Articles de barbaraburgos
Inventaire à la Prévert (commencement)
Un feu de cheminée
deux fugues de Bach
trois touches d'ivoire
quatre poires
une porte d'entrée
une fenêtre de sortie
une chauve-souris
une douzaine d'hommes en colère de la fumée des drames
un sourire de femme
une forêt en automne
six biches aux aguets
une cloche monotone
douze coups de midi
une autre chauve-souris
un départ pour Cythère
un navire de guerre
cinq canots de sauvetage
deux bouées
un bateau qui fait naufrage
une mer Méditerranée
trois pères Noël
trois mères Noëlle
une dizaine de cafards
un premier jour de janvier
trois tiroirs
quatre secrets
un cocher qui se mouche du coude
une interprétation de Glenn Gould
quatorze feux d'artifice
une reine d'Angleterre
un angle mort
six mots du dictionnaire
deux pinsons
un péché par omission
deux pétales fanés un épi de blé
un pain d'épeautre
une flamme de bougie
et...
cinq ou six chauves-souris
un victoire à la Pyrrhus
une famille de poupées russes
un hiatus
cinq doigts de la main
un pape Pie une litanie
quatre éléments un vent du nord
deux boussoles un virage à bâbord
un colvert trois cols blancs
un grand bol d'air un soulèvement
une clairière
trois soleils
un pays des merveilles
une horde de sangliers
un grain de poussière dans le sablier
un Gengis Khan dans les steppes de Mongolie
et...
plusieurs chauves-souris
Pour l'Inventaire original, c'est par là
http://francais.agonia.net/index.php/poetry/13984336/Inventaire
Janus
"Janus est le dieu romain des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes. Il est bifrons (« à deux visages ») et représenté avec une face tournée vers le passé, l'autre sur l'avenir. Il est fêté le 1er janvier. Son mois, Januarius (« janvier »), marque le commencement de la fin de l'année dans le calendrier romain."
Source Wikipédia
Comme je me renseignais sur l'origine de la célébration du premier jour de l'année je tomba sur ça. Intéressant le gars, une face tournée vers le passé, l'autre vers l'avenir, le pauvre, il doit souffrir! Il n'avait pas lu Horace et son Carpe Diem, peut-être qu'en ce temps là, les bibliothèques et les librairies étaient ferméées pour cause d'épidémie, peut-être que les dieux ne savent pas lire ou peut-être préférait-il regarder des séries de combats dans les arènes romaines. Peut-être n'existait-il pas lui non plus.
Quant au mois de janvier qui marque le commencement de la fin de l'année, alors là je plonge dans des abîmes de perplexité. Nous sommes donc aujourd'hui le 4ème jour du commencement de la fin, ça vous en bouche un coin, à moi aussi, mais pas suffisant pour calmer ma faim. A demain pour finir ce que j'ai commencé !
Dimanche
Les repas du dimanche
Morceaux de vie
Autour d'une nappe blanche
Quatre générations réunies
Pour savourer des mets exquis!
Pourtant je déteste les dimanches, j'ai essayé mais je ne peux pas en faire une poésie. Cette aversion me vient de l'enfance (même Lacan n'a pas compris), sans que je trouve une réponse à la question. Chaque jour a une teinte, une saveur différentes. Le lundi est assez fade, un bleu pâle lui suffirait, le mardi est plus corsé, les choses ont déjà bien commencé, il serait dans les tons d'orangé, le mercredi est gris et doucereux, le jeudi c'est mieux, légèrement épicé et lumineux, le vendredi et le samedi sont délicieux, toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et les saveurs essentielles.
Puis le dimanche, blanc, bedonnant avec son D devant. Il va encore falloir que je m'allonge sur le divan, le dimanche c'est le jour du repos divin. Pour moi c'est le jour où je bois du vin (enfin pas aujourd'hui parce que je trouvais qu'il y avait eu beaucoup trop de dimanches ces temps-ci!).
Heureusement demain c'est lundi, premier jour de la première semaine de cette année nouvelle, en avant pour en découvrir tout son potentiel!
Rien que des mots
Des mots ancrés dans des rames de papier, des mots bateaux ?
Des mots encrés à la plume, des mots oiseaux ?
Des mots à tire-d'aile, des mots d'elle ?
Des mots chuchotés en secret, des mots clés ?
Des mots lancés au hasard, des mots dés ?
Des mots en bandoulière, des mots guitare ?
Des mots aux abonnés absents, des mots ment ?
Des mots jetés aux orties, des mots dits ?
Des mots couchés dans la nuit, des mots lits ?
Des mots entre parenthèses, des mots d'aise ?
Des mots aux îles Marquises, des mots valises...
Premier billet
Mise à nu, impudeur des âmes et des corps. Pourquoi ne pas se dire, pourquoi ne pas rire de tout, de ses jolis dessous.
Pourtant facebook vient de censurer mon collage "tomber des nues", il y pleut des femmes dévêtues, quelques images d’œuvres d'art célèbres.
"Cachez donc ce sein que je ne saurais voir" explique la notification. Mais en quelle année sommes-nous donc? Avons-nous voyagé dans le temps cette nuit? La pleine lune a-t-elle laissé place à l'ère du roi soleil, la peste bubonique a-t-elle remplacé le covid? (oui je dis le pas la, ça me plait pas). La pointe d'un sein fait offense aux bonnes mœurs, si je faisais une pointe d'ironie, j'en parlerai au bon dieu et à ses saints, mais je ne le ferai pas. Jésus a-t-il tété le sein de Marie? (oh my god, je vais trop loin, je reviens!).
Je ne risque cependant pas l'excommunication, n'ayant jamais officiellement communié. J'ai juste bouffé l'hostie une fois en clandé lors d'un séjour linguistique dans une famille irlandaise. Tous les dimanches matin c'était messe obligatoire, je me suis juste intégrée aux coutumes locales et je suis allée goûter le corpus christi en anglais. Je sais que j'irai cramer dans les flammes de l'enfer, en même temps passer l'éternité avec Caroline Ingalls à chanter "Jésus reviens parmi les tiens" ne me tente pas trop.
Bref, il semblerait qu'après ce voyage dans le temps, Marty McFly ait réussi à poser sa DeLorean en 2021, pour échapper à l'anéantissement de la population par un virus chinois. Je ne sais pas s'il a fait le bon choix. Nous aurons 365 jours pour y réfléchir. En attendant, je fais une croix sur ce premier jour de cette nouvelle année (hé non je n'ai pas fait de parenthèse après croix!). Un billet de plus, un de moins à écrire, si je résolus mes résolutions (et toujours les mêmes libertés avec Robert et M. Bled).
Portez-vous bien, portez aux nues qui vous voudrez, nu ou habillé, ne vous censurez pas et pardonnez mes offenses comme je pardonne à ceux qui m'ont offensée!
A demain ( et n'hésitez pas à me laisser vos commentaires, il n'est plus l'heure de se taire!)
Dernier billet
Dernier jour de 2020 , un lieu commun pour une année pas banale. L'heure des bilans et des bonnes résolutions, alors que demain ne sera que la continuité de la veille. On carpera diem et les roses et les épines à pleines mains si on ne nous parque pas sine die ( j'ai fait latin en Langue Vivante 2, après elle est morte). Je continuerai à abuser des parenthèses, ne vous en déplaise. Je résoluerai d'écrire un billet chaque jour que dieu fait (si le jour est l’œuvre de dieu, la nuit est-elle celle du diable?). Dix ans après, je m'apercevrai que le compte n'y est pas mais je continuera (si dieu me prête vie).
Je devrais me résoudre à appeler Lacan, parce que c'est quand même curieux d'évoquer sans cesse le tout puissant alors que je n'y crois pas.
J'ai essayé d'obtenir un rendez-vous (avec Lacan pas avec Dieu), mais il était indisponible pour cette éternité, alors en attendant la prochaine, je me suis allongée sur mon divan, munie de ma plus belle plume et d'une feuille blanche et j'ai laissé les mots dériver (l'exercice n'est pas inédit pour moi, toi fidèle lecteur tu connais ma propension aux détournements d'idées)
Et même si c'est le dernier billet de ce dernier jour de l'année, je ne me mettrai pas à nu devant vous, en vous livrant tous les secrets de mon inconscient. Et bien sûr là c'est le branle-bas de combat dans mon encéphale. Je fais de l'écriture automatique mentale! Ça promet pour le premier billet du premier jour de la nouvelle année.
Ou de force
Une théière en gré ou en regret
Les événements d'hier
A la lumière d'aujourd'hui n'ont pas la même clarté
Une théière en verre ou en ver
La transparence du thé
A la lueur d'aujourd'hui n'a pas les mêmes reflets
Une théière en fer ou paradis
L'âpreté du passé
Dans la flamme d'aujourd'hui n'a plus le même bouquet
Une théière en terre ou par terre
Mosaïque éclatée
Au soleil d'aujourd'hui efface tous les regrets
Porter aux nues
Il tombe des nus
Des tas de gens dévêtus
Ils ont froid
Ils grelottent
Et ça fait aïe ou ça fait ploc
Quand ils échouent sur le carreau
Quel manque de pot !
Il tombe des nues
Des tas de ballerines sans tutu
Elles frissonnent
Elles virevoltent
Et juste un léger bruissement
Quand elles posent les pieds innocemment
Quel ravissement !
Il tombe des nus
Des tas de gars tout poilu
Ils ont la chair de poule
Ils vocifèrent
Et c'est des cris de mammifère
Quand ils déboulent de l'atmosphère
Quelle misère !
Il tombe des nues
Des tas de filles sans vertu
Elles frémissent
Elles serrent les cuisses
Et des soupirs des gémissements
Quand enfin elles atterrissent
Quelle malice !
Vous les hommes
Vous m'en aurez fait voir de toutes les couleurs.
Des matins blancs et des nuits étoilées. Du vert espoir, la vie en rose et aussi des jours moroses. Je vous ai haï, vous ai maudits quand vous n'en finissiez pas de vous taire, quand je rêvais de vos baisers dans le cou et qu'avec moi vous ne rêviez de rien du tout. Quand vous étiez à mes côtés pourtant déjà partis si loin. Sombres heures sans sommeil, longues journées sans arc-en-ciel, une interminable traversée du désert dans le silence des absents.
Puis les bleus azur, les coups de coeur, les rencontres hasardeuses, y croire un peu , profiter de l'instant même si rien ne dure vraiment.
Parce que malgré les plaies, les cicatrices, les blessures du dedans, l'amour est, de la vie, le piment.
Parce qu'après la haine, la rancoeur, les déceptions, le déchirement, il est un temps où les souvenirs redeviennent beaux, où l'on repense aux bons moments sans ressentir de douleurs lancinantes au milieu du ventre.
Vous les hommes du paléolithique, je vous accorde mon indulgence et vous laisse à la chasse, la pêche et à la vie dans l'ombre des cavernes. J'avance dans la clarté, sereine, et cueille sans souci les roses de la vie!
Et qui dit roses dit épines, mais que serait la vie sans piquant !
Béchamel
Il grésille
Du grésil
-Le verbe grésiller dans ce cas est impersonnel et ne tolère donc pas l'emploi d'un COD
- Oui je sais mais Robert m'octroie certaines libertés
Le grillon grésille tout l'été et se trouve dépourvu
Quand la bise fut venue
- Concordance des temps!
- Comment voulez-vous faire concorder l'hiver et l'été
- Concorder est intransitif
- Ah oui, je me confonds!
- Confondre n'est pas pronominal dans cet emploi là
- Nous avions toutes les raisons d'en douter
- Vous parlez de vous à la 1ère personne du pluriel maintenant ?
- Juste pour faire concorder avec avions!
- Ca vole trop haut pour moi, votre détournement conjugal m'exaspère
- Là c'est vous qui débloquez, l'adjectif relatif à conjugaison n'est pas conjugal
- Vous me faites perdre mon latin avec votre baratin, puis vous digressez sans arrêt
- Je vais me censurer parce que je démarre au quart de tour, je pars comme une fusée et vous seriez médusé
- Allez-y au point où on en est
- Quand vous dites baratin et digresser, je pense à beurre et quand je pense à beurre...
- Alors là, bien que je ne sois pas vous, je ne vous suis pas du tout (cf conjugaison de suivre et être)
- Baratin m'évoque baratte, baratte, beurre et le beurre c'est pas vraiment fait pour digresser...
- Hou mais c'est plus grave que ce que je pensais! Et si je comprends bien, beurre devient beur et au moins vous allez pouvoir retourner au Bled
- Oui ça vaut mieux que le Bescherelle parce que là je pense à béchamel et on ne s'en sort plus. A part se retrouver dans le désert avec des chamelles et ainsi se rapprocher du Bled, dans lequel je vais me plonger pour réapprendre toute ma conjugalité!