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Un blog pour mes "déblogages" cérébraux. La vision de  mon petit globe quotidien, le monde dans lequel j'évolue, fait des faits de saison (divers, d'été, etc...), agrémenté d'un soupçon de poésie, d'une note de dérision et d'un grain de non sens.
Pas de grandes théories philosophiques, d'analyses socio-politiques, d'hypothétiques avis intellectuels.
Juste les petits riens du temps qui passe, ce temps imparti dans un espace défini.
Vos avis m'intéressent, laissez-moi vos commentaires, ce qui vous fait fondre, vous fait vous morfondre, venez "débloguez" avec moi...à tout de suite...

 

P.S: dans le menu vertical vous retrouverez les derniers billets du blog, ainsi que tous les autres dans la rubrique blog du menu horizontal

Oubliettes

Par Le 13/02/2021

Je ne voudrais pas oublier
La douceur de ta peau
La pluie sur les carreaux
En ce soir de janvier


Je ne voudrais pas oublier
Tes bras autour de moi
Le soleil qui brillait
En ce mois de juillet


Je ne voudrais pas oublier
La caresse de tes mots
Le vent dans les chéneaux
Aux petits matins de mai

Je ne voudrais pas oublier
Mais le temps abandonne
Les souvenirs secrets
Aux premiers jours d'automne

Il les range plus loin
Et poursuit son chemin
Les laisse s'effacer
Pour espérer demain




 

Patience et longueur de temps...

Par Le 13/02/2021

Prendre son mal en patience
Quelle drôle d'expression
Assignée à résidence
En quête d'explications
Je compte les billets d'absence
Cherche réponse à la question
Dans le sillon de mes errances
Hypothétiques solutions
Mais l'écho sourd du silence
Anéantit mes ambitions
A la lueur de mes espérances
Dansent des points d'exclamation

Prendre son mal en patience
Une intime conviction
Assignée à résidence
En quête d'inspiration
Je contemple mon ignorance
Emets des suppositions
Dans le flot de réminiscences
Halos d'illumination
Mais trop peu de résonnance
Pour nourrir mes illusions
A la lueur de mes errances
Dansent des points de suspension





 

Expressionnisme

Par Le 12/02/2021

J'ai un petit pois sous mon matelas, c'est peut-être pour ça que je ne dors pas
J'ai un caillou dans ma chaussure, difficile de marcher droit
J'ai le compas dans l’œil, ça m'empêche d'y voir clair
Je suis souvent à côté de la plaque, je confonds aujourd'hui et hier
Je n'aime pas la barbapapa, ce n'est pas une expression c'est un fait
Je passe du coq à l'âne, mais aucun des deux ne me satisfait
J'écris comme je respire, ça ce serait mentir
J'en vois des vertes et des pas mûres, je n'en fais pourtant pas de la confiture
Et quand je ne tourne pas rond, il me vient des questions sur les racines carrées
Ou bien je prends la tangente pour partir à Tanger
Mais je ne suis jamais allée à Tanger et la tangente je ne sais pas ce que c'est
Alors je reste plantée là, avec mes racines carrées, mes questions
Et une crainte pour Cendrillon
Est-ce désormais à 18 heures qu'elle se change en potiron ?


 

A moitié vide

Par Le 12/02/2021

Pas facile de trouver de la poésie dans chaque jour quand la mosaïque des horreurs humaines s'affiche devant nos yeux.
"Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien" disait Pierre Desproges. Aujourd'hui, je songe à en adopter un.
Pas facile de se laver les yeux et les oreilles, de ressortir indemne d'une journée de dur labeur passée à aider ses semblables.
Semblable toi-même, l'entends-je me souffler. Mais les mots sont verrouillés, les doigts paralysés sur le clavier.
La magie d'un rayon de soleil couchant sur les sommets enneigés, la rencontre d'un faisan serein sur le bord de la route n'auront su me distraire de ces ignominies.
Les belles plumes, élevées puis lâchées pour quelques heures de liberté, se feront tirer demain par des chasseurs bedonnants.
Les glaciers finiront par fondre précipitamment provoquant une montée subite des océans et l'anéantissement de l'ère du vivant.

"Plus je connais les femmes, moins j'aime ma chienne". Sacré Pierrot, toujours le mot pour rire.
"Quant au mois de mars, je le dis sans aucune arrière-pensée politique, ça m'étonnerait qu'il passe l'hiver".
Heureusement on est en février

 

Ligne d'horizon

Par Le 10/02/2021

Montagne bleue
A l'horizon
Ligne de tes yeux
Haute tension
Arbres inertes
A l'encre de Chine
Tableau sous la bruine
Vue d'une fenêtre
Une lucarne contemplative
Loin des néons
Une digression méditative
Pour s'échapper d'une réunion

Montagne bleue
A l'horizon
Loin de tes yeux
Baisse de tension
Arbres inertes
Par la fenêtre
Une île déserte
A l'encre de Chine
La pensée chemine
Entre les néons
Grande évasion
Par le faux plafond

Le vin bourru

Par Le 09/02/2021

"Le déchet n'existait pas encore, ni la poubelle, ni le ramassage des ordures [...]
Rien ne se jetait. Toute boîte de conserve vide s'emplissait de graines, ou de boutons, ou d'appâts pour la pêche. [...]
L'idée même de jeter -mais jeter quoi ? et où ? -eût semblé absurde. " 

J'ai connu les miettes de ce temps ancien, où les femmes allaient faire les commissions à l'épicerie avec un filet à provisions.
J'ai connu les cabanes de jardin ou les caves avec des boîtes de conserve remplies de clous ou de ficelle.
Rien ne dure mais tout recommence.
Après l’ère du tout jetable, nous revenons à l'ère zéro déchet. Pourtant il est difficile de freiner cette frénésie de surconsommation, d'autant plus qu'elle ne s'est pas arrêtée aux objets, elle a atteint les relations humaines. Un nouveau vocabulaire pour faire d'un coup de cœur un "like" en mode "swipe" et tout un lexique d'anglicismes pour décliner les dérives tordues d'humains déviants.
Plus de bonjour ni d'au-revoir en signe de politesse, de respect entre mammifères éduqués.
Salue-t-on un sac plastique, un pot de yaourt ou un mégot de cigarette ? Non, on le laisse choir, on l'écrase du bout du pied sur le trottoir, il partira dans le caniveau balayé par un jet d'eau.
Non ce n'était pas forcément mieux avant. C'était sûrement mieux caché.
Mais les mots et les pensées me font aussi dériver du sujet initial, ça ne me vaut rien d'écouter les infos.

"Un million de choses à dire de la vie, très peu de la mort. Personne ne sait bien en parler, pas même le curé avec ses histoires de vie éternelle, qui passent au-dessus des têtes.[...]
" Là où il est maintenant", disait-on. Mais il n'est nulle part, on le sait bien, il est simplement mort, comme d'autres avant lui, et d'autres après.
On le mettra demain au cimetière, dans son caveau, là où il a toujours su qu'il finirait, chez lui".

Le vin bourru, Jean-Claude Carrière (1931-2021)

 

 

Griserie

Par Le 08/02/2021

Le ciel dégringole en gouttes sonores
Le noir succède au gris

La nuit révèle ce que le jour ignore
Petits arrangements avec la vie
Un couvre-feu sur les envies
Une couverture sur le lit
Un éteignoir sur les bougies
Des compromis
Une liberté conditionnelle
Des émotions non essentielles ?
Le vibrato d'un violoncelle
La folie que la nuit honore
Quand le ciel dégringole
En gouttelettes sonores
Sous les vapeurs d'alcool



 

Détour vers le futur

Par Le 07/02/2021

"Le temps qui passe ne revient pas. A moins que... ? Cette vérité inéluctable et parfois difficile à accepter, gravée dans le marbre des théories physiques fondamentales n'est peut-être pas la seule possibilité. Un physicien britannique a conçu une alternative, où du big bang s'écouleraient deux flèches du temps avec deux Univers distincts !"   https://www.science-et-vie.com/technos-et-futur/

Mes capacités cognitives ne me permettent pas de comprendre toutes les subtilités du sujet mais je reste fascinée par l'hypothèse. Moi qui écrivais hier, le passé était, le futur sera, le présent est. Comment conjuguerait-on si le passé revenait ?
Hier j'étaisserai, demain je serétais, aujourd'hui je sais ?

Aujourd'hui, ce que je sais c'est que je ne sais rien (je ne m'appelle pourtant pas Jean Gabin).
Je sais que j'en sais trois fois rien. Même en multipliant la somme de mes ignorances, le résultat ne décolle pas de zéro.
Le physicien à l'origine de la découverte, Julian Barbour, a nommé "point de Janus" , le point de départ de ces deux flèches du temps. Janus je connais, j'en ai fait un billet ! Plus loin on peut lire "c'est l'entropie, autrement dit le désordre toujours croissant de la matière, qui impose également à une tasse de thé brûlante de se refroidir, à nos corps de vieillir ou encore aux nuages de se dissiper. Mais cette unique flèche entropique du temps fait débat chez les physiciens."

Tout ça aussi je connais, c'est joli comme de la poésie! Mon thé refroidit dans sa tasse tous les matins, mon miroir tient le décompte chaque jour d'une sortie de quarantaine imminente, et les nuages heureusement finissent par se dissiper, puisqu'après la pluie vient le beau temps.
Faut-il se réjouir du désordre toujours croissant de la matière ? Je ne saurais dire. Ma matière grise à moi est souvent en ébullition, bouillonne comme du magma en fusion mais n'a pas forcément les capacités de comprendre des concepts élaborés.
Juste la possibilité de penser à ce que serait le calendrier si hier était demain, aujourd'hui incertain et le futur pas sûr vu la conjoncture. Et si on pouvait revenir dans le passé et tout changer ! Ce sera ou ce fut un autre billet dans cet univers ou son parallèle. Et s'il en manque un dans le décompte de mes résolutions vous pourrez aller voir ailleurs si j'y serai !