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Un blog pour mes "déblogages" cérébraux. La vision de  mon petit globe quotidien, le monde dans lequel j'évolue, fait des faits de saison (divers, d'été, etc...), agrémenté d'un soupçon de poésie, d'une note de dérision et d'un grain de non sens.
Pas de grandes théories philosophiques, d'analyses socio-politiques, d'hypothétiques avis intellectuels.
Juste les petits riens du temps qui passe, ce temps imparti dans un espace défini.
Vos avis m'intéressent, laissez-moi vos commentaires, ce qui vous fait fondre, vous fait vous morfondre, venez "débloguez" avec moi...à tout de suite...

 

P.S: dans le menu vertical vous retrouverez les derniers billets du blog, ainsi que tous les autres dans la rubrique blog du menu horizontal

Dans Juin 2021

Dorothée

Par Le 28/06/2021

Une Lune de profil
Suspendue à un fil
Une Lune qui pivote
Dans le ciel de mon séjour
Tandis que l'aiguille trotte
A la grande horloge des jours
Une Lune avec des yeux
Une bouche et un nez
Une Lune façonnée
Par les mains de Dorothée
Une Lune papier mâché
Aujourd'hui le regard triste
J'ai vu la Lune verser
Une larme pour l'artiste
Ceux qui osent sur les sentiers
Détourner le quotidien
En nous montrant d'un clin d’œil
La beauté sur le chemin
Une lune ou un soleil
Un souvenir dans nos mains
Rayonnent avec discrétion
Dans la chaleur des maisons
Ton sourire s'est éteint
Mais survivent tes créations
Cette Lune qui pivote
Petite lumière qui clignote
Dans le ciel de tous les jours
Et de ses lèvres pulpeuses
Elle susurre à nos oreilles
Que la vie est hasardeuse
Que ne durent pas toujours
Le beau temps ou le soleil
Mais dans nos mémoires persistent
Les empreintes de tes mains d'artiste


 

Dans Juin 2021

Etendue

Par Le 27/06/2021

La mer se lève à l'est
Et s'étang s'étang
En flânant sur pilotis
Roses flamants
Alanguis

Le vent d'est se lève aussi
Et sur l'étang étend
Son souffle sur pilotis
Un air salé
Attendri

Le soleil vers l'ouest
S'enfuit
Et dessine sur pilotis
L'empreinte de nos pas

Amis

La Lune par l'ouest
Sourit
Et diffuse sur pilotis
L'ombre humide de la nuit
Affranchie

Le petit matin bleuit
Flâner autour de l'étang
S'arrêter sur pilotis
A la faveur d'un instant
Accompli



 

Dans Juin 2021

L'un lune

Par Le 26/06/2021

Une voile
Descend

Un voile
Décent
Des mille
Et des cents
D'Emile
Indécent
Dans un ruisseau
La faute à Rousseau
Une part du gâteau
Un reste
L'autre part bientôt
Le mât du bateau
L'amas des trop
Des trop peu
Un piquet
Un pieu
Le lit
La lie
Au fond du verre
La mer
S'étend
La Lune hier
Disque géant
Un livre ouvert
Une pinte de bière
Un pub irlandais
Irish café
Un jeu de fléchettes
Une cible
Target
Un tout
Intangible
Un tatou
Tatoué
Jusqu'au cou
Un tabou
Au bar
Une victoire
Un presque rien
Une presqu'île
Il est urgent
De rester fébrile
Le rideau tombe
Sur la pénombre
Un nombre impair
Une ombre claire
Un voile décent
Une voile descend
Des mille et des cents

Un rendez-vous
Des riens du tout


 

Dans Juin 2021

Madame Jourdain

Par Le 25/06/2021

En faisant des recherches plus approfondies sur l'Oulipo, je me suis rendue compte que telle Monsieur Jourdain, j'auto appliquais des contraintes oulipiennes sans le savoir.
En faisan cela, j'ai vu une perdrix apparaître dans l’œil de bœuf d'une fable vauclusienne ou d'un conte de Monte Cristo. A Cuba, Roméo et Juliette au balcon, quand Paco tisonne son trombone pasque Tonton a faim de haricots. Lardé de l'art scénique au cynisme acéré, chaque spire de l'avis général, donne un lavis délavé, au pied d'un volcan en éruption cutanée. Des furoncles ou des tantes mécontentes qui vont camper sur des fumerolles mazoutées.
Mais t'étais, je t'ai cherché, partout, n'importe où, dans les choux, les cailloux, à genoux, toi, jaloux comme un pou, des époux bafoués, bien trempés dans la boue. Moi debout, sans bijou, toute la nuit à faire le hibou, l’œil collé dans ce trou au plafond. Un faisan malotru, une perdrix incongrue, un guêpier bleu azur, un rapace dans l'espace. Le temps passe, outrecuidant, micro-ondes des instants. Polaroid en cellulose, poupée de chiffon recyclé, du papier dans un moulin noir de montagne, des éléphants en brousse, du fromage caillé, de la soupe de tortue au festin de Babette. La torture ne dure que si le tort dû dure alors que le tort tue à gages à n'importe quel âge. Cloche-pied à la nage d'écrevisse, que j'écrivisse dans les crevasses d'une brèche au niveau du lobe temporo-spécial, dont personne c'est certain ne comprendra rien. Pourtant en reliant chaque mot avec son précédent, on peut suivre le fil décousu, l'accroc dans le pardessus, barbelé, fer tendu, repasser, creuser les sous-entendus pour s'évader par dessous. Pour deux sous je ne veux pas me retrouver nue, mise en vers, étendue sur une plage et perdue. L'air de rien l'air marin fait bouger le tissu, une issue pour sortir de ce guêpier, s'envoler sur les ailes d'un oiseau coloré, en espérant revenir demain dans les embruns fluctuants du matin

Dans Juin 2021

Régime sans E (lipogramme)

Par Le 24/06/2021

Il plô
Sur Oulipo
Millions d'oulipions
Couriront dans un bond
A l'abri sous un pont
Ils boiront du bon rhum
Tout au fond vagabonds
Ils sauront
Sans maison
Amoindrir l'inconfort
Gars trop forts
Pour noircir
Tout un art
D'un crayon
Mais sans fard
Maints frissons
Par la main
Inscriront
Un futur
Aux frontons
Pour toujours
Si un jour
Il plô plus
Oulipions convaincus
Moult rayons
Palpitant
Pulsations
Par la main
S'uniront
Un grand rond
Par monts
Par vallons
Inondations
Mots d'amour
Papillons
Si un jour
Oulipo
Apparition
Un tout p'tit pô
Confusion
Au grand air
Un frisson
Sur ta chair


 

Dans Juin 2021

Etat critique

Par Le 23/06/2021

J'aurais voulu écrire un billet intelligent sur "L'anomalie" d'Hervé Le Tellier mais l'heure tourne et je me sens plutôt comme un âne au Mali à essayer de donner mon avis sur cette œuvre littéraire magistrale. Sachant qu'il est 23h44 en ce 23 juin 2021, que nous sommes situés sur le 43ème parallèle nord, que la température extérieure affiche 15°Celsius, quel sera l'âge du capitaine à la fin du billet ?
Suis-je un être de chair et de sang libre de mes décisions et de mes mouvements, ou suis-je une représentation virtuelle, une ombre qui se reflète sur les parois de la caverne ?
Le temps est-il linéaire ou cyclique ?
La procrastination en réponse à trop de questions en supposant que je suis encore moi et que j'avance inexorablement d'un point A à un point B, et la trotteuse trotte trotte trotte

 

Dans Juin 2021

Sur le fil

Par Le 22/06/2021

B: Je suis allée à un atelier d'écriture
C: Quoi ? Un atelier de couture ?
B: Non ! D'écriture !
C: Ah parce que je ne t'imaginais pas faire du point de croix !
B: Ça tu as bien raison, je ne point crois en rien. Pourtant tous les jours je me faufile entre les lignes pour écrire mon billet quotidien. Ce n'est pas pour gagner mon bifteck ni mon faux-filet, seulement pour le plaisir des mots, pour tenter de faire passer par le chas d'une aiguille, un chameau
C: Tu es toujours aussi zozo mais tu restes complètement tunique, pour rester dans le champ du lexique. Je sais que tu as dû en découdre, tu n'as pas gardé le petit doigt sur la couture du pantalon mais de fil en aiguille tu as pu dessiner ton propre patron
B: J'ai juste tirer quelques ficelles pour savoir si la vérité est tailleur ou ici, une chose est sûre, je coudrai maintenant des boutons à la place des pressions
C: Et le point de surjet, tu maîtrises ?
B: Oui mon surmoi maîtrise le sujet ! Je ne fais pas toujours dans la dentelle, mais avec mes dix doigts je me prends parfois pour une fée!!
C: Félicitations donc ! Continue à tricoter avec tes dix doigts des idées, c'est toujours un plaisir de te lire

B: Mercerie mon amie !

Dans Juin 2021

Nuisance !

Par Le 21/06/2021

La nuit parfois j'ai des insomnies
Au petit matin elles s'enfuient
Elles vont récupérer
Leur manque de sommeil
Sous un arbre accueillant
A l'ombre du soleil
Tandis que s'envolent les corneilles
Moi je baille je baille
Je ressemble à un épouvantail
Parée de cernes bleus
Les cheveux en bataille
Des valises sous les yeux
Je rêve d'un long voyage
Jusqu'au bout de la nuit
Je rêve que le marchand de sable
Me conduise à Paris
Un train train confortable
A bord d'un wagon lit
Bercée par le bruit des rails
Je baille je baille
Je pourrais bien sombrer
Dans une nuit sans faille
Mais une fois bien reposées
Mes insomnies sont prêtes à grignoter
Mon sommeil à la petite cuiller
Et je vois défiler
Le nom de toutes les gares
Les corneilles se marrent
Tandis que je baille baille
Et que le train corail
Fonce à vive allure
Vers un lointain futur
Où sous un clair de lune
Mes insomnies cruelles
Finiront sans rancune
Par une nuit éternelle !