleil en guenille
D'une lune noire
Accentuation
Sans ambiguïté
Je t'écris
Avec un tréma sur le i
Cette histoire vaut de l'or
Elle transcende les corps
Sans ambiguïté
Amitié
Avec accent intense sur le é
Le hasard est farceur
Il n'est jamais à l'heure
Sans ambiguïté
Frimas
Pas d'accent sur le A
Caprice du temps
Brouillard givrant
Sans ambiguïté
Rêver
Avec circonflexe
Je reste perplexe
Sur les accents complexes
Et si l'ambiguïté se révèle
Utopie
Avec point sur le i
Étreintes passionnelles
Mon ami
Sans ambiguïté
Avec trémolo dans la voix
Point sur le i tréma
Accent sur le é
D'une rare intensité
Exégèse
- Tes derniers billets sont un peu chelous, je comprends pas tout
- Je peux t'en faire une explication, mais attends, d'abord j'allume le feu, il fait un froid de gueux
- Tu sais bien qu'il ne faut pas se découvrir d'un fil, en avril
- Je sais, je ne me suis pas dévêtue, seul le fil de mes pensées est un peu décousu
- Oui j'avais remarqué, je te rappelle que je suis le premier concerné, je fais des loopings dans ton bocal, c'est un vrai dédale là-haut, un gloubi-boulga de mots. Et la langue de Molière ne te suffit pas, tu n'as pas peur de choquer en employant des mots anglais ?
- Je ne suis pas académicienne et je recueille les mots d'où qu'ils viennent. Du fin fond des Corbières, de la City, de la cité. Ils débarquent souvent en fanfare, nuées de chrysalides, puis éclosent tôt ou tard. Ils prennent parfois le contrôle sur mes idées, je me laisse entraîner dans leur vertige si bien qu'à la fin ce que j'ai écrit n'est pas forcément ce que je pense sur le moment. Par exemple à l'aube je ne fall pas down, c'était juste pour le jeu de mot avec dawn, aube en anglais. J'en ai fait un autre avec call et décolle, je reste pourtant au sol et n'attends pas forcément un phone call
- Ah , je comprends mieux maintenant. Et tu ne crains pas que le fantôme de Stendhal vienne te chatouiller les pieds ?
- Tu sais bien que je ne crois en rien, pas plus aux fantômes qu'en l'être humain. Mais s'il vient quand même je lui offrirai un thé
- Un thé noir bien sûr
- J'essaie de me sortir des clichés, de ne pas me laisser aller à la facilité, alors je le laisserai choisir. Peut-être préfèrera-t-il une chartreuse
- Et pourquoi tu le transformes en dealer ?
- Les mots, encore les mots, héroïnes, cristallisation, il ne m'en faut pas plus pour partir en divagation....
- Et le métal c'est ta nouvelle passion ? J'ai un peu peur que tu mettes le son à fond, tu sais que je vis au plafond
- Pas d'inquiétude, j'en écoute parfois en voiture, je peux faire des excès de paresse, rarement de vitesse, donc pas à fond. Le jour où je décide d'en diffuser, je te laisserai à la maison, et c'est pas à toutes les saisons (tiens il faudra que je demande à mes deux créations originales dans quelle collection on classe ce son).
As-tu d'autres questions ?
- Qui est Yorick ?
- C'est le crâne du bouffon du roi qui apparaît dans Hamlet, symbole de la nature périssable des corps, une allégorie de ce qu'a été la vie, de ce que sera la mort. Et un clin d’œil à mon amie Clémence et son génial asticot https://www.youtube.com/watch?v=KV338tZ_68o
- To be or not to be si j'ai bien compris
- En quelque sorte oui. Et profiter de la vie avant de not to be
- Deviendrais-tu sage ?
- C'est un des avantages de l'âge...
- Je te trouve pourtant siphonnée parfois
- Disons que je suis follement sage
- Je suis d'accord avec toi sur l'adage
- Quant à Louis, Elsa et les décalages horaires, s'agit -il d'Aragon et de son amour inconditionnel pour Elsa Triolet ?
- C'est bien plus encore. L'histoire d'un rêve, digne d'une œuvre littéraire, douce et violente chimère qui s'écrit dans les interlignes, une conviction intense et intime
- Merci pour tes explications, tu éclaires my twilight zone. Ton idée d'écrire en prose est tombée à l'eau ?
- Le problème c'est que je ne fais pas toujours ce que je veux avec les mots !