Articles de barbaraburgos
Dysphorie de genre
La matin
Le routine
Toujours le même
Se réveiller
Et trouver
Une prétexte pour se lever
Gagner sa pain
Avant que ça sente la sapin
Pourtant certains jours
C'est pas facile
De se motiver
Atteindre sa bute
Sans trébucher
Il faut sans cesse réinventer
Sa quotidien
Pour supporter
Cette train-train
Toujours la même
La matine
Le routin
Mais aux soirs
S'allument
Dans les regards
Un dose de fantaisie
Une soupçon de poésie
Les étoiles s'illuminent
Et les mots déraillent
Et les rimes
Impérativement
Apprends
Ce que te dit la vague
Ce que chante le vent
Apprends
A regarder les visages
A regarder les gens
Apprends
Les lignes de tous les livres
Les mots de toutes les langues
Apprends
Les limites de ton corps
La constance dans l'effort
Apprends
Le goût de chaque mets
Le plaisir de créer
Apprends
Tous les jours quelque chose
Tous les jours au présent
Apprends
A penser par toi-même
A profiter de l'instant
Auto insatisfaction
Il dort dans sa voiture
Les passants passent devant
Baissent la tête pour ne pas voir
Et continuent leur route
La voiture, elle, stationne
Elle ne peut plus démarrer
Il est assis
Il a moins froid que dehors
Une vision panoramique de la rue
Et des passants qui passent
Qui courent
Qui trainent des pieds
Au volant de son auto immobile
Il voit défiler le genre humain
Dans le rétroviseur
Des sourires et des pleurs
Et les passants passent
Et lui reste sur place
Pour tuer tout ce temps
Il rêve qu'il a cinq ans
Au volant de sa voiture
Il imite le moteur
Vroum vroum
Il circule à bord de son bolide
Il voit du pays
Les passants qui passent
Lui font un signe de la main
Il a cinq ans et la vie est légère
Il a cinq ans et s'endort doucement
Au volant de son auto immobile
Et là c'est l'accident
Sans froissement de tôle
Sans effusion de sang
Il s'endort pour longtemps
La vie est légère
Au volant de son auto immobile
Il a cinq ans
Éléments terre
Je n'ai pas d'aspirateur balai, c'est un fait et je vis très bien sans. Il semblerait pourtant que la société se divise en deux catégories. Ceux qui en ont un et les autres.
Ainsi armés, les heureux détenteurs de l'appareil, font une déclaration de guerre à la poussière. Plus la moindre particule à des mètres carrés à la ronde. Tout doit être lisse, tout doit briller.
Et le balai de mémé, un manche en bois muni de fibres végétales à son extrémité (ça c'est celui de mémé, il existe la même version en synthétique), est remisé au placard voire au musée. Autrefois les femmes (beaucoup plus rarement l'autre sexe) passaient manuellement l'outil sur le sol afin de le débarrasser des particules indésirables. Le mouvement actionné de droite à gauche ou inversement, permettait de constituer un petit tas (appelé cheni à certains endroits, à prononcer ch'ni ). Le dit ch'ni est ensuite ramassé à l'aide d'une pelle et d'une balayette pour plus de praticité. Le tout sera déposé dans une boîte à ordures ou relâché en pleine nature puisque tout n'est que poussière et retournera à la poussière.
L'opération ne nécessite aucune énergie dérivée de matière fossile ou nucléaire, ne produit aucun décibel et permet à son propriétaire de se dégourdir les jambes, le poignet et de faire des pliés-relevés.
Bien sûr l'aspirateur balai offre un résultat plus performant avec beaucoup moins d'efforts, beaucoup plus de précision. La poussière ne vole pas, elle est emprisonnée par des filtres supersoniques qui au pire ne recrachent qu'une fine pellicule de poussière nettoyée de toute saleté. C'est un peu comme la lessive qui lave plus blanc que blanc de Coluche.
Nous sommes d'ailleurs passé de l'ère du "plus" à l'ère du "sans". Si bien que maintenant pour vendre plus cher il faut en mettre moins. Sans gluten, sans additif, sans huile de palme... mais ça ce sera un autre billet.
En attendant je vais aller passer mon aspirateur balai sans fil, sans électricité, sans filtre à particules, dans le silence d'un dimanche venté.
Coin coin
J'aime les coings
Sans jeu de mot pour une fois
Je les aime au point
Que je les mange trois par trois
Juste pour la rime
Car pour de vrai quand même pas
J'aime pas les coins
Il fallait bien
Que je le place toutefois
Quand ils sont faits
Pour isoler
Les enfants qui n'écoutent pas
J'aime les points
Ponctuation
Lorsqu'ils questionnent
Notre condition
Et j'aime aussi les tout petits
Ceux qui restent là en suspension
J'aime pas les poings
Quand ils s'abattent
Sur le corps des autres
Je les aime juste
Quand ils se lèvent
Pour la révolte
Finalité des mots en T
Des mots en G
Bientôt ce sera Tchat GPT
Qui fera mes billets
En attendant j'écris n'importe quoi
En mangeant les coings trois par trois
Fils
Des liens tissés
Fils argentés
Entre les filles
Rencontres circonstancielles
Point de départ
Unité de lieu professionnelle
Unité de temps
Charme du hasard
Des liens tissés
Fils bariolés
Entre les filles
Celles de la ville
Celles de la campagne
Celles qui partent loin
Celles qui restent
Celles qui ne dorment pas très bien
Des liens tissés
Fils colorés
Entre les filles
Chacune suit son chemin
Chacune son projet
Différents âges de la vie
Différentes conditions
Mais toujours des rêves, des désirs, des envies
Des liens tissés
Fils unifiés
Malgré le lieu
Différentiel
Malgré le temps
Occasionnel
Se retrouver pour partager
Un verre de vin, une soirée
Un beau moment d'affinité
Et même plus
Des fils tissés
Tabadabada tabadabada
Une valse au clavecin
Dansent dansent
Les souvenirs
Au creux de l'oreille
Le doux rappel
Raymond Devos
Jacques Chancel
Ces quelques notes de musique
Réveillent la nostalgie
D'une émission radiophonique
Radioscopie
Qu'elle était douce aux oreilles
Cette valse au clavecin
Certitude d'une permanence
La voix posée de Jacques Chancel
Sans saisir tous le propos
Une idée de l'importance
De comprendre tous les mots
Réminiscences de l'enfance
Quelques notes au clavecin
Font remonter à la surface
Toutes sortes de petits riens
Une cuisine en formica
Des sous-pulls en acrylique
Un poste radiophonique
A cadran manuel
Le générique
Raymond Devos
Jacques Chancel
Le son a gravé une image
Des mots, une mélodie
Radioscopie
A vau-l'au
Certaines voitures dorment dedans
Et certains gens dorment dehors
Bien sûr il est important que la voiture ne s'enrhume pas et qu'elle puisse démarrer au quart de tour le matin.
Ceux qui dorment dehors n'ont pas besoin de se lever tôt, de toute façon ils n'ont pas de boulot.
Il y a aussi ceux qui en ont du boulot, qui dorment dans leur auto sans qu'elle même dorme dedans.
Il y a encore les plus chanceux, ceux qui dorment dedans, qui ont un boulot mais chez qui on se croirait dans un frigo, trop cher de chauffer le logement ou de le remplir le frigo justement. Tout est une question de choix dans la vie.
S'ils avaient fait de meilleurs placements ils auraient pu tout bonnement profiter d'un bon emplacement. Non décidément tout part à vau-l'au.
Mais un jour ceux du ruisseau renverseront les autos et les frigos et tout bonnement tous les bons placements et plus personne ne dormira sur ses deux oreilles, dedans, dehors, au froid au chaud car oui décidément tout part à vau-l'au
Mignonnerie
Une rose ne suffit pas
Pour un jardin parfumé
Une rose ne suffit pas
Pour la douceur d'un baiser
Une rose ne suffit pas
Pour un bouquet de mariée
Une rose ne suffit pas
Pour la clarté du regard
Une rose ne suffit pas
Pour le reflet dans le miroir
Une rose ne suffit pas
Pour un poème de Ronsard
Une rose ne suffit pas
Pour contempler l'éternité
Une rose ne suffit pas
Mais peut-être un lilas
Point de vue
Kaléidoscope
Drôle de nom
Drôle d'objet
Un instrument d'optique
Un jouet ?
Racines étymologiques
Grec ancien
Du beau à observer
Formes changeant
Au gré du mouvement
Polarisation de la lumière
Tube en carton
Éclats de verre
Éléments enfermés
Dans un espace fini
Offrant une multitude de possibilités
Il en est de même pour l'écrit
Les mots enserrés dans le dictionnaire
Offrent des combinaisons à l'infini
Kaléidoscope
Du beau à observer
Dans un tube à essai
Modulation de la lumière
À travers des éclats de verre
Concept philosophique
Schopenhauer en a élaboré une théorie
Le monde est ainsi fait
Tout change
Tout est pareil
Tourner d'un cran
Pour un point de vue différent
Sur la magie de chaque instant